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L'AMO peut-être pour 1999

Par L'Economiste | Edition N°:394 Le 07/12/1998 | Partager

En matière de santé, les enjeux et les contraintes sont multiples. A commencer par celle du financement. L'assurance maladie obligatoire, tant attendue, pourrait redynamiser le secteur. Le Dr Abdelouahed El Fassi, ministre de la Santé, affirme en avoir fait "sa" priorité.


- L'Economiste: La question du statut des médecins de la fonction publique a été au coeur des mouvements de grèves qui se sont multipliés dans le secteur au cours de ces dernières semaines. Vos propositions ne semblent pas avoir été acceptées par les syndicats?
- Dr Abdelouahed El Fassi: Il y a des éléments qui m'échappent. Les propositions auxquelles vous faites allusion ne sont pas les miennes, puisqu'un consensus avait été établi avant notre arrivée même au gouvernement. En revanche, nous nous sommes attelés à les rendre effectives. Ce qui n'a pas été facile. D'autant que le consensus en question concernait en pratique des personnes et non des institutions. D'ailleurs le Ministère de l'Economie et des Finances n'en avait pas connaissance. Il a fallu donc refaire le travail depuis le début avec en prime des résultats meilleurs. S'agissant du statut des médecins, qui comporte deux volets, d'une part les augmentations de salaires, et je ne pense pas qu'il soit utile à ce niveau de reprendre la grille des salaires sur lequel il semble y avoir consensus, d'autre part, les indemnités extra statutaires. Concernant ce deuxième volet, nous avons par exemple proposé au niveau de la prime de spécialité 2.750 DH brut, alors que les syndicats s'étaient vus accordés, avant notre arrivée, 2.500 DH seulement. Idem pour la promotion interne. Il était question que la promotion se fasse, hors quotas, sur trois ans. Nous avons réduit ce délai à une année seulement. Par ailleurs, les discussions avaient également porté, lors du dialogue social, sur des indemnités destinées au personnel paramédical notamment. Sur ce chapitre, les syndicats n'avaient pas obtenu de concessions. Là aussi, nous sommes parvenus à obtenir, pour cette catégorie de personnel, une indemnité de risque, de l'ordre de 1.000 DH. Compte tenu de ces différentes propositions, je ne vois pas pour quelle raison le secteur de la santé publique doit faire grève. J'étais convaincu que les syndicats partageraient mon opinion. En réalité, ils s'attardent aujourd'hui sur la définition du salaire net, duquel ils veulent déduire les cotisations CMR. Ce qui a été jugé inacceptable par les Finances qui leur ont pourtant expliqué que le net correspond au brut moins l'IGR. En fait, ce qui me gène aujourd'hui, c'est qu'on laisse tout le dossier du statut des médecins en suspens, alors qu'on peut le débloquer sur les points sur lesquels il y a accord et s'attaquer dans une seconde étape à ceux restés en suspens. Par ailleurs, il ne faut pas oublier d'autres dossiers tout aussi importants.

- Vous faites allusion à l'assurance maladie obligatoire?
- Oui et ce n'est pas une mince affaire. En fait, il ne faut pas raisonner assurance maladie obligatoire stricto sensus. Car on se positionne dans ce cas par rapport aux travailleurs uniquement. En fait, nous nous intéressons surtout aux indigents qui constituent la catégorie la plus concernée et à laquelle il faut s'intéresser de toute urgence?

- Comment comptez-vous faire là où tous vos prédécesseurs ont échoué?
- Nous ne pouvons pas dire qu'ils ont échoué, puisqu'ils n'ont même pas commencé. A l'exception, peut être, du Dr Harouchi qui, à l'époque, avait formulé l'idée de créer un fonds aux indigents. En ce qui me concerne, j'examine d'autres voies. Nous avons mené au sein de notre département une réflexion à l'issue de laquelle nous avons émis quelques propositions. A court terme, il s'agira tout d'abord d'identifier les indigents. Nous pensons à instaurer un système de cartes par exemple. L'identification doit tenir compte de l'identification entre indigents absolus et relatifs. Les premiers seront entièrement pris en charge par le MSP et les collectivités locales, alors que les seconds seront appelés à fournir une contribution, symbolique toutefois, de manière à équilibrer le système. Bien entendu, le système qui sera mis en place doit être minutieusement étudié par l'ensemble des parties concernées. Nous devons mettre en place quelque chose qui soit viable.

- Comment expliquer que le politique hésite à trancher une question pourtant aussi cruciale pour les concitoyens?
- En fait, si j'ai à identifier une difficulté, je la situerais dans le fait qu'accepter un principe sous-entend qu'il faut aussi en subir les conséquences, en cas d'échec. Le gouvernement a fait de ce dossier une priorité et je pense que cet objectif se réalisera, probablement courant 1999. En tout cas, si cela ne se fait pas, ce sera un échec. Du moins en ce qui me concerne.

- Le marché des équipements biomédicaux attend de vous plus d'efforts en matière d'investissement. Pourtant, le budget du MSP figure parmi les cinq derniers?
- Il paraît que c'est le troisième budget si l'on commence par le bas (rires). Bien entendu, nous aurions pu faire mieux. Ceci étant, il y a eu une petite amélioration. Ainsi, le budget d'investissement s'est apprécié de 11%. Nous aurions souhaité faire davantage. Cela aurait pu être possible si le budget du MSP représentait 7% du budget global, par exemple. Ce qui n'est pas le cas actuellement. En fait, si l'on veut véritablement changer les choses, il faut le porter à 11 ou 12% du budget global.

- La médecine est confrontée tous les jours à de nouveaux défis. Nous le constatons régulièrement en France, à travers la mise en place de politique de prévention des infections nocosomiales ou de la mort subite du nourrisson, de campagnes de dépistage du cancer du sein et du colon, de la loi sur la bioéthique ou encore du dossier amiante. Votre département ne semble pas suivre?
- Il ne faut pas oublier que nous avons des problèmes que la France n'a pas. Je ne vais pas me hasarder à établir un ordre de gravité, mais j'affirmerai que ces problèmes sont tout aussi importants. Ce qui ne veut pas dire pour autant que nous négligeons les autres domaines. Nous surveillons aussi les autres sujets, et vous en avez d'ailleurs évoqué quelques exemples.

Propos recueillis par Mohamed BENABID


Le médicament reste cher


LA politique du médicament est l'un des sujets qui tiennent à coeur au Dr El Fassi. " Nous n'avons d'autres choix que d'aller vers le libéralisme. Le corollaire doit toutefois en être, à notre sens, la disponibilité de médicaments qui soient bon marché", affirme le ministre qui ne cache pas son intérêt pour la politique des génériques. En matière de baisse des prix, toujours, d'autres mesures avaient porté cette année sur la réduction, à travers des incitations fiscales, du prix de certains médicaments essentiels, les anticancéreux, notamment. Cette disposition figure dans la Loi de Finances 98/99. Par ailleurs, le MSP prépare une liste de médicaments remboursables et ce, en vue de la généralisation de la couverture maladie. Une mesure qui ressemble, si elle voit le jour, au système de la sécu française. Voilà pour ceux qui douteraient des intentions du gouvernement Youssoufi sur le dossier de l'assurance maladie. Pour autant, "le médicament reste cher au Maroc", reconnaît le ministre. Ce constat peut surprendre au moment où de nombreux industriels et pharmaciens affirment le contraire. "A mon avis, il faut comparer ce qui est comparable. Si le marché de référence se situe en Europe, il est évident que l'on pourra constater que le médicament vendu au Maroc est moins cher". Difficile d'en dire autant, lorsque la comparaison s'effectue par rapport au pouvoir d'achat.


Des déséquilibres qui préoccupent


La couverture maladie ne saurait, à elle seule, régler les maux du secteur. Le MSP en convient aussi. Une des priorités est d'atténuer le dualisme qui existe entre des zones bien desservies sur le plan sanitaire et d'autres qui ne le sont pas. "C'est un des grands problèmes de la santé au Maroc", souligne le Dr El Fassi qui reste préoccupé par le déséquilibre entre l'offre et la demande de soins. Un dossier, donc qui urge, et auquel est censé remédier, dans une première étape, le projet de loi relatif à l'offre de soins et à la carte sanitaire qui a été présentée récemment au SGG. Il s'agit en d'autres termes d'une planification de l'offre de soins de manière à ce qu'elle soit mieux répartie au niveau des différentes régions. "Sans pour autant arriver à des niveaux de prestations extraordinaires. Car il faut aussi tenir compte des ressources existantes". A côté des contraintes du financement, le ministre relève aussi l'existence de problèmes structurels qui ont trait au développement socio-économique de ces régions et qui rendent difficile toute planification sanitaire. Les zones rurales, en particulier, restent sous-équipées sur le plan des infrastructures en eau potable ou en électricité. "En dépit des différents efforts, il faut reconnaître que le bilan en matière de santé maternelle et infantile reste en deçà de nos espérances. Car c'est dans ces régions que nous affichons des taux élevés de mortalité. Chose qui n'est pas normale pour un pays comme le Maroc".o


Mohamed BENABID

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