×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    A la veille de l'Aïd : Aviculture: Le prix du poulet se maintient à la hausse

    Par L'Economiste | Edition N°:71 Le 18/03/1993 | Partager

    Le marché du poulet est très versatile. Il offre l'exemple typique d'une situation concurrentielle. Les prix vacillent en fonction des rapports offre-demande. Cependant, ceux observables sur le marché sont relativement assez élevés. La cause réside dans l'inorganisation du secteur et le niveau élevé des coûts de production.

    "Le marché du poulet de chair est imprévisible, difficile à maîtriser. La loi de l'offre et de la demande joue à plein régime", font remarquer des aviculteurs. Conséquence logique, il devrait connaître une légère tension à la veille de l'Aid el Fitr, fête à laquelle correspond une poussée de la consommation de viande blanche. Les cours sont cependant restés assez élevés durant ces dernières périodes, constatent des éleveurs. Le prix au producteur du poulet vif a culminé à 18DH/kg avant de retomber à un minimum de 14DH/kg durant le mois de Ramadan. Le poulet beldi (élevé traditionnellement) était vendu entre 37 et 36DH/kg durant la deuxième semaine de mars.

    Problèmes sanitaires

    Ces mêmes tensions sont observables, notamment pendant le départ pour le pèlerinage et en été, période généralement retenue pour la célébration des mariages.

    Le comportement général du marché est essentiellement déterminé par le secteur industriel. Celui-ci fournit près de 70% de la production locale, laquelle est réalisée principalement sur l'axe Kénitra-El Jadida. Le reste provient de l'élevage traditionnel.

    Depuis 2 à 3 ans, ce secteur industriel est confronté à des problèmes sanitaires persistants, indiquent les professionnels. Les maladies telles que la salmonelle, la coccidiose et la peste entraînant une mortalité importante, précisent-ils. De fait, l'offre de poulets de chair évolue très faiblement ou "a même régressé", estiment certains professionnels. Le secteur moderne accuse une réelle difficulté à maintenir une croissance régulière depuis 1977, année marquée par le renversement des tendances dans la répartition de l'offre de viande blanche. Durant cette année, la production industrielle est montée à 56.000 tonnes contre 31.000 en 1976. Celle du secteur traditionnel est passée à 34.000 tonnes contre 33.000 tonnes un an plus tôt. La part de la production industrielle a ainsi évolué de 48 à 62%. C'est ce qui ressort des statistiques du Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire. Depuis cette période, le secteur industriel a fortement progressé pour culminer à 101.000 tonnes en 1986. Cependant, des fluctuations importantes ont été observées avec un plancher de production de 55.000 tonnes en 1981. La production est estimée à 100.000 tonnes en 1992.

    En revanche, celle du secteur traditionnelle suit une trajectoire toujours ascendante malgré une faible productivité. Elle a atteint 50.000 tonnes en 1992. La production totale a observé la même tendance, progressant de 4% entre 1991 et 1992, pour se situer à 150.000 tonnes.

    Potentiel non exploité

    Certes, l'aviculture a connu une grande mutation. Elle se professionnalise de plus en plus. Mais les potentiels sont insuffisamment exploités. Pour cause, "le secteur souffre de plusieurs maux", affirment des aviculteurs. Outre les problèmes sanitaires qui ne tarderaient pas à être maîtrisés, "les coûts de production deviennent de plus en plus élevés", estiment-ils. L'alimentation entre pour plus de 70% dans la formation de ces coûts en plus du poussin (environ 20%) et des charges de structure pour le reliquat. Or le maïs qui constitue près de 60% de la composition alimentaire voit son prix à l'importation fortement relevé par les prélèvements à l'importation. Ce qui se répercute normalement sur le coût de production de l'aliment. De plus, le prix d'achat de l'aliment est affecté d'une TVA non récupérable de 7%. Ainsi. "nous sommes considérés comme les consommateurs de notre propre produit", soulignent des éleveurs. "Le prix du poulet devrait normalement être ramené à des proportions moins importantes si les taxes qui frappent l'aliment sont révisées à la baisse", précisent-ils.

    Maîtrise de l'offre

    Cependant, l'aviculture est un secteur qui tarde à s'organiser. Le métier regroupe à la fois des professionnels et des amateurs. Ces derniers profitent de certaines projections favorables, notamment en ce qui concerne le poulet de chair, pour investir. Pour la Direction de l'Elevage, le problème essentiel réside dans le fait que le circuit de production de la viande blanche n'est pas intégré. Cette intégration devrait être favorisée par la mise en place d'une association interprofessionnelle réunissant toutes les branches du secteur (accouveurs, éleveurs, provendiers, grossistes, abattoir). Pour l'heure, les différentes parties semblent se complaire à cette situation. Pourtant, indique la Direction de l'Elevage, les crises persisteront tant que la filière ne sera pas organisée. Le problème demeure quant à la maîtrise de l'offre, entraînant de facto une fluctuation assez erratique des cours de la viande blanche. Outre la mise en place d'une véritable chaîne de froid, le rôle des abattoirs modernes se trouve ainsi remis au premier niveau. En dehors de l'aspect sanitaire, ils devront également contribuer à la régulation du marché.

    Pouvoirs publics et professionnels s'accordent sur leur importance. Toutefois, "la compétition devrait être ouverte dans ce sens, afin de permettre aux revendeurs de minorer les coûts", soulignent des éleveurs. L'ouverture de l'unique abattoir de Rabat et l'obligation pour les distributeurs de cette région d'y acheminer les poulets avaient d'ailleurs soulevé des polémiques.

    Les autorités de tutelle se montrent conscientes des problèmes du secteur. A cet effet, précisent-elles, "il faut aller vers la rationalisation du marché sans donner une situation de rente aux uns au détriment des autres".

    Alié DIOR NDOUR

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc