×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Entreprises

    La tension couve entre les ferrailleurs et l'ODEP

    Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

    Les exportateurs de la ferraille se plaignent de l'inadéquation des infrastructures au port de Casablanca. Arguments à l'appui, la Direction de l'Exploitation du port conteste ces allégations. La défaillance logistique des ferrailleurs leur fait beaucoup plus de mal.


    Entre l'ODEP et les exportateurs de la ferraille, ce n'est pas vraiment le grand amour ni encore le bras de fer. Les prémisses de tension sont quasiment perceptibles.
    A coup d'arguments, chaque partie rejette la responsabilité sur l'autre.
    Plusieurs raisons sont à l'origine de la mauvaise humeur des exportateurs de la ferraille: selon eux, "l'Office ne dispose pas d'infrastructures adéquates pour traiter ce type de produit".
    Ils estiment par ailleurs que le nombre de quais qui leur sont dédiés n'est pas suffisant pour assurer une meilleure fluidité de l'acheminement de leurs marchandises. Ce qui se traduit par un rallongement de délais de chargement et génère des frais supplémentaires. Des surestaries qui se situent entre 40.000 et 50.000 DH par jour.
    Autre grief, les conditions d'affectation des quais ne seraient pas toujours bonnes. Les ferrailleurs prétendent "avoir plusieurs fois renoncé à l"affrètement de navires en raison de l'encombrement du port".

    M. Mohamed Filali-Ansari, directeur général de Penav Maroc, affirme avoir porté les doléances de la profession à l'attention de la Direction d'Exploitation du port de Casablanca sans réponse à ce jour. "Elle nous a répondu que Casablanca n'était pas intéressée par le traitement de la ferraille".
    En clair, si l'on en croit ce dernier, "les ferrailleurs ont été priés d'aller voir ailleurs, dans les autres ports du pays" .
    S'ils n'obtiennent pas des solutions, ils menacent de soumettre leurs problèmes "jusqu'au plus haut niveau". A noter que les exportations de la ferraille obéissent à un mouvement très cyclique. A fin juin 1997, plus de 60.000 tonnes ont été exportées vers l'Espagne, débouché principal des opérateurs marocains en raison de son vaste secteur sidérurgique. En 1996, le volume export s'était élevé à 78.000 tonnes.

    Défaillances criantes


    Contacté, l'Office d'Exploitation des Ports nous a descendu ses grues pour répondre aux griefs des ferrailleurs. A la Direction d'Exploitation du port de Casablanca, c'est le sentiment d'étonnement qui prédomine: le traitement de la ferraille est régi par un protocole d'accord qui pour l'essentiel est une émanation des opérateurs, confie-t-on.
    Flanqué de ses collaborateurs, M. Mohamed Benabdenbi, directeur, s'est évertué à apporter des précisions: c'est le monde à l'envers, dit-il. Pour lui, il s'agit tout simplement d'une diversion. "C'est même l'Office qui devrait se plaindre des ferrailleurs", renchérit M. Benabdenbi. Selon lui, "Casablanca est l'un des rares ports au monde où le navire est contraint d'attendre la marchandise. Or, c'est l'inverse qui est la règle". Sur l'espace, les responsables de l'ODEP balaient d'un revers de la main l'accusation. Primo, l'absence de mouvement des grues ne signifie pas qu'il y' a de la disponibilité de quai, tout simplement parce qu'ils sont affectés suivant la nature du produit. "On ne peut pas mélanger le blé avec la ferraille".

    Secundo, le taux moyen d'occupation du quai spécialisé ferraille s'élève à 50-60%. "Nous sommes donc loin de l'en-combrement", indique la Direction. Le terminal a une capacité de 300.000 tonnes et, valeur aujourd'hui, il ne fonctionne qu'au tiers de son potentiel.
    Malgré leurs récriminations, les ferrailleurs sont loin d'avoir fait le ménage au sein de leur secteur. Pour la plupart, ils affichent des défaillances logistiques qui se répercutent sur la cadence de chargement des navires, et donc la durée de séjour du navire au quai. Beaucoup y ont perdu des marchés. Conséquence: nombre d'opérateurs peinent à regrouper les 600 tonnes requis pour la mise au travail des navires.
    Au parc de véhicules totalement inadapté s'ajoute la pratique de fausses déclarations. L'annonce de navires "fantôme" en est la plus courante.

    Abashi SHAMAMBA

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc