×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    La traversée du désert pour Tanger

    Par L'Economiste | Edition N°:2772 Le 08/05/2008 | Partager

    . Les ventes stagnent depuis plusieurs mois. Les prix pratiqués pointés du doigt. Les promotions accusent la cherté du foncierL’euphorie est retombée comme un soufflé. Le secteur immobilier est en train de vivre un tournant. Et malgré les sonnettes d’alarme, personne n’y avait réellement cru. D’ailleurs, vu l’engouement suscité par les régions, il aurait été difficile de penser que le revers serait plus rapide que cela. Aujourd’hui, les opérateurs tangérois accusent cruellement le coup. Et la «traversée du désert» s’annonce longue et difficile. Aux premiers signes, on a pensé que la crise serait passagère. Ce n’est pas le cas, et pour l’heure aucun plan de sauvetage n’est mis en place. En attendant, le nombre de transactions  immobilières est quasiment nul. Une situation jamais atteinte durant ces cinq dernières années. Les notaires de la place se plaignent d’une réduction  des activités et certains ont même dû fermer boutique le temps que les affaires reprennent un cours normal. Seuls quelques-uns arrivent encore à tirer leur épingle du jeu. Mais jusqu’à quand? En tout cas, tous les indicateurs sont au rouge. La  baisse dépasserait, sur les quatre premiers  mois de l’année, les 50%. La crise serait due, selon des spécialistes du secteur, à la flambée des prix qui caractérise le marché. En moins de cinq ans, à titre d’exemple, le prix d’un appartement de moyen standing de 120 m2 est passé de 700.000 DH à 1 ou 1,5 million de DH, soit une moyenne de 12.000 DH le m2. En 2003, un appartement équivalent dans un  quartier huppé avec cuisine équipée ne dépassait pas les 720.000 DH. En clair, les prix ont grimpé de 200, voire 300% dans certains quartiers. Aujourd’hui, en front de mer, un appartement de  haut standing varie entre 30.000 et 42.000 DH/m2. En clair, il faut compter environ entre 4 et 5 millions de DH pour devenir propriétaire. De quoi donner le vertige au plus blasé.   Pour les maisons unifamiliales ou populaires, le prix du m2 a lui aussi atteint des sommets vertigineux par rapport au pouvoir d’achat des populations cibles. Le prix du m2 oscille ainsi de 3.500 à 8.000 DH. Les prix du logement économique ont également subi les effets de la spéculation, en raison d’une forte demande. Dans la mesure où de nombreux ménages moyens se rabattent sur l’économique, ne pouvant plus accéder au moyen standing. Une gamme d’ailleurs en voie de disparition. Ainsi, un logement économique vendu initialement 210.000 DH se négocie, quelques jours plus tard, à 300.000 DH. A noter aussi qu’au niveau de ce segment, les paiements au noir sont monnaie courante.Du côté promoteurs, l’on se défend de vouloir pratiquer de fortes  marges. Pour la plupart, ces prix s’expliquent par la cherté des  matériaux de construction et des terrains. Actuellement, il est extrêmement  difficile de trouver un lot de terrain dans le périmètre urbain, le  centre-ville étant complètement saturé. Les seules possibilités, le rachat de vieilles demeures qui seront transformées en immeubles. A part cela, il y a les zones périurbaines, mais là aussi, la forte demande fait grimper les prix. Jusqu’à 10.000 DH/m2. Les nouveaux noyaux urbains prévus permettront de réduire, promet-on, la pression sur l’aire métropolitaine de Tanger. «Les nouveaux  quartiers d’Al Irfane, en cours de construction, et les nouvelles  villes de Melloussa, Gzenaya et Ksar Sghir apporteront une nouvelle  offre en matière de foncier», indique-t-on au ministère de l’Habitat. Ce qui devrait résoudre le  déficit en logements enregistré dans la ville de Tanger. Si la nouvelle peut rassurer, il est certain que les acheteurs ne mordront pas à l’hameçon. Faute de moyens, d’une part, mais aussi parce que beaucoup estiment que les promoteurs devraient revoir leurs marges à la baisse.


    Chiffres

    En 2007, quelque 30.850 logements de natures diverses ont  été autorisés à la construction à Tanger, représentant une superficie totale de 3  millions de m2, selon les chiffres du ministère de  l’Habitat. Un chiffre record pour la capitale du détroit comparé à celui de 2006 qui enregistre 23.000 logements autorisés, soit une croissance de 30% pour 2007. Les projets comprennent essentiellement des logements économiques pour absorber le surplus de population –150.000 personnes environ– en quête de travail dans la région. Actuellement, les besoins de la ville sont de 8.000 logements par an  en moyenne. Ce qui, en principe, devrait être compensé par l’offre actuelle et les réalisations des cinq dernières années.Ali ABJIOU

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc