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    Politique

    La migration, un marché comme un autre?

    Par L'Economiste | Edition N°:2131 Le 17/10/2005 | Partager

    . La démographie joue des tours à l’Euromed. Un besoin pour l’Europe, un handicap pour les PM. Femise: «L’UE est dans une logique d’immigration de remplacement»La migration est un sujet qui gêne et qui fâche. L’Euromed représente un marché de près de 250 millions de personnes. La question de la migration est aujourd’hui au programme. Normal mais relativement nouveau. Le bilan de la décennie du processus de Barcelone montre l’ampleur du phénomène que même les diplomates ne peuvent plus éluder. Surtout que l’enjeu dépasse le simple mouvement d’hommes. Et pour ce sujet, les visions se confrontent sans force de proposition concrète.«Les flux migratoires se sont accrus partout en Europe», indique le Femise dans son rapport sur les dix ans de Barcelone. L’Espagne, par exemple, a quadruplé son flux d’immigrés (en règle) avec en pole position des pays d’origine: Amérique latine et Maroc. L’Italie reçoit 220.000 immigrants par an principalement: albanais… marocains et roumains. Enfin, c’est l’Allemagne qui reçoit le plus d’étrangers: 842.000 personnes en 2002.Autre constat du Femise: l’immigration s’étend à de nouveaux pays: Pays-Bas, Belgique, Danemark, Autriche.La démographie joue des tours aux pays européens et au processus de l’Euromed. Beaucoup ont des croissances de population très faibles. Le Femise parle sans détour de «logique d’immigration de remplacement qui joue conformément à ce qu’avait prévu la division démographique des Nations unies». Et les autres migrants? Car c’est le nœud du problème entre la perception des pays d’accueil et des pays d’origine: la distinction par un système de sélection ne plaît pas à tout le monde. Et de voir des compétences partir, ça coûte cher.Ces données sont officielles. On n’ose et ne peut évaluer le flux de la migration clandestine. Mais une chose est sûre, et le Femise le rappelle, «le phénomène a toutes les chances de s’accélérer». En fait, le mouvement démographique des pays méditerranéens est en quelque sorte complémentaire à celui de la rive Nord. La plupart de ces pays du Sud sont dans une phase où de plus en plus d’actifs arrivent sur le marché du travail… sans toujours en trouver. Les démographes appellent cette catégorie de la population «l’aubaine démographique». C’est-à-dire celle qui peut générer un cycle de croissance, à condition de travailler pour financer les retraites de vieux de plus en plus nombreux.Cette aubaine est donc un cadeau empoisonné pour des pays comme le Maroc, qui peine à créer assez d’emplois. De l’autre côté de la rive, c’est une vraie aubaine: il y a de moins en moins de personnes actives, parce que les Européens font moins d’enfants. Les Nations unies ont projeté que dans l’Europe des 15 le rapport actifs/retraités passerait de 4,06 en 2000 à 2,21 en 2050. Il y a une très forte demande en main-d’œuvre qualifiée à peine assumée. Un paradoxe alors même que l’Europe essaie d’aider ses partenaires pour générer une croissance significative. Laquelle croissance est une condition et un dessein dans l’Euromed…Mais quelle solution? Le Femise suggère à l’Europe d’investir dans la formation dans les pays d’origine. C’est-à-dire organiser l’offre et la demande, la réguler en fonction des besoins de chaque partenaire… et éviter les fatales fuites de cerveaux.En clair, il s’agit d’organiser un marché, celui des compétences. Le rapport propose «une meilleure régulation de la circulation de ces personnes, et un effort considérable de formation (et d’investissement) conjoint en direction des PM». Dit autrement, l’organisation de marché passe par l’investissement direct étranger. Et sur ce volet aussi, l’évolution d’une décennie est positive mais insuffisante pour dynamiser la région. Rappelons-le: il faut créer plus de 30 millions d’emplois d’ici 2015 si les pays méditerranéens veulent maintenir le niveau de chômage actuel.


    Liberté d’expression

    Les thèmes retenus pour ce colloque concernent «la réalité du partenariat euroméditerranéen et la politique de voisinage dans les médias», «les problèmes sociétaux à travers les médias euroméditerranéens», «la liberté d’expression dans les médias euromed». On compte parmi les invités le professeur d’études islamiques Abdou Filali Ansary, le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, le ministre marocain de l’Education nationale, Habib El Malki, le directeur de la Bibliothèque nationale, Driss Khrouz, l’ambassadeur du processus euroméditerranéen pour l’Espagne Juan Prat, le ministre de la Communication libanais, Marouane Hamade. La ville de Marseille est l’organisateur principal de l’événement.


    L’esprit Barcelone

    Le processus de Barcelone a été entamé en 1995. Objectif: construire une zone euroméditerranéenne «de prospérité partagée» (dixit les Affaires étrangères français) et l’instauration progressive du libre-échange.Officiellement, trois volets sont considérés:- La définition d’un espace commun de paix et de stabilité par le renforcement du dialogue politique et de sécurité (volet politique)- La mise en place d’un partenariat économique et financier et l’instauration progressive d’une zone de libre-échange d’ici 2010- Le rapprochement entre les peuples et les échanges entre les sociétés civiles (volet social, culturel et humain)Le processus concerne l’UE (des 15 puis des 25) et les 12 pays du Sud de la rive (Algérie, Chypre, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie, Turquie).M. Kd.

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