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L'A380 chauffe les esprits entre Américains et Européens

Par L'Economiste | Edition N°:922 Le 22/12/2000 | Partager

. Bill Clinton pense que les prêts européens qui iront à la construction de l'avion ne sont pas décidés selon des critères commerciauxPlat, froid et poli, le sommet euro-américain de routine qui s'est tenu en début de semaine à Washington ne laissera pas un grand souvenir dans l'histoire diplomatique. Seul l'A3XX, pardon, l'A380 semble avoir un peu chauffé les esprits entre Américains et Européens. Selon Gene Sperling, le conseiller économique de la Maison Blanche, Bill Clinton a pendant la réunion fait part de sa «vive préoccupation«. Il a estimé que les prêts que comptent accorder à Airbus la France, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne pour construire l'énorme avion ne sont pas décidés «selon des critères commerciaux« et qu'ils sont donc contraires aux règles de la concurrence fixées par l'Organisation mondiale du commerce. Les Européens s'attendaient bien à une telle charge: «Ce qui est mauvais pour Boeing l'est pour l'Amérique, à commencer par l'A3XX«, résume un diplomate. Chargé de répondre au Président américain, le Commissaire européen Pascal Lamy a rappelé la thèse européenne: les «avances remboursables« à Airbus ne sont pas des «subventions« et elles sont conformes à l'accord euro-américain de 1992. «Si d'aventure, les Etats-Unis sont d'avis qu'il faut que les règles de l'OMC remplacent celles de l'accord de 1992, alors il faut qu'on les applique aussi à Boeing, aurait-il ajouté. Des deux côtés, on doit adopter un comportement responsable«. Les Américains n'ont pas semblé convaincus, et le ton est monté dans la journée: «Ce problème doit être résolu, c'est un point essentiel à nos yeux. Nous voulons éviter un conflit sur le sujet«, a menacé la représentante adjointe américaine au commerce, Susan Esserman. Ce à quoi Bruxelles a rétorqué un cran au-dessus: «Si les Etats-Unis décident d'engager une action devant l'OMC, la Commission en fera de même en proposant d'attaquer les subventions massives à Boeing, a déclaré Gunnar Wiegan, un des porte-parole de Bruxelles. Nous avons assez de preuves montrant qu'une partie du travail chez Boeing est financée par la Nasa et le Pentagone!«Le héros américain de l'aéronautique, Boeing, a il est vrai de quoi s'inquiéter. L'an dernier, Airbus l'a pour la première fois doublé, raflant plus de 50% du marché des avions civils. Et voilà que se profile l'A380 qui menace directement le bon vieux 747 de Boeing. Jusque-là, le constructeur de Seattle était le seul à fabriquer des gros porteurs. Dans cette situation de monopole, le vénérable Boeing 747 (35 ans et 1.300 exemplaires vendus) est resté très profitable. Le plus gros de la gamme est le 747-400: il dispose de 416 places, ce qui suffisait jusque-là au bonheur de la firme. Boeing considère comme très risqué l'aventure du Superjumbo de type A380. Le fait qu'Airbus se lance ne l'a pas fait changer d'avis. Pour les responsables du groupe américain, les Européens sont en train de «refaire le Concorde« et se planteront de la même manière. Le tassement des ventes du 747, depuis 10 ans, pousse Boeing à la prudence sur ce type d'appareil. La firme se contente donc de travailler sur une version plus longue du 747-400 et plus rapide que ce fanfaron d'A380. Mais n'ayant toujours pas trouvé la clientèle pour cet avion, elle se garde de se lancer.oPascal RICHESyndication L'Economiste-Libération (France)

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