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Société

«La mise à niveau des prisons est impérative»
Entretien avec Youssef Madad, de l’Observatoire marocain des prisons

Par L'Economiste | Edition N°:2155 Le 22/11/2005 | Partager

. Passer d’une logique d’exclusion à la réinsertion . Préalable: l’assainissement du fonctionnement de l’administration pénitentiaireSecrétaire général adjoint de l’Observatoire marocain des prisons, Youssef Madad plaide pour une requalification des ressources humaines dans les centres pénitenciers. Pour lui, il s’agit d’un préalable à toute réforme d’un secteur qui cumule plusieurs décennies d’échecs. - L’Economiste: Quel est l’objectif de l’étude sur les plaintes et requêtes des prisonniers et quelle est votre principale conclusion ? - Youssef Madad: L’idée derrière cette étude est de susciter le débat autour des conditions de vie dans le milieu carcéral. Le Maroc s’inscrit dans une logique de réorientation des prisons pour en faire des espaces de réinsertion. Cela suppose une réflexion profonde sur le sens de la peine, à partir d’un diagnostic de la situation actuelle des établissements carcéraux. Cette analyse révèle un cumul de plusieurs décennies où le fonctionnement des prisons obéissait à une logique et une mentalité d’exclusion. L’idée de réforme du milieu carcéral n’a fait son entrée que depuis seulement cinq ans.- Au centre des plaintes contenues dans cette étude, le mauvais traitement. Cela ne pose-t-il pas la question de la mise à niveau du personnel pénitencier? - Il y a effectivement lieu de revoir les ressources humaines. Le changement d’appellation, faisant d’un gardien un surveillant-éducateur pose la question du dosage à établir entre les aspects sécuritaire et éducatif. Cela pose également la question des droits et obligations des détenus et des moyens de les faire respecter. Le surveillant-éducateur doit gérer au quotidien un lot de tensions. Il faut donc qu’il soit qualifié pour résoudre les conflits, outillé en cela de nouvelles méthodes. Cet aspect est au cœur de nos efforts, notamment à travers des ateliers dont ont bénéficié 120 personnes.- Disposons-nous d’un arsenal juridique à même de défendre les droits des prisonniers? Par les tensions qu’il génère, le surpeuplement des prisons ne favorise-t-il pas le mauvais traitement des détenus? - Si nous appliquons ne serait-ce que la moitié des textes de loi, nous n’en serons pas là. Le problème se situe au niveau des mesures de recours qui n’existent pas. Un détenu se considérant lésé n’a pas accès à ce droit. En face, l’administration se pose en juge et partie. Le surpeuplement des établissements carcéraux est pour moi un alibi utilisé pour disculper des attitudes injustifiables. Il s’agit non pas d’une cause, mais d’une conséquence d’un processus d’échec. Le résultat en est le taux alarmant de récidives chez les détenus, tournant autour de 65%. Au lieu de se cacher derrière de faux obstacles, il faut affronter les vrais problèmes, à savoir l’assainissement du fonctionnement de l’administration pénitentiaire, l’éclaircissement des concepts et le déploiement du personnel pénitencier. Propos recueillis par Tarik QATTAB

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