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    Economie Internationale

    L'Allemagne serre les vis pour réussir Stuttgart

    Par L'Economiste | Edition N°:485 Le 14/04/1999 | Partager

    De notre envoyé spécial, Mohammed CHAOUI

    · Processus de paix esquivé officiellement des pourparlers des ministres des Affaires Etrangères

    · Entrée de la Libye dans la famille Euro-Med

    · Les syndicats militent pour l'intégration de la dimension sociale dans le partenariat


    L'Allemagne ne veut pas que Stuttgart ressemble au coup de Malte. Il y a deux ans, le blocage du processus de paix au Proche-Orient avait en effet été à l'origine de l'échec de la conférence des ministres des Affaires Etrangères. Depuis, ce dossier épineux n'a pas été réouvert. L'Allemagne compte-t-elle le dépoussiérer pour sortir le processus euro-méditerranéen de l'impasse? La question reste posée et la Présidence allemande de la Commission Européenne a trouvé la formule pour le contourner.
    Le traitement de la paix au Proche-Orient n'est pas original, mais la recette allemande consiste à esquiver la question du processus de paix du dialogue politique. La participation d'Israël est minime. Elle s'est limitée officiellement à un secrétaire général. «Aucun ministre important n'est attendu», répète-t-on à la Présidence allemande qui confirme vouloir éviter d'aborder cette question. M. Jannis Sakellariou, député allemand et rapporteur des Conférences de Barcelone et de Malte, va plus loin. Pour lui, le processus de paix a contaminé l'esprit de Barcelone.
    «A Malte, tout le monde courait derrière la photographie de Arafat avec Levy (ancien ministre des Affaires Etrangères), considérant que la porte de sortie de la crise était là», lance-t-il. Selon lui, le processus de paix est terminé et l'UE doit s'engager pour avoir une place digne dans les négociations.

    Autre nouveauté de Stuttgart, l'arrivée de la Libye dans la famille euro-méditerranéenne. Le dénouement de l'affaire de Lockerbie y est pour quelque chose. Cependant, sa participation à la Conférence des ministres des Affaires Etrangères se limitera au statut d'observateur. La décision de l'intégrer en tant que membre à part entière se fera à Stuttgart. Pour les Allemands, cela devra donner un coup de pouce au processus de Barcelone. Ce statut d'observateur attribué à la Libye n'est pas dénué de sens.
    En effet, l'obsession européenne des questions migratoires peut trouver un début de solution, ce pays étant en mesure d'absorber une partie des flux.
    Le Parlement est également venu à la rescousse de l'Euro-Méditerranée. Sa dernière trouvaille a consisté à présenter des recommandations à la Conférence de Stuttgart. La plus importante a trait au traitement de la dette extérieure, fardeau des finances publiques des pays du Sud. Cette question devra être inscrite à l'ordre du jour de la conférence des ministres. La Présidence allemande compte exercer une pression pour introduire la dette dans les financements des projets de dévelop-pement.


    Et le social ?


    LES syndicats sont aussi montés au créneau. Pour eux, la faiblesse de la Conférence euro-méditerranéenne réside dans l'absence de la dimension sociale. Les centrales syndicales du Nord et du Sud, membres de la confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) dénoncent en effet «l'impasse de ce partenariat euro-méditerranéen en matière sociale». Selon ces syndicats, ce partenariat présente le risque de n'être que la simple extension des programmes de libéralisation inspirés par la Banque Mondiale et consacrés par l'OMC. La dimension sociale est perçue comme un dérivé de la croissance produite par les seules règles du marché. Les syndicats des pays du Sud, particulièrement l'UMT, reprochent à l'Europe de proposer à ses voisins du Sud des mécanismes qu'elle n'aurait jamais accepté pour elle-même. Ils rappellent que l'Europe a bâti sa prospérité sur l'attention prioritaire à l'éducation, à la formation professionnelle, à la santé et à la protection sociale. Les représentants de l'UMT, présents à Stuttgart, ne se sont pas privés de rappeler que l'Europe s'est reconstruite au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale grâce essentiellement à l'aide du plan Marschall que les Américains lui ont fournie sans contrepartie, et qui a «fait d'elle le concurrent de son partenaire».
    Les syndicalistes considèrent que le partenariat euro-méditerranéen n'a jusqu'ici été régi que par une logique sécuritaire. Ses bénéfices ne vont qu'aux élites en place, les hauts fonctionnaires et les hommes d'affaires.

    Mohamed CHAOUI

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