×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    La tomate marocaine passe à la moulinette sur les marchés de l'UE

    Par L'Economiste | Edition N°:641 Le 18/11/1999 | Partager



    · L'Equivalent Tarifaire Maximum (ETM) appliqué
    · Les regards restent braqués sur les marchés à contrat


    Difficile... C'est le terme employé par les producteurs de primeurs pour qualifier la situation actuelle sur les marchés européens. L'offre marocaine, surtout de tomates, a du mal à percer. Comme d'habitude en hiver, la demande sur ces marchés faiblit. Les prix intra-UE chutent en conséquence. Résultat, les valeurs forfaitaires d'importation (VFI), prix retenus pour le dédouanement de marchandises étrangères, sont à un niveau très bas, ce qui pénalise l'offre marocaine et la soumet au paiement des équivalents tarifaires. Hier mardi, la tomate a même été assujettie au paiement de l'ETM (Equivalent Tarifaire maximum), ce qui est inhabituel pour cette période de l'année.
    Pourtant, la campagne d'exportation avait bien débuté. Les exportateurs avaient intentionnellement décidé de ne pas augmenter les superficies de production au-delà des 4.900 hectares de l'année dernière pour maintenir la production sous le seuil des 498.000 tonnes.
    Le mois d'octobre fut relativement bon avec 17.000 tonnes réalisées, soit le triple du contingent tarifaire accordé par l'UE.
    Mais vers la fin du mois, la situation a commencé à se détériorer avec une offre marocaine massive sur le marché français, principal débouché. Les prix européens étaient pourtant allégés par l'absence des Espagnols qui avaient délibérément opté pour une production tardive afin d'éviter la maladie du Tylc, véhiculée par la mouche blanche. Les Marocains n'en ont cependant que peu profité, puisque leur offre était concentrée, une fois encore, sur la France dont les prix sont peu rémunérateurs.
    Pour novembre, les producteurs escomptaient réaliser près de 35.000 tonnes, mais ce volume reste difficile à atteindre.
    La sur-offre marocaine sur les marchés européens, conjuguée à une baisse des prix, a mis les exportateurs dans une mauvaise posture qui risque de se prolonger au moins à janvier.
    Mais aujourd'hui, c'est les marchés sous contrat que regardent les opérateurs. En effet, d'eux dépendra maintenant l'avenir de la campagne, estiment-ils. La Russie, principalement, focalise l'attention. Le marché russe, qui a longtemps souffert des conséquences désastreuses de la crise financière, commence à reprendre des couleurs. Néanmoins, l'ardeur des exportateurs se refroidit au contact des difficultés quotidiennes de règlement. Le marché est bien portant, mais le problème de solvabilité reste entier.
    Devant les fréquents retards de règlement, les bateaux affrétés sur la Russie ont même dû quelques fois changer de cap pour décharger sur le port de Rotterdam. Une solution partielle a pu être envisagée avec la conversion d'une partie de la dette marocaine envers la Russie en moyens de paiement. Sa portée reste limitée cependant à 1 million de DH, un niveau loin de satisfaire les exportateurs.

    Ghassan KHABER

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc