Dossiers

La mission espagnole fait le plein

Par | Edition N°:336 Le 25/06/1998 | Partager

Le nombre d'inscriptions à la mission espagnole de Casablanca ne cesse de croître. Pour cause, l'enseignement y est des moins chers.


Des enfants de 3 à 18 ans, le visage gai, parlant la langue de Cervantès, auteur du célèbre roman Don Quichotte De la Manche: scénario quotidien à l'Institut Espagnol de Juan Ramon Jimenez de Casablanca. Les frais d'inscription des établissements de l'enseignement espagnol sont les moins chers du marché. "Les frais du primaire représentent seulement la moitié de ceux fixés par la mission française. Quant à ceux du secondaire, ils en représentent presque le tiers", souligne M. Fernando Huerta, directeur de l'Institut Espagnol Juan Ramon Jimenez. Toutefois, il est indiqué une certaine disparité entre les différents établissements espagnols. Ceux de Casablanca et Rabat affichent les frais d'inscription les plus élevés. "Ceci est pondéré par le niveau de vie de chaque ville, les villes de la région du Nord étant généralement plus pauvres. Mais dans l'ensemble, on est les moins chers", tient à souligner le directeur de l'Institut. Autre précision: la disparité entre niveaux scolaires. Plus le niveau scolaire augmente et plus les frais de scolarité baissent. A titre d'illustration, alors que les frais de la maternelle s'élèvent à 8.500 DH, ceux du secondaire se montent à 4.000 DH. "On reconnaît que c'est un paradoxe, mais on va augmenter les frais scolaires du primaire et du secondaire", indique M. Huerta. Selon lui, les demandes d'admission ne cessent d'augmenter d'année en année. Toutefois, pas autant que la mission française.

Sur 40 places disponibles pour la maternelle, la Direction de l'institut a eu à traiter 100 demandes d'inscription pour l'année scolaire 1997/98. Aussi l'institut sera-t-il amené à augmenter le nombre de places disponibles. Il est attendu qu'il atteigne 800 en l'an 2000 contre seulement 300 en 1985.
Ce qu'on a tendance à oublier, rappelle M. Huerta, c'est l'intérêt de plus en plus grand porté à la langue espagnole. Selon lui, seule une minorité intègre l'Institut Espagnol faute de places dans les autres missions, notamment la mission française. Et d'ajouter: "La plupart des parents qui inscrivent leurs enfants à l'institut sont convaincus du rôle que joue la langue espagnole au Maroc". Rôle qui résulte de la nature des liens économiques et culturels entre les deux pays.
Les cours dispensés à l'Institut Jimenez de Casablanca sont assurés par 42 enseignants pour un ensemble de 640 élèves dont 240 dans l'enseignement secondaire.

Sélectividad pour l'université


La maternelle est ouverte aux élèves âgés de 3 à 5 ans, le primaire de 6 à 12 ans, le secondaire de 12 à 16 ans et le baccalauréat de 16 à 18 ans.
La majorité des élèves sont de nationalité marocaine avec 65%. Les Espagnols représentent 30% et les autres nationalités ne dépassent pas 5%.
Les cours dispensés dans cet établissement sont renforcés par l'enseignement de la langue arabe. Celle-ci est obligatoire pour les élèves de nationalité marocaine.
Fait étonnant, même les élèves de nationalité étrangère doivent apprendre l'arabe au niveau de l'enseignement primaire et ce, jusqu'à l'âge de 8 ans.
Une fois le baccalauréat en poche, les élèves marocains ou étrangers peuvent accéder aux études supérieures en Espagne. Ils doivent au préalable réussir le "Sélectividad". L'objectif de ce test est de vérifier le niveau de culture générale et les capacités linguistiques du candidat. "60% des élèves qui obtiennent le baccalauréat à l'institut doivent passer le Sélectividad", indique M. Huerta. En général, le taux de réussite est des plus élevés, puisqu'il atteint 98%. Les établissements scolaires espagnols implantés au Maroc sont au nombre de 11. La ville de Tétouan vient en tête avec 3 établissements, suivie de Tanger avec deux. Les villes de Nador, Al-Houceima, Larache, Rabat, Laâyoune et Casablanca disposent chacune d'un établissement. Seuls les élèves inscrits dans les établissements espagnols de Tétouan peuvent opter pour le bac ou l'enseignement professionnel.
Il est à signaler que les établissements éducatifs sont différents des établissements culturels. Ces derniers qui dépendent de l'institut Cervantès visent la promotion de la langue espagnole.

Kamal LAHBIB

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