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Entreprises

La RATC teste "le transport de luxe"

Par L'Economiste | Edition N°:98 Le 07/10/1993 | Partager

La RATC vient de lancer un nouveau service, "le transport de luxe". Pour l'instant, l'opération est encore à la phase de l'essai. Les recettes pourraient renflouer les finances de la Régie, comme celles du Moumtaz avaient redressé celles de la CTM.

Une vingtaine des 100 bus, récemment importés par la RATC, assurent actuellement un transport de première classe. Ces bus, identifiés par une plaquette indiquant "express". desservent des lignes "bien choisies", selon l'expression même de M. Hachimi Alaoui, attaché de direction à la régie.

Par cette nouvelle offre, la RATC essaye, avant tout, de s'aligner sur ses autres concurrents privés. Si le marché accueille favorablement ce produit/service, la direction de la Régie l'intégrera en tant que source d'autofinancement dans le cadre de son programme de redressement.

L'entrée des concessionnaires privés sur le marché des transports urbains a révélé l'existence d'un nouveau profil de voyageur/client. Naguère insatisfait par l'offre monopolistique de la RATC, ce consommateur montrait qu'il était désormais prêt à payer un plus en terme de prix quand la qualité est au rendez-vous. Sur ce segment du marché (transport de luxe), les concessionnaires privés pratiquent aujourd'hui un leadership incontestable. La RATC, plongée dans un déficit d'exploitation chronique, tire donc la leçon. Elle teste, ces jours-ci, sur le marché un produit/service semblable à celui de ses concurrents, en terme de qualité mais aussi de prix (2,5 DH/ticket). Objectif: récupérer, voire arracher, une partie de la clientèle ciblée par les autres concessionnaires.

Moyen d 'autofinancement

En fait, la RATC adopte, sur ce segment du marché, une approche commerciale agressive où la concurrence, déloyale ou non, reste très intense. Elle attaque ses concurrents sur leurs propres fiefs, avec des bus climatisés, confortables (pas de voyageurs debout) et rapides. Tel est le cas de la ligne 35 (Place Maréchal Cité de l'Air-Hay Férara), une des lignes les plus rentables de Rahabus. Ou encore de la ligne 6 (Place Maréchal - Derb Ghallef - Quartier des hôpitaux-Sidi Maârouf), une des lignes stratégiques de Zahraoui Américar. Il en est de même pour la ligne 30 (Lhjajma-Place Albert 1er-Gare ONCF) où Aman-Bus est fortement implanté. "Le choix est assez judicieux, commente M. Alaoui, les lignes desservies connaissent une grande affluence".

A l'heure actuelle, la direction de la régie s'interdit de donner de pronostic sur le succès ou non du nouveau service. "Il faut attendre au moins un mois pour avoir les premières statistiques et pouvoir juger", explique la direction. Si le test s ' avère concluant, ce nouveau service conserva un excellent moyen d'autofinacement pour la Régie. Cette dernière, quoique reconnue comme un service public d'intérêt général, doit compter "sur ses propres moyens" pour remonter son déficit d'exploitation et consolider son programme de redressement.

Au terme de l'exercice comptable de 92, la RATC a ainsi enregistré un manque à gagner de 40 millions de DH, indique M. Alaoui. L'année dernière était marquée par la grève prolongée des employés. Le conflit avait propulsé la RATC au-devant de la scène. Ressortaient alors en filigrane les problèmes types de gestion que rencontre un "service public social" confronté à la concurrence et au maintien du prix.

Le monopole légal que détient la Régie s'effrite ainsi sur le marché sans contrepartie. Les concessionnaires privés du transport urbain travaillent toujours au bénéfice d'une dérogation à ce monopole. "Or, révèle M. Alaoui, ils doivent actuellement à la Régie une redevance de 30 millions de DH qu'ils n'ont jamais payée". A cela s'a joutent des impayés de 10 millions de DH, mis sur le dos de départements ministériels et de la Wilaya de Casablanca pour transport du personnel et autres manifestations (...).

Enfin, outre le manque à gagner sur le scolaire, évalué à 40 millions de DH/an, la RATC perd 0,40DH par ticket, actuellement fixé à 1,6 DH .

"Les tarifs sont politiques", commente sans ambages la direction.

Résultat, avec un parc de 610 bus et une consommation de 35 tonnes de carburant/jour, la RATC arrive à peine à dégager une recette quotidienne de 450 mille de DH. Environ 55 % de la recette est absorbée par les charges du personnel. Le reste ne suffit pas à couvrir les charges d'exploitation..

A.Z.

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