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    La mise à niveau en Tunisie

    Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

    De notre envoyé spécial en Tunisie, Rafik IKRAM

    Le programme de mise à niveau (PMN) tunisien concerne 600 entreprises industrielles. Le budget alloué s'élève à 5,92 milliards de DH. Seul le tiers des 12.000 PME existantes pourra survivre à la globalisation.


    "La mise à niveau n'est ni un programme de sauvetage, ni un programme d'aide éternel", déclare M. Slim Tlatli, directeur général du Bureau de Mise à Niveau (BMN) au Ministère tunisien de l'Industrie.
    Pour lui, c'est une arme à double tranchant, puisqu'exerçant des effets aussi bien positifs que négatifs sur l'économie.
    Positifs, car le PMN permet à quelques entreprises de s'outiller pour devenir compétitives. Négatifs, car il entraîne des suppressions d'emplois suite à la disparition d'entreprises non compétitives.
    "Ainsi, sur les 12.000 PME existantes, seul le tiers pourra vraiment faire face au démantèlement tarifaire", estime M. Tlatli.

    Sur les 600 entreprises concernées par le programme de mise à niveau, 229 ont obtenu l'aval du BMN pour bénéficier du financement de l'Etat et 360 autres sont en cours d'étude. Le reste est en phase de diagnostic.
    La Tunisie met les bouchées doubles sur ce programme. "La mise à niveau est beaucoup plus un impératif qu'un objectif. C'est un choix tactique qui devra permettre d'aller vers une économie de performance", souligne M. Tlatli. C'est ce qui a motivé la création d'un Bureau de Mise à Niveau pour chapeauter les opérations effectuées dans le cadre du PMN. Ce Bureau s'occupe de la mise à niveau de l'industrie, choisie comme premier pan de l'économie à bénéficier de ce programme.

    Mobilisation des ressources humaines


    A rappeler que la Tunisie est liée depuis juillet 1995 par un accord de libre-échange avec l'Union Européenne la soumettant à un démantèlement tarifaire progressif d'ici 2007. A cette date, le taux de croissance annuel doit avoir atteint 6% contre 4% en 1997. Le revenu annuel par tête d'habitant devra ainsi passer à 3.600 Dinars tunisiens (1DT= 8,47 DH) contre 2.200 aujourd'hui.
    Pour atteindre ces objectifs, ce programme doit "rechercher la performance de toute l'économie". Il s'agit en fait d'améliorer l'environnement économique au sein duquel évoluent les entreprises. A titre d'exemple, le transport, les infrastructures et le système financier. Le coût des facteurs de production est aussi un élément à prendre en compte dans la mesure où l'entreprise tunisienne n'en maîtrise actuellement que 40%.

    La mise en place d'institutions d'appui aux entreprises et d'un cadre législatif adapté aux nouvelles donnes économiques constitue également des préalables à la réussite du programme. M. Tlatli préconise la réduction de l'intervention de l'Administration.
    L'aboutissement de ce programme est aussi tributaire d'une meilleure gestion du facteur temps. "Il faut tout engager en même temps et opérer des changements sur la globalité des facteurs". Le BMN estime à 700 millions de DT (5,92 milliards de DH) le budget nécessaire à la mise à niveau.
    L'emploi est le parent pauvre du PMN. "Les personnes qui perdent leur emploi ne sont pas forcément récupérables", regrette M. Tlatli.
    L'analphabétisme (30% de la population) et le manque de qualification de la main-d'oeuvre en sont les principales causes.

    Interrogé sur le devenir des "victimes" du démantèlement tarifaire, le directeur du BMN explique que l'absorption des futurs chômeurs passera par la création de "petits métiers", dont le financement sera notamment assuré par la Banque Tunisienne de Solidarité.
    Le Fonds National de Solidarité "2626" participera pour sa part à la mise en place de l'infrastructure requise dans les zones déshéritées.
    Loin d'être conjoncturelle, la mise à niveau est donc un processus continu. De plus, elle nécessite, non seulement l'adhésion des managers, mais aussi celle de la collectivité. "La mise à niveau est avant tout une mise à niveau des mentalités".


    Le rôle du BMN


    CRÉÉ par décret le 22 mai 1995, le Bureau de Mise à Niveau (BMN) a pour mission de définir et mettre en oeuvre la politique du gouvernement tunisien dans le cadre de la mise à niveau de l'industrie.
    Il procède ainsi à la définition, à l'exécution, au suivi des programmes de mise à niveau de ce secteur et à l'élaboration des études nécessaires à cet effet. Il veille également «à assurer les meilleures conditions de financement du programme» via la coordination des différentes sources de financement ainsi que la négociation des programmes de financement bilatéraux et multilatéraux.
    Le BMN assure aussi le secrétariat du Comité de Pilotage (COPIL) qui est présidé par le ministre de l'Industrie. Il a pour rôle de définir les orientations du programme de mise à niveau, d'examiner les demandes des entreprises industrielles et d'octroyer les primes à la restructuration dans le cadre du BMN.

    Ces primes varient selon la nature des investissements. Pour les investissements immatériels, elles correspondent à 70% du coût des études de diagnostic préalables à la mise à niveau avec un plafond de 20.000 Dinars. Elles couvrent aussi 50% du coût des autres investissements immatériels.
    Pour les investissements matériels, les primes correspondent à 20% de l'investissement de restructuration dans le cadre de la mise à niveau financée par les fonds propres. Elles couvrent également 10% du reste de l'investissement de restructuration relative à la mise à niveau financée par d'autres ressources.

    Rafik IKRAM

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