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Entreprises

La SCIF proposée à ABB

Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

Les problèmes financiers et sociaux ont mis la SCIF à l'agonie. L'entreprise est à l'arrêt total depuis 3 mois. Le rachat éventuel par le groupe ABB pourrait être une bouée de sauvetage. Des négociations sont en cours.


Le rachat de la SCIF (Société Chérifienne de Matériel Industriel et Ferroviaire) par le groupe ABB est en cours de négociations. En contrepartie, la multinationale recevrait la concession de la réalisation du tronçon ferroviaire Taourirt-Nador, selon un responsable du Ministère des Transports. A travers cette reprise, l'activité de la SCIF subirait un redéploiement. Ce rachat permettrait au groupe ABB d'opérer une intégration horizontale au Maroc. Alors que la production de wagons serait abandonnée, les autres secteurs serviraient directement les besoins du projet de Jorf et de la réalisation du tronçon ferroviaire.

Pour la SCIF, si le rachat s'effectue, il s'agit d'une véritable bouée de sauvetage qui lui est proposée. En effet, l'entreprise est à l'arrêt total depuis près de 3 mois. Les investissements de l'entreprise sont menacés. La direction et les cadres boycottent les locaux. Cette situation est l'aboutissement d'un conflit opposant la CDT (Confédération Générale des Travailleurs), unique syndicat de la SCIF, et la direction générale, suite à une décision de mettre en place un plan de restructuration pour l'entreprise. La survie de celle-ci est, selon la direction générale, subordonnée à ce plan. Des réductions d'horaire avaient été opérées en octobre 1995 et n'avaient pas suffi. Aussi, il avait été décidé de procéder au licenciement de 270 personnes pour des raisons économiques. Il s'en est suivi un mouvement de grève qui a paralysé l'activité de l'entreprise.

La SCIF paye actuellement pour ses erreurs passées de gestion économique et sociale. Au niveau de la gestion économique, des investissements trop lourds avaient été réalisés, ce qui a mis en difficulté la structure financière de l'entreprise. En effet, celle-ci a investi près de 25 millions de DH dans une machine à commande numérique, qui ne fonctionnait qu'à 5% de son temps et qui risque, selon M. Sadek Arref, directeur général de la SCIF, d'être détérioré par l'arrêt total de l'activité de l'entreprise. On avait tablé sur une extension du réseau ferroviaire.
Avec ces problèmes, la SCIF est entrée dans une phase d'agonie.
Entreprise privatisable
La SCIF a été créée en 1946 pour la réparation du matériel ferroviaire de l'ONCF, sa maison mère. En raison de l'exiguïté du marché, l'entreprise a diversifié sa production vers d'autres créneaux et s'est mise à la recherche de marchés d'export. Elle s'est lancée dans l'emboutissage et la chaudronnerie en 1970. Puis elle s'est lancée en 1984 dans la fabrication de voitures ferroviaires en collaboration avec la société De Dietrich. En 1989, elle se dote d'un nouveau département pour la coproduction de locomotives et de boggies grande vitesse, des voitures de voyageurs, avec l'assistance technique des groupes GEC Alsthom, De Dietrich, AIF et la collaboration de l'ONCF.

En août 1993, en raison d'une forte intégration verticale des sociétés de distribution gazière, elle a dû abandonner la production de bouteilles de gaz. Cette activité contribue à 25% du CA de la SCIF, selon son dirigeant. La capacité de l'usine était d'un million de bouteilles à usage domestique.
Le capital de la SCIF, entreprise portée sur la liste des privatisables, est de 26 millions de DH. Il est détenu par l'ONCF (24,5%), la BNDE avec 18%, la SCP avec 20%, GEC Alsthom avec 10%, et le reste est reparti entre le groupe français Fauvet Girel et des privés français. Le chiffre d'affaires enregistré en 1994 est de 110 millions de DH contre 140 millions en 1993, déjà en baisse de 9% par rapport à 1992. Les prévisions très pessimistes pour 1995 se situent autour de 90 millions de DH. Le recul en 1993 a obligé l'entreprise à fermer l'atelier bouteilles de gaz. La baisse des marchés de l'Etat pour ce qui concerne la chaudronnerie a également amputé le CA. L'entreprise emploie 555 personnes.

Fatima MOSSADAQ

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