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Economie

La tragédie de Ksar El Kébir repose la question de la sécurité aux abords des passages à niveau

Par L'Economiste | Edition N°:716 Le 02/03/2000 | Partager

· Hier matin, un train provenant de Tanger est entré en collision avec un tracteur agricole
· Bilan provisoire: 35 morts et 11 blessés dans un état désespéré
· 560 passages à niveau sont à l'heure actuelle sans surveillance


LE terrible accident qui s'est produit hier matin à 7 km de Ksar El Kebir remet une fois de plus sur le tapis le problème de la sécurité sur les passages à niveau du réseau ferroviaire.
Un train de passagers assurant la liaison Tanger-Casablanca est entré en collision avec un tracteur agricole qui tirait un chariot où se trouvaient une cinquantaine de personnes, des ouvriers agricoles selon l'ONCF. A 10 heures 30, la Sécurité Civile dépêchée sur place dénombrait trente-cinq morts et onze blessés graves. Malheureusement, ce décompte macabre risque de n'être que provisoire. Les blessés ont été immédiatement transférés par hélicoptère les uns à Larache, les autres à l'hôpital militaire de Rabat.
Dès l'annonce de la tragédie, plusieurs hauts responsables se sont rendus sur les lieux pour superviser les opérations de secours: M. Ahmed Midaoui, ministre de l'Intérieur, son homologue du Transport et de la Marine Marchande Mustapha Mansouri, le commandant de la Gendarmerie Royale, le général Housni Benslimane, le directeur de la Sécurité Civile, le colonel-major Abdelkrim El Yacoubi et de nombreuses autres personnalités locales.
Ce type d'accident peut malheureusement se reproduire à tout moment dans le milieu rural, les populations n'ayant parfois d'autre choix que d'emprunter ce mode de transport. A noter que les 2.000 km de réseau ferroviaire comptent au total 570 passages à niveau non gardés. Malgré les efforts de transformation d'une partie d'entre eux en ponts, il est impossible de poster un surveillant à chaque passage, se défend l'ONCF. Pour l'instant, le programme ne concerne que les axes où le trafic est très dense.
Par ailleurs, l'architecture du réseau avait été conçue de manière excentrique par rapport aux zones habitées. Mais la poussée démographique et l'émergence de nouvelles agglomérations ont tout remis en question. Au fil des ans, des habitations se sont rapprochées des rails avec tout ce que cela comporte comme danger pour les riverains. Le drame de Ksar El Kébir n'est pas une première. En 1988, un train avait violemment heurté un car transportant des touristes qui traversait la voie aux environs de Marrakech. L'accident avait à l'époque fait plusieurs morts et de nombreux blessés.
Alors que les premières informations laissant supposer un déraillement se répandaient comme une traînée de poudre, l'Office National des Chemins de Fer est monté au créneau. Dans un communiqué, il dénonce «le fléau que constitue le problème de conduite sur les routes». Manière de replacer la catastrophe dans un cadre plus global de la sécurité sur la voie publique. L'ONCF ne se prive d'ailleurs pas d'insister sur l'irresponsabilité des automobilistes qui se comportent en kamikazes. Il y a quelques mois, rappelle-t-il, une catastrophe avait été évitée de justesse sur la même ligne lorsqu'un car de voyageurs avait quitté la route pour s'incruster sur la voie ferrée.


Plusieurs affaires devant les tribunaux


IL n'y a pas que des conducteurs qui paient le tribut de ces passages non gardés. Chaque année, plusieurs piétons trouvent la mort sur les rails. Dans certains cas, des familles des victimes portent l'affaire devant les tribunaux, mettant en cause la responsabilité de l'ONCF. A plusieurs reprises, les Chemins de Fer ont été condamnés au versement d'importants dédommagements aux familles des victimes. L'Office mise sur la modernisation en cours de son système de signalisation et la réhabilitation du réseau ainsi que la sensibilisation des populations pour endiguer ce fléau. Difficile en effet de placer un surveillant à chaque passage à niveau.

Abashi SHAMAMBA

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