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    Economie

    La tomate menacée par le virus de la mouche blanche

    Par L'Economiste | Edition N°:633 Le 08/11/1999 | Partager


    · Comment prévenir le TYLC qui sévit dans le Souss
    · Les recommandations du Pr Abdelhaq Hanafi dans un ouvrage à paraître


    Comment l'insecte vecteur dissémine-t-il le virus? Quels sont les moyens pour lutter contre le fléau? De quelle manière rendre les applications insecticides plus efficaces?... Autant de questions que se posent actuellement les agriculteurs et auxquelles tente de répondre le Dr Abdelhaq Hanafi, professeur à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II d'Agadir (IAV) dans un ouvrage qui sera bientôt en librairie(1). Car les cultures de tomates sont dangereusement menacées en ce moment par le virus TYLC, notamment dans le Souss. Ravageuse, cette maladie est répandue dans plusieurs régions du monde. «Les premières pullulations de ce fléau aux Etats-Unis ont été rapportées pour la première fois en 1986. Les pertes économiques en 1991 en Floride, particulièrement, ont été estimées à 1,25 milliard de Dirhams», indique M. Hanafi. Le Tomato Yellow leaf curl Virus (TYLC) est, explique-t-il, transmis par l'insecte Bemesia Tabaci, appelé communément mouche blanche. Il n'existe pas de remède miracle contre ce virus et dans les régions gravement atteintes les moyens de lutte utilisés individuellement contre le vecteur n'ont pas donné de bons résultats. Toutefois, le professeur rassure dans son guide en soulignant que «l'intégration harmonieuse de plusieurs stratégies de production et de protection est le meilleur moyen de réduire les pertes directes et indirectes liées à Bemesia». La solution à adopter ainsi face à ce mal est de le combattre sur tous les fronts et particulièrement à la source.
    Car, s'il n'est pas possible d'éradiquer le virus, il y a plusieurs procédés pour faire la guerre à ce vecteur de maladies virales. Quels sont donc ces moyens sur lesquels repose le salut des agriculteurs? Le Dr Hanafi parle entre autres à la fois de méthodes de prévention, de lutte chimique, biologique et législative.
    Pour le professeur, la première étape dans la lutte contre la mouche blanche est donc la prévention. «Il faut établir un bon programme sanitaire pour éliminer, sinon réduire, toutes les sources possibles de cet insecte», souligne-t-il. En d'autres termes, le chercheur recommande de bien commencer sa culture en prévoyant, avant son installation, un vide sanitaire. «A la fin de la production, une serre doit être débarrassée de l'ancienne plantation et traitée», conseille-t-il.
    De même, il faut utiliser des plantules certifiées saines. Les filets anti-insectes sont une autre manière de prévenir la mouche blanche. Sur ce registre, M. Hanafi invite les producteurs à utiliser des sas aux entrées des serres et des filets de 0,462 mm de largeur aux ouvertures. Cette taille de maille, explique-t-il, va permettre à la plante d'être aérée tout en étant protégée. «Une maille trop serrée risquerait d'étouffer la plante et favoriser les maladies fongiques».

    Programme sanitaire


    Côté lutte chimique et biologique, les remèdes préconisés par le Dr Hanafi sont l'application d'insecticides ainsi que le lâché de prédateurs ou de parasitoïdes. Au niveau des insecticides, il avance qu'heureusement de nouveaux produits homologués sont maintenant disponibles sur le marché. Il s'agit entre autres des produits Actara et Rimon.
    Pour les moyens biologiques, M. Hanafi informe les agriculteurs que la mouche blanche a un grand nombre d'ennemis naturels dont certains sont même produits localement. Toutefois, avant d'utiliser ces insectes, il faut s'assurer que les pesticides appliqués auparavant dans la serre ne sont pas toxiques à ces auxiliaires.
    Actuellement, ajoute-t-il, un parasitoïde employé avec succès contre le Bemisia en Amérique du Nord et en Europe existe déjà d'une manière naturelle dans les serres au Maroc.
    Enfin, pour le Dr Hanafi, la protection intégrée, qui est l'utilisation combinée de toutes ces méthodes de lutte et autres est la meilleure manière de gagner la guerre contre cet insecte et bien d'autres fléaux. Cette stratégie, dit-il, doit commencer déjà à nos frontières où doivent être mis en place des moyens humains, matériels et législatifs. Cela pour empêcher toute introduction de maladies virales qui se sont multipliées ces dernières années.
    Le Pr Hanafi souligne ici que, si devant ce fléau, la responsabilité est partagée entre administrations et producteurs, ceux-ci doivent prendre conscience de la gravité des importations non réglementaires.


    Qui est Abdelhaq Hanafi


    Professeur-chercheur au Département de Protection des Plantes à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II d'Agadir, le Dr Hanafi est titulaire de nombreux diplômes. Il a obtenu en 1980 le diplôme d'ingénieur en phytiatrie de l'Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat. De même, il est titulaire depuis 1982 du DEA en entomologie de l'Université Pierre et Marie Curie de Paris. En 1987, il accède au Master et en 1992 au PhD en entomologie de l'Université du Minnesota aux USA. Il consacre ses recherches entres autres au développement de la production et de la protection intégrée. Ainsi, il est l'auteur de 39 publications et de plus de 26 communications scientifiques. De même, il est membre de multiples institutions internationales telles que la FAO.

    Malika ALAMI

    (1) Le Dr Hanafi était présent à la dernière AGO de L'APEFEL qui s'est tenue à Agadir le 16 octobre 1999. Cf notre édition n° 620 du 19 octobre.

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