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    Economie

    La morosité s'installe dans les mines

    Par L'Economiste | Edition N°:89 Le 22/07/1993 | Partager

    Globalement, les résultats financiers du secteur minier pour 1992 sont préoccupants. Il y a néanmoins des entreprises qui "s'en sortent", notamment celles du groupe ONA

    Le secteur minier s'enfonce dans la morosité. La baisse des cours des principaux produits sur les marchés internationaux et l'essoufflement de l'activité économique du pays compromettent, pour le moment, les chances d'une rapide reprise. Les professionnels ne désespèrent pas pour autant. "Les opérateurs croient à la mine compte tenu des potentialités marocaines. Les crises sont passagères et il y a toujours un espoir de reprise", explique M. Taya Benmlih, secrétaire général de l'Association des Industries Minières (AIMM). La preuve en est que la profession maintient son plan d'action fixé en 1991. Les aménagements juridiques et fiscaux réclamés par la profession butent encore, mais les préoccupations écologiques font une entrée discrète dans le paysage minier.

    Reflétant des évolutions contrastées, les résultats financiers de 1992 confirment, en effet, l'état de morosité du secteur (1).

    L'indice révélateur reste le chiffre d'affaires global qui a enregistré une chute de 12,3% à un peu plus de 11 milliards de DH par rapport à 1991. A l'exportation, le CA a baissé de 13,5% à près de 9,9 milliards de DH sous l'effet de l'atonie de la demande occidentale. Celle-ci découle du comportement des pays de l'ex-URSS et de la Chine sur les marchés internationaux. "Massives, anarchiques et à des prix à la limite du dumping, les exportations des matières premières minérales des pays de l'ex-bloc soviétique et de la Chine ont pesé lourdement sur les marchés occidentaux", souligne le même rapport. La déprime des marchés s'est aggravée avec "l'annonce de la vente des stocks stratégiques américains".

    A cet environnement économique hostile s'ajoute la montée en puissance du discours écologique en Europe qui considère "tout ce qui vient du Sud comme substances polluantes" . Les marchés deviennent de plus en plus difficiles à pénétrer car "les concurrents ne sont pas toujours les mêmes, commente le bureau de l'association et d'ajouter: "chaque jour nous doublons notre capacité de résistance pour être plus agressifs sur le plan international". La survie du secteur passe, entre autres, par l'amélioration du cadre juridique et fiscal de l'activité.

    Déjà en 1991, les mineurs réclamaient des réformes juridiques et des assouplissements fiscaux adaptés à leur profession. En 1992, seul le texte sur le règlement minier est fin prêt. Il a fait l'objet, au sein de l'Association, d'une Journée de réflexion. Des retouches lui ont été apportées mais il n'a pas été "officialisé" et risque de sombrer dans les labyrinthes des blocages de procédures, à l'image du projet sur le statut du mineur, s'inquiète la profession. "Ce projet n'est plus actuel et on souhaiterait qu'il fasse l'objet d'une remise à jour", précise le bureau de l'AIMM. L'Association a adressé aux pouvoirs publics un mémorandum où elle insiste sur "l'approbation rapide du projet de règlement minier (...) et sur la réforme du statut du mineur".

    Dans la foulée des projets de codification, un texte sur l'environnement relatif au secteur minier a été préparé par le Ministère de l'Energie et des Mines. Les professionnels proposent l'institution d'une provision pour la protection de l'environnement (PPE) à l'image de la provision pour la reconstitution du gisement (PRG). La PPE vise le financement des projets de lutte contre la pollution et la restauration des sites et des exploitations minières.

    Sur le plan fiscal, le secteur avait demandé à bénéficier des mêmes avantages que ceux accordés aux exportateurs et à être dispensé du versement de l'acompte provisionnel et de la cotisation minimale . Il attend toujours .

    Face à ces obstacles juridiques et fiscaux, l'effort est porté sur le management. Les entreprises minières, n'ayant aucune maîtrise des prix de vente, déterminés par le jeu de l'offre et de la demande sur les marchés internationaux, tablent sur la minimisation des coûts des facteurs de production.

    La mise en liquidation de la mine de Djebel Al Aouam reste "un cas particulier" malgré la situation du secteur. L'inauguration officielle de la mine de Guemassa en décembre dernier, avec un investissement de 850 millions de Dirhams(2), montre bien que même dans une période de morosité économique, "un mineur croit toujours dans la mine" comme disent les professionnels.

    A.Z.

    (1) Cf. L'Economiste n°39 du jeudi 23 juillet 1992.

    (2) Selon le rapport de l'AIMM, l'investissement de la mine de Massa est de l'ordre de 850 millions de DH. Le rapport d'activité de l'O.N.A pour 1992 donne le montant de 830 millions de DH. Les deux chiffres ne sont pas incompatibles puisque cela dépend des éléments qu'on comptabilise effectivement.

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