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Politique

La mutation d'un président de conseil communal en gestionnaire

Par L'Economiste | Edition N°:1079 Le 13/08/2001 | Partager

. La recette de Hafid Boutaleb, président de la Commune Agdal Ryad de RabatHafid Boutaleb, 52 ans, s'affale sur son grand fauteuil et pousse un ouf de soulagement. Il vient de terminer une réunion de la commission de l'enseignement supérieur au sein de l'USFP qui lui a pris pratiquement toute la journée. Tout en étant président de la Commune Agdal Ryad, ce docteur en physique n'a pas coupé avec le monde académique. Professeur universitaire, il est également directeur du laboratoire de physique théorique à la Faculté des Sciences de Rabat. Les téléphones n'arrêtent pas de sonner dans son bureau. Boutaleb doit gérer plusieurs “choses” à la fois. Sans se défaire de son sourire discret, il assure que le fait de diriger une zone habitée en majorité par des cadres n'est pas “un coup de chance”. “Cette gestion n'est pas de tout repos comme cela peut paraître”, poursuit-il en fronçant les sourcils.Cet usfpéiste a suivi les dossiers de la commune dès le départ, c'est-à-dire depuis sa création en 1992, en tant que vice-président d'abord puis président par la suite. Priorité des priorités: l'urbanisme. Initialement planifiée zone villa, l'Agdal devait être transformée en zone immeuble. De même, le nouveau quartier Hay Ryad était un chantier ouvert. Il l'est encore.Boutaleb évoque aussi le problème des terres Guich qui empoisonne le quotidien de la commune depuis des dizaines d'années. Près de 3.500 propriétaires demandent au Ministère de l'Intérieur des indemnisations pour leurs lots vendus. La zone Agdal Ryad est bâtie sur un territoire collectif. Maintenant, le problème est en passe d'être réglé.Pour Boutaleb, les entraves à la réussite de la gestion communale sont souvent dues à une mauvaise répartition des ressources. Dans la plupart des communes, la masse salariale accapare la plus grande part et piétine sur la véritable mission communale. A l'Agdal, le défi “une commune prestataire de services” a été réalisé selon “la loi des trois tiers”: le premier pour le service, le deuxième pour la masse salariale et le troisième pour l'investissement. Extension de la voirie, rationalisation de l'éclairage public… la Commune Agdal Ryad a inscrit sur sa carte de route beaucoup de projets avec une touche d'innovation. Elle est la première à s'être dotée d'un tableau électronique où défilent toutes les informations locales (météorologie, environnement, rendez-vous culturels…). Il est situé sur l'avenue des Nations Unies en face de la Faculté de droit. Un autre sera prochainement installé à la place Ibn Sina. Agdal Ryad est aussi la première commune à avoir concédé un service intégré. En plus de la collecte, la société concessionnaire a pris en charge le balayage des rues, leur lavage, le tri des ordures et la sensibilisation des habitants. Un travail qui s'est ressenti sur l'état des rues, devenues constamment propres. Contrairement aux idées reçues, Boutaleb assure que le travail communal est “innovateur” surtout lorsqu'il est piloté par une équipe compétente. Or, la compétence se paye. Car il ne suffit pas de compter sur le militantisme des élus mais savoir les rémunérer en alignant leurs indemnités sur celles des parlementaires. Pour ce gestionnaire, les élus s'impliqueront plus dans leur travail quotidien et ils ne lorgneront pas le siège parlementaire puisqu'ils percevront la même rémunération. Mais le président de la Commune d'Agdal Ryad veut être plus percutant. Pour lui, le véritable mal des communes reste la tutelle du Ministère de l'Intérieur. Celle-ci a longtemps sacrifié une vision autocratique, empêchant les entités locales d'accomplir leur travail à partir de la réalité du terrain et protégeant des élus véreux “adeptes du système”. Résultat: le poste de président est devenu synonyme d'enrichissement rapide.“Dans aucune législation, la volonté populaire n'est sous la tutelle de l'Administration”, poursuit cet universitaire. Le débat a été soulevé au moment de l'élaboration du projet de la charte communale auquel il a participé en tant que membre de la Koutla. Le constat est sans appel. Un élu est l'émanation de la volonté populaire et il ne doit pas être géré par les fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur. “Cela pouvait se comprendre quand les élus étaient illettrés surtout que les communes gèrent des budgets énormes. Maintenant, seulement 12% le sont encore”, argumente Boutaleb. Le responsable propose une formule relâchée à l'image des entreprises publiques. Les communes géreront leurs dossiers d'une manière indépendante et rendront compte par la suite.Nadia LAMLILI

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