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    La mondialisation gronde et provoque des cassures

    Par L'Economiste | Edition N°:913 Le 11/12/2000 | Partager

    . Le rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies (RAMSES 2001) offre deux livres en un: une analyse de quelques grandes tendances mondiales et un panorama thématique de l'actualité récente. Les pays industrailisés découvrent la «Net économie«, ses enjeux et ses risques. Nécessaire au décollage économique, l'ouverture peut générer de nouvelles exclusions«Réalité, la mondialisation est ausi un mythe: celui de l'uniformisation, de l'abolition des identités et de l'écrasement des faibles. Elle alimente les peurs, comme tout ce qui dérange, ce que l'on ne comprend pas bien«, écrit M. Thierry de Montbrial(1) dans «Perspectives à la fin du millénaire«.Sur 373 pages, l'équipe de l'IFRI (Institut Français des Relations Internationales) propose dans le rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies (RAMSES 2001) deux livres en un. Ce travail collectif présente ainsi une analyse de quelques grandes tendances mondiales et un panorama thématique de l'actualité récente. Le RAMSES 2001 contient aussi des chronologies avec des repères de l'actualité politique, économique, sociale et internationale de l'année écoulée (d'août 1999 à juillet 2000), des cartes illustrant des faits majeurs de l'actualité (mafias et criminalité, conflits mondiaux, problèmes liés à l'environnement et l'eau...). Le monde en chiffres comprend notamment des tableaux fournissant des données de bases économiques et sociales pour près de 150 pays.Dans son introduction, Thierry de Montbrial replace la mondialisation dans l'histoire. Il en analyse la permanence et l'incessant renouvellement, et en démontre les mythes pour en dégager les vrais enjeux. Pour lui, le XXème siècle aura vu une explosion du savoir et des pratiques sans précédent dans l'histoire de l'humanité. «De nombreux signes indiquent que le XXIème siécle, quel que que soit l'état des connaissances, l'homme continuera, et peut-être même plus ouvertement qu'au cours du passé récent, à s'intéresser aux correspondances possibles entre le microcosme et le macrocosme, et à rechercher l'absolu à travers la religion«. La fin du millénaire est marquée par l'ascension des Etats-Unis. Ils achèvent cette fin de siècle au faîte de leur puissance, mais n'ont plus la même propension à assumer le leadership du système international que celle dont ils ont fait preuve après la Seconde Guerre Mondiale et durant la guerre froide. «Jamais dans le passé un Etat ne s'est -si l'on peut dire- senti aussi bien dans sa peau, et n'a jouit d'une puissance économique et militaire lui permettant à priori d'exercer immédiatement une influence déterminante à n'importe quel point de la planète«. Après l'écroulement de l'Union soviétique, l'Amérique ne se heurte à aucun contrepoids massif. Encore amorphe, l'Union Européenne est un concurrent un peu décalé, mais sérieux et «de faible consistance politique«.Décliné en dix chapitres, le RAMSES 2001 décortique les grandes tendances mondiales. La première partie, intitulée «mondialisation, innovation, exclusion« est consacrée à l'avénement de la nouvelle économie, fondée sur le développement «fulgurant« des technologies de l'information et de la communication (TIC). D'ores et déjà, ces TIC transforment l'économie de la production et des échanges entre les pays industrialisés et soumettent leurs sociétés et leurs politiques à de nouveaux défis. Les pays développés découvrent les perspectives de la «Net économie« mais aussi ses risques. . Des start-up émergeront les leaders de demainL'auteur de ce chapitre, M. Pierre Jacquet, se penche sur l'économie américaine, terroir de la «Net économie« et l'explosion des TIC. Pour lui, le signe le plus distinctif de l'expansion de l'économie américaine reste, après toutes ces années, la persistance d'un rythme de croissance rapide, même si le consensus et les faits, à l'été 2000, semblent confirmer la perspective d'un ralentissement attendu à partir du deuxième semestre de la même année. Un deuxième signe distinctif, poursuit l'auteur, tient au comportement des prix des actifs. «L'euphorie boursière ne s'est pas démentie depuis plusieurs années. En moyenne, en moins de 10 ans, les patrimoines boursiers ont vu leur valeur multipliée par trois«. Troisième signe distinctif, la rapidité de l'innovation. Le leadership américain en matière de technologies de l'information et de la communication est incontesté. Selon M. Jacquet, le processus d'innovation et le lien entre la recherche scientifique et le développement de nouveaux produits se sont appuyés de façon déterminante sur la dynamique des start-up. Ces dernières «fournissent un véritable champ d'expérimentation dont émergeront les leaders de demain«. Microsoft, rappelle l'auteur, a d'ailleurs démarré comme une start-up en 1975 avec trois employés autour du développement d'un programme Basic pour le premier ordinateur personnel, l'Altair. Les start-up fournissent également souvent des options de croissance externe pour les grandes entreprises qui rachètent celles qui réussissent ou y prennent des participations. «La Silicon Valley est parfois décrite comme une sorte de supermarché de l'innovation dans lequel les grandes entreprises américaines ou étrangères viennent faire leurs achats«.Pour M. Jacquet, le développement des start-up a beaucoup bénéficié, aux Etats-Unis, non seulement de la capacité d'attrait de main-d'oeuvre très qualifiée, mais aussi du soutien du système financier, dans lequel le capital-risque a joué un rôle déterminant. Ce dernier est beaucoup plus développé aux Etats-Unis qu'en Europe et au Japon. Les investisseurs y participent au management des entreprises dans lesquelles ils prennent des participations: ils proposent donc, non seulement des ressources financières, mais également un partenariat dans l'organisation et un accompagnement qui peuvent être déterminants.. Les fusions, des échecs? Comme la vague des TIC, partie des Etats-Unis, celle des fusions-acquisitions impressionne et suscite bien des questions. La première concerne la rentabilité d'opérations dont les protagonistes, responsables d'entreprises et banquiers, donnent souvent une interprétation financière. Dans cette perspective, avance Frédérique Sachwald, «l'évolution des cours des actions amène les observateurs à conclure que les aquisitions sont souvent des échecs pour les acheteurs«. Ces échecs sont nombreux, poursuit l'auteur, y compris dans les secteurs de haute technologie où les cibles sont souvent concentrées sur une gamme de produits limitée. Les anecdotes fourmillent en particulier sur les difficultés que rencontrent les entreprises pour réussir la fusion de deux équipes dont les cultures sont opposées.Les études statistiques menées sur les fusions-acquisitions des années 80 et du début des années 90 confirment l'idée que la multiplication de ces opérations s'explique par l'ampleur des restructurations nécessaires. «Elles sont concentrées dans les secteurs où le jeu concurrentiel s'est fortement modifié et donne effectivement lieu à d'importantes réorganisations des actifs des entreprises«.Au cours des années 80, les fusions-acquisitions ont notamment servi à réduire les capacités dans les secteurs ébranlés par les chocs tels que les crises pétrolières, la concurrence internationale ou encore la déréglementation. Changement de tendance dans les années 90. Les fusions-acquisitions sont plus motivées par des stratégies de croissance dans de nouveaux secteurs.«Dans la mesure où les fusions-acquisitions sont des instruments de restructuration et accélèrent la destruction créatrice, elles contribuent à l'amélioration de l'efficacité productive des économies«. Dans certains secteurs, souligne Frédérique Sachwald, les nombreuses fusions-acquisitions ont entraîné un accroissement sensible du degré de concentration, qui peut faire craindre pour le processus de concurrence.Ainsi, la mondialisation de l'industrie automobile avait réduit la concentration des ventes sur les différents marchés dans les années 80, avant que les fusions-acquisitions de ces dernières années n'inversent la tendance. En 1999, rappelle l'auteur, les six premiers groupes mondiaux totalisaient 70% du marché mondial et la part du premier constructeur, General Motors, dépassait 15%. Cette concentration reste inférieure à ce qu'elle était des années 50 aux années 70.Concernant l'industrie pharmaceutique, elle reste relativement peu concentrée, mais les nombreuses fusions-acquisitions ont considérablement accru la part de marché des grands groupes.. Moins armésDans le sillage de tous ces mouvements, quel est l'avenir des pays en développement? C'est la question à laquelle tente de répondre Françoise Nicolas. Elle étudie les enjeux de la mondialisation pour ces pays. Nécessaire au décollage économique, l'ouverture ne suffit pas à garantir le développement et peut générer de nouvelles exclusions. Les pays en développement sont en particulier moins bien armés que les pays industrialisés pour faire face aux coûts économiques et sociaux qu'implique la mondialisation. Cette dernière pose ainsi des problèmes d'ajustement à toutes les économies qui y sont confrontées, estime Françoise Nicolas. A cet égard, «la situation des pays en développement n'est pas fondamentalement différente de celle des économies industrialisées, mais le problème est que les premiers sont moins bien armés pour faire face à ces coûts et que les seconds ont la main haute sur les institutions financières internationales, ce qui les place en position plus favorable«. L'histoire économique des dernières décennies, en particulier la réussite spectaculaire des économies dynamiques d'Asie, conclut l'auteur, «suggère que la participation à la mondialisation présente in fine des bénéfices, même si elle comporte aussi des coûts et impose des contraintes«. (1) Thierry de Montbrial est membre de l'Académie des sciences morales et politiques et directeur de l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI).


    Les records des fusions-acquisitions

    On 1999, le total mondial des fusions-acquisitions a battu un record, atteignant 3.435 milliards de Dollars, soit une hausse de plus de 30% par rapport à 1998 (2.620 milliards de Dollars). Pour 1999 toujours, les fusions-acquisitions ont représenté près de 11,4% du PIB en France et 12,3% en Allemagne. Au cours de cette même année, c'est au Royaume-Uni que les fusions-acquisitions ont été les plus importantes, atteignant plus de 25% du PIB. La multiplication des opérations européennes a fait passer le montant des fusions-acquisitions de 589 millions de Dollars en 1998 à 1,2 milliard en 1999 (alors qu'aux Etats-Unis la croissance s'est tassée). En 2000, le nombre des opérations se réduit au 2ème trimestre, mais le montant global des fusions-acquisitions a atteint un nouveau record pour les six premiers mois, à 1.882 milliards de Dollars (Thomson Financial Securities). . Le poids mondial des TICCe sont les pays de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) qui dominent la production de biens et de services du secteur des TIC, revendiquant une part de plus de 80% (95% pour l'équipement en radio, radars et télécommunications). Les Etats-Unis sont de loin le leader avec 30% du total. Mais les économies dynamiques de l'Asie (Hong Kong, Malaisie, Singapour, Taïwan et Thaïlande) produisent chacune plus de 3% du total en moyenne. La valeur ajoutée du secteur des TIC représente entre 2,5 et 4,5% de la valeur ajoutée totale dans les pays de l'OCDE en 1997 (données les plus récentes). Mais l'intensité de ces industries, c'est-à-dire le ratio au PIB de la dépense totale qui se porte sur leur production, s'élève en moyenne à 7%. Le marché mondial des TIC a crû en moyenne de 9% par an depuis la seconde moitié des années 90, pour atteindre en 1999 plus de 2.000 milliards de Dollars. Les experts prévoient que le marché dépassera 3.000 milliards en 2004. Meriem OUDGHIRIDemain: Les puissances criminelles

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