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Economie

La R&D, un filon qui commence à intéresser

Par L'Economiste | Edition N°:2635 Le 22/10/2007 | Partager

. Une nouvelle stratégie lancée. Les mesures et mécanismes de promotion abondent . Les infrastructures et les dépenses laissent encore à désirer LA recherche et développement est désormais le cheval de bataille de toutes les économies du monde. Dans un contexte hautement concurrentiel, son développement est devenu essentiel pour la compétitivité des entreprises. Au Maroc, cette activité commence à peine à être «appréciée» à sa juste valeur. «L’intérêt pour la R&D n’a vraiment commencé à prendre de l’ampleur que depuis une dizaine d’années. Après une première phase de sensibilisation, nous passons à peine à une phase opérationnelle, qui inclut la mise en place de mécanismes concrets», déclare Mohamed Smani, directeur de l’association R&D Maroc. «Le système est en construction, mais malheureusement, pas à la vitesse que nous souhaitons», ajoute-t-il. La réflexion sur la R&D commence donc à bouillonner, et on réfléchit de plus en plus aux moyens à mettre en place pour la doper. En 2006, un premier pas «stratégique» a été lancé par le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique. Ce département a élaboré une vision et une stratégie de développement de la recherche scientifique et technique à l’horizon 2025, ainsi qu’un projet de plan d’action pour la période 2006-2010. Objectif: Mettre à niveau la gouvernance du système national de recherche et d’innovation, renforcer le financement de la recherche et améliorer les infrastructures scientifiques.En parallèle, plusieurs actions ont été réalisées. Comme la création d’un fonds de soutien à la recherche scientifique et développement technologique, la réorganisation de l’enseignement supérieur, la loi 17-97 relative à la propriété industrielle, la création de l’Institut marocain de l’information scientifique et technique (IMIST), etc. Plusieurs mécanismes ont également été mis en place durant les dernières années. Avec une participation active de l’association R&D Maroc. Un réseau de soutien de la création d’entreprises innovantes à travers l’incubation, baptisé Réseau Maroc Incubation et Essaimage (RMIE), a été monté. «La France nous a accompagnés dans ce processus. Actuellement, nous nous penchons sur la création de groupements d’intérêt public qui vont gérer l’incubation», explique Smani. «Pour le moment il existe une dizaine d’incubateurs qui ont travaillé pendant une phase expérimentale de 4 ans. Ils ont débouché sur des résultats qualitatifs très probants», ajoute-t-il.Un incitatif fiscal, sous forme de provision pour la R&D, a aussi été créé en 2000. Il permet de provisionner une fraction du bénéfice fiscal avant impôt, jusqu’à 20%, pour l’affecter à un projet de R&D dans les 3 années qui suivent. «Les entreprises à besoins financiers importants utilisent des fois cette provision pour financer d’autres investissements. Il serait plus judicieux de scinder la provision en deux et de préciser la part liée à la R&D», affirme Smani. Aussi, selon le directeur de R&D Maroc, cette mesure ne s’applique qu’aux entreprises qui dégagent des bénéfices. D’autres solutions devraient être trouvées pour celles qui peinent à en réaliser.Pour favoriser la diffusion de savoir-faire, techniques et technologies, un réseau de diffusion technologique, dédié aux PME/PMI a vu le jour. Il inclut une aide financière plafonnée à 50.000 DH, avec une participation de l’entreprise de 25%. Ce réseau vise essentiellement à soutenir et accompagner tout effort d’amélioration (logistique, produit, organisation, etc.). Durant les 4 dernières années, près de 250 PME/PMI en ont profité. D’après Smani les résultats ont été très positifs. Toutefois, l’aide financière reste modeste. D’après une étude menée par R&D Maroc auprès des industriels, les projets nécessitent, en moyenne, de 500.000 à 600.000 DH.Pour remédier à cela, l’association travaille actuellement sur un incitatif financier qui peut aller jusqu’à 400.000 DH, à condition que l’entreprise y concourre à hauteur de 50%. Il faut aussi qu’elle dispose d’un projet précis, de ressources humaines compétentes pour conduire son projet de développement et d’une convention avec un laboratoire universitaire ou un centre de compétence. Toutes les PME/PMI sont concernées, sauf celles qui oeuvrent dans les télécoms, puisqu’elles bénéficient déjà d’un fonds de restructuration et de R&D.D’autres mécanismes ont suivi, comme le fonds d’amorçage «Sindibad», créé par la CDG en 2002, les Fonds de Capital risque/développement, le Réseau de génie industriel (formation des entrepreneurs, accompagnement des entreprises dans toute démarche visant à améliorer leur productivité, financement des prestations technologiques), les Centres techniques chargés de la veille technologique en faveur des entreprises, le programme Innov’Act, etc. Le Maroc ne dispose pas de stratégie nationale «globale» relative à la R&D. «Il faut adopter une vision stratégique générale et globale qui mobilise tous les acteurs. Les universités, les différents départements ministériels, et tous les intervenants, depuis ceux qui créent jusqu’à ceux qui utilisent. Avec comme finalité la création d’emplois et de richesses», affirme Smani. Il existe cependant un comité interministériel chargé de la R&D, qui a été créé en 2003. Mais il se cantonne au secteur public. «Sa réflexion devrait inclure l’entreprise. Il devrait aussi se pencher sur la mise en place d’une loi sur l’innovation, avec des définitions claires. Ceci éviterait de nombreux blocages», estime Smani.Pour développer la R&D, le Royaume devrait renforcer et pérenniser les mécanismes nouvellement mis en place. Tout en adoptant des choix stratégiques adaptés à son contexte et à ses priorités. Ceci est d’autant plus vrai que le Maroc se situe parmi les pays à faibles résultats en ce qui concerne l’accès à la technologie étrangère. Il devra donc retrousser ses manches et relever le défi du développement du savoir et du savoir-faire.


Maigre bilan

Actuellement, le Maroc est classé 6e parmi les pays en voie de développement qui enregistrent les plus importantes demandes de brevet mondial (PCT). La Chine en occupe le premier rang, suivie de l’Inde, Singapour, l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Egypte. Côté Afrique du Nord, le Maroc est classé, conjointement avec la Tunisie, deuxième après l’Egypte.Le Royaume ne dépense pas encore assez en R&D. Il n’y consacre que quelque 0,8% de son PIB. Soit près de 3,5 milliards de DH. Mais il ambitionne de faire passer cette part à 1% en 2010. Comparativement à d’autres pays, cette part reste faible, même si elle a beaucoup progressé depuis 1998, où elle n’était que de 0,3%. Par exemple, la France y consacre près de 2,1% de son PIB, la République tchèque 1,27%, la Corée du Sud 2,85%, la Suède 4% et le Japon plus de 2,5%.


R&D Maroc

R&D Maroc participe à l’élaboration et la promotion de toutes les mesures en faveur de la R&D. Au même titre que le département chargé de la recherche scientifique, la division chargée de la recherche et de l’innovation au sein du département de l’industrie, le comité permanent interministériel de la recherche scientifique et du développement technologique, et l’Académie Hassan II des sciences et techniques. Elle organise plusieurs séminaires, ateliers, colloques et manifestations relatifs à cette activité. Dans les semaines à venir, l’association compte mettre en place des événements concernant l’innovation et benchmark, ainsi que les brevets d’invention. En mai 2008 elle organisera la 6e édition du salon de l’innovation. Actuellement elle organise la 5e édition du concours national de l’innovation, qui a débuté le 1er octobre. Il se terminera le 31 décembre prochain. R&D Maroc a été créée en 1997. En 2001, elle a été reconnue d’utilité publique. En juillet dernier, à l’occasion de l’anniversaire de sa création, elle a monté un club des responsables R&D dans les entreprises.Ahlam NAZIH

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