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    L'agro-alimentaire est en train de changer : Les lignes de force de cette révolution

    Par L'Economiste | Edition N°:103 Le 11/11/1993 | Partager

    Depuis l'ouverture du marché marocain aux produits étrangers, les importateurs et les producteurs locaux du secteur agro-alimentaire lancent des offensives. De quoi aiguiser les appétits.

    Les marques étrangères garnissent les rayonnages, parfois aussi le panier de la ménagère. Les marques locales rehaussent leur qualité et contre-attaquent, les as du fast-food tentent de convertir les consommateurs traditionnels. Ainsi, après l'introduction du Mac Do ou encore de la purée en sachet, c'est au tour de la plus traditionnelle des préparations, la harira déshydratée, de s'aligner avec les autres produits de l'agro-industrie.

    Aujourd'hui, le besoin des Marocains, semble-t-il, converge lentement autour de quelques lignes de force. La rapidité est le principe qui se fait le plus remarquer. Le Maroc est en train d'apprendre à manger "fast-food", mais cela ne concerne qu'une clientèle bien précise. En effet, le Marocain reste avant tout un consommateur de produits frais.

    Mais, diront des professionnels, il est également devenu un "fin gourmet". En effet, les professionnels assistent de plus en plus à une évolution du comportement des consommateurs face à leurs productions. Tel est le cas du chocolat. Pendant longtemps, le Marocain a acheté d'abord du chocolat pour l'offrir. Actuellement, c'est en grande partie pour sa consommation et sa satisfaction propres que le consommateur pousse la porte des confiseurs, y compris hors des périodes de fêtes. Et ils deviennent, pour certains, connaisseurs avertis avec des goûts marqués. Mais le marché reste à développer.

    Pour ce qui est de l'amélioration de la qualité, autre axe de la révolution alimentaire, l'exemple des pâtes est très significatif. En effet, l'ouverture du marché aux importations a eu pour conséquence une véritable "explosion" de la qualité, longtemps négligée, du produit local, et la percée de nouvelles entreprises.

    Le cas du café illustre également cette situation. En effet, avec la libéralisation des importations, apparaissent sur le marché de nouvelles marques, qui autrefois arrivaient en contrebande. L'éternel antagonisme importateurs-producteurs a porté la concurrence, ou la bataille, sur les produits haut de gamme.

    Par ailleurs, une nouvelle forme de distribution va accompagner cette nouvelle vague d'importation de produits alimentaires. Cela a débuté en 1990, mais 1992 a été la grande année de la grande distribution aussi bien pour le commerce de gros que pour celui du détail. L'arrivée de ces grands distributeurs étrangers a suscité l'inquiétude des professionnels marocains. A tort, car ce nouveau phénomène a entraîné un développement au niveau de l'emballage, au niveau du "just in time" dans la livraison des stocks pour ces grands magasins et un progrès au niveau du producteur. La grande distribution est donc en train de se structurer au Maroc. De plus, en organisant la concurrence dans ses linéaires, elle oblige les fabricants qui veulent maintenir leurs positions commerciales à améliorer sans cesse la qualité de leurs produits et de leurs emballages.

    Si le marché, comme les filières de production, bouge sur l'ensemble de l'agro-alimentaire, en revanche, la politique de protection/ouverture reste hésitante, voire désordonnée. Le texte de loi sur le commerce extérieur est apparemment simple et clair, mais les deux ans de travaux pour mettre au point les mesures d'application n'ont pas permis de trouver des mesures d'application simples et transparentes. Le texte serait-il impraticable? Les premières mesures soulèvent de vifs débats.

    Au niveau des céréales, par exemple, l'application de la loi rencontre un sentiment d'“inquiétude" pour les uns, de "stimulation" pour les autres. Les producteurs s'interrogent sur les mécanismes de protection; les commerçants, eux, sont prêts à déclencher le risque commercial. Longtemps protégés, les agriculteurs ne s'estiment pas prêts à relever les "défis de la libéralisation". Quelques opérateurs n'hésitent pas à utiliser des termes forts de "sacrifice", de "mort de l'agriculture". Pour le lait et les viandes ainsi que pour leurs dérivés, le remplacement du prix de référence par des équivalences tarifaires très élevées a engendré de telles protestations que le Ministère de l'Agriculture a dû calmer le jeu en annonçant aux professionnels qu'il s'agissait de dispositions transitoires, tandis que les dossiers étaient réouverts.

    En fait, il s'agit de moderniser tout le dispositif d'incitation-concurrence-protection du monde agricole et des industries qui en dépendent ou qui dépendent d'approvisionnements importés.

    Le cas du beurre

    Le beurre est reclassé dans la catégorie des "oléagineux", par le Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire. Ainsi, il échappe aux nouvelles mesures (équivalence tarifaire, prix de référence).

    La principale raison avancée est le "caractère social du beurre", engendré par ses antécédents historiques (afflux de quantités importantes de beurre durant les années 60, exporté à des "non prix").

    La concurrence que livre le beurre d'importation empêche le développement de la production locale et la croissance de la consommation de margarine.

    Meriem OUDGHIRI

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