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    Tribune

    La mondialisation tire-t-elle nos régions vers l'inconnu?

    Par L'Economiste | Edition N°:598 Le 20/09/1999 | Partager

    · Elle est conçue et reproduite dans des instituts de recherche spécialisés
    · L'unanimité dont elle fait l'objet est le résultat d'un forcing de l'histoire


    La mondialisation, cette doctrine qui érige le libéralisme et l'économie de marché en dogmes sacrés marquera sans doute le troisième millénaire et la vie des peuples bien que ceux-ci ne soient pas ses vrais artisans. L'unanimité, dont elle fait l'objet à travers la planète, est le résultat d'un forcing de l'histoire et l'adhésion à ses idéaux vrais ou faux est facilitée par un consensus quasi général qui fait que les récalcitrants seront vite mis en quarantaine et condamnés à l'isolement.
    Appréhender donc les interactions entre la mondialisation et nos régions n'est pas un simple jeu d'esprit, mais une tentative de comprendre les enjeux de ce choc économique, social et civilisationnel.
    Ces deux espaces (régional et mondial) sont-ils complémentaires, antagoniques ou concurrentiels? ont-ils les mêmes objectifs où chacun cherche-t-il à dominer l'autre sans dévoiler ses intentions belliqueuses et hégémoniques? Quel est le facteur déterminant qui les meut respectivement et où se croisent leurs chemins?
    Mais avant de répondre à ces questions, identifions quelques limites intrinsèques à la problématique régionalisation-mondialisation.
    D'abord, si la région a des contours géographiques définis et limités, la mondialisation abolit les frontières, et si celles-ci existent, elle les repousse indéfiniment. Par conséquent, la bataille rangée est non seulement inégale, mais est surtout déséquilibrée. Le plus faible cherchera à se protéger du plus fort et le seul moyen dont il dispose est d'aller le combattre sur son propre terrain, c'est-à-dire en quittant ses frontières, et infiltrer les terrains adverses.
    Schématiquement, la région devra sortir de son giron pour renforcer ses positions, mais la mondialisation veut aussi que les règles du jeu soient respectées en ouvrant elle-même son territoire aux autres, au risque d'être étouffée si elle ne prend pas le soin de se restructurer en planifiant son développement sans rien laisser au hasard. La notion de frontière est tellement pertinente dans ce cas que la nôtre est perméable et l'autre en face de nous, nord-américaine ou européenne, est de moins en moins accessible à nos exportateurs. Pour preuve, notre déficit commercial se creuse de plus en plus et nos produits stratégiques perdent du terrain, ce qui déroute nos producteurs. C'est ainsi que la partie marocaine reçoit des coups de la part des thons thaïlandais, nos oranges et autres fruits sont pressés sous les pieds de fanatiques protectionnistes européens, et les tarifs de nos matières premières naturelles sont fixés dans les Bourses de Londres ou d'ailleurs. Pour clore ce premier point, il est nécessaire que les régions créent leurs propres instances de promotion des exportations et participent à identifier de nouvelles filières porteuses. Les budgets de la région et des communes devront alors conserver une part à des projets communs d'infrastructures et d'équipements collectifs utiles et nécessaires à l'incitation des investisseurs pour décider en faveur de ces régions, dans la mesure où aucune collectivité, à elle seule, n'est capable de réaliser de grands ouvrages publics capitalistiques (autoroutes et routes, aéroport ou port zones industrielles, etc).
    Ensuite, si la région dispose de moyens financiers modestes et de ressources insuffisantes avec une lenteur dans les affectations faute de textes d'accompagnement.
    Enfin, les régions sont gérées par des élus qui ne consacrent qu'une infime part de leur temps aux affaires régionales et sont aidées par un encadrement technique et administratif qui se forge une compétence sur le tas. La mondialisation est conçue et reproduite dans des instituts de recherche (think-tank) spécialisés où des chercheurs et experts façonnent la pensée neolibérale prêchée par les partis politiques et les organisations de masse. Encore une fois, le jeu est inégal et les régions ont plus que jamais besoin de s'entourer de compétences sûres pour prévenir les risques d'une mondialisation foudroyante.
    Face à cette dominance des forces financières et industrielles, on aura à faire soit à des régions mondialisées, fortes et récipiendaires de capitaux et d'investissements, soit à des régions fermées et dépendantes des subsides de l'Etat. La mondialisation dans ce cas peut provoquer et accentuer les déséquilibres déjà apparents entre les régions, ce qui nécessite de l'Etat un intérêt particulier pour ces dernières.
    A coup sûr, la mondialisation révélera au grand jour des régions qui s'adaptent et résistent à ses influences, et d'autres qui bénéficieront tout au plus d'un statut de région assistée et insolvable.
    Pour conclure donc, les régions convergentes sont prédestinées à un avenir rassurants contrairement aux régions divergentes à l'avenir incertain! o

    N.B.: L'auteur de cet article s'exprime à titre personnel.


    L'oeuvre de méga-groupes internationaux


    La mondialisation est l'oeuvre de méga-groupes internationaux qui partagent le monde en zones d'influences et fusionnent leurs intérêts pour modérer leurs appétits et accroître leur pouvoir. Elle utilise pour étendre ses tentacules la Banque Mondiale, le FMI, l'AMI, l'OMC et le GATT pour démanteler les souverainetés nationales et affaiblir les élites privées régionales, obligées d'insérer leurs unités de production ou de commercialisation dans des formules de partenariat ou joint-ventures qui ne sont rien d'autre que de nouvelles formes de dépendance et d'aliénation. Dans ce contexte, un rapport de force inégal entache les relations entre les régions et les instruments de la mondialisation qui verront en elles un marché potentiel pour leurs produits, accessible, tandis que pour les régions encore au stade de la construction, les impératifs de développement relèvent de plusieurs ordres national, régional et local, ce qui génère une confusion et un attentisme coûteux, mais avantageux pour les sociétés occidentales organisées, structurées et appuyées par des Etats devenus facilitateurs du déploiement du capital à l'échelle planétaire.

    Tayebi GUEMOURIA, directeur de la CCIS/M

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