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La mode marocaine dans la farandole des défilés parisiens

Par L'Economiste | Edition N°:616 Le 14/10/1999 | Partager

· Défilé de tenues traditionnelles dont SAR la Princesse Lalla Hasna était l'invitée d'honneur
· Six stylistes marocains, dont un homme, pour sublimer le costume marocain
· Plusieurs grands créateurs européens ont applaudi cette manifestation au Carrousel du Louvre


Les collections de prêt-à-porter féminin printemps-été 2000 battent leur plein au Carrousel du Louvre à Paris. Le moment était choisi pour le Maroc qui a décidé d'y apporter sa somptueuse et dépaysante contribution avec six stylistes marocains.
Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasna a présidé, dimanche soir, cette manifestation de prestige organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du Président de la République Française, M. Jacques Chirac.
Ce défilé, considéré comme une première dans le monde de la création de la haute couture marocaine, s'est déroulé en présence de plus de 1.500 invités dont des noms prestigieux de la haute couture comme Jean-Louis Scherrer, Yves Saint-Laurent ou encore le directeur de la maison Christian Dior. Ces professionnels de la mode ont pu apprécier la richesse et la diversité du costume marocain, mélange subtil entre culture séculaire et modernité, et constater la fascination que les traditions vestimentaires marocaines ont exercé sur les grands créateurs européens.
Au bout d'un long podium que limitait symboliquement un moucharabieh d'ombres et de lumières sont tout d'abord apparus les caftans de Mme Tami Tazi, représentante au Maroc de la maison YSL. Lente procession, au son d'un chant de femmes, interprétations en soie, velours et satin, toujours richement rebrodés, du plus traditionnel des vêtements. Le nom de Zineb Joundy fut accueilli par une ovation de ses fans et Jean-Paul Gaultier, venu en voisin, a chaleureusement applaudi les tenues des princesses du désert de la plus sobre, burnous en velours pain brûlé sur robe de soie sable, à la plus spectaculaire, une cape de lourd velours bleu nuit s'ouvrant sur des mousselines exubérantes, fleuries et rebrodées. Rappelons que cette styliste est une militante de l'Afrique sahélienne. En 1998, elle a représenté le Maroc au 1er Festival International de la Mode Africaine (FIMA), organisé dans le désert du Ténéré et a plusieurs fois présenté ses modèles au profit de l'organisation charitable éthiopienne, l'Ethiopian Children's Found.
Côté hommes, le styliste Karim Tassi, qui proclame que «l'art doit naître du brassage des cultures», a apporté un vrai dépaysement dans le défilé des belles orientales. Un choc presque culturel mené à longues enjambées par des corsaires acidulés habillés de blousons en toile, des shorts très courts aux couleurs claquantes, que font semblant de voiler, infime concession, les longs pans de turbans aux teintes sourdes.
Karim Tassi, qui a lancé sa griffe il y a tout juste un an, est résolument moderne. Ses rares djellabas à capuche sont en nylon laqué et tous les vêtements se transforment: manches amovibles et poches détachables.
Au son des fifres, Fanou a ramené une salle conquise, à travers le temps, au pays des mille et une nuits. Fille inspirée de Sheherazade, parrainée par Balmain et qui fut collaboratrice d'Emmanuel Ungaro, Fanou sème des poussières d'étoiles sur des corolles en velours fluide et enlace de lourdes ceintures d'or et d'argent, des superpositions de mousseline qui donnent la nostalgie des harems.
Amina Benzekri Benrahal, mêlant tradition et modernité, a présenté des princesses en caftans de velours noirs, de satin vert, toujours enrichi de chebka, les exubérantes broderies d'argent. Elle masque ses mannequins de voiles arachnéens et de résilles éloquentes qui soulignent encore plus le regard.
Au Maroc, sa terre d'élection, YSL a trouvé le plus coloré de son inspiration. Ses modèles, qui ont clos en point d'orgue la manifestation, empruntaient aux zouaves des "sarouals" taillés dans des mousselines à grosses fleurs et des "chéchias" de grosses tresses blanches.
Puis ultime hommage au désert, alors que s'accélérait le battement des derboukas, deux princesses berbères au front souligné de perles et de sequins, glissant silencieusement sur leurs babouches, ont refermé la grille du moucharabieh.

Radia LAHLOU (MAP, AFP)

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