×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

La leçon de Zurich: Penchons-nous sur d’autres «Maroc 2010»
Par Mohamed Benamour, PDG du groupe KTH

Par L'Economiste | Edition N°:1773 Le 21/05/2004 | Partager

L’issue de notre candidature à l’organisation de la Coupe du monde de football en 2010 ne doit pas neutraliser le dynamisme dans lequel s’inscrit notre pays. Pour le Maroc, l’heure des choix a sonné. Pour rester lui-même -un merveilleux pays habité par un peuple cultivé, habile, souriant-, il doit savoir réaliser certaines ruptures indispensables. Des dynamiques le traversent qui, si nous les maîtrisons, constitueront des leviers très puissants de développement. Mais, si nous les laissons aller leur cours, elles risqueront d’engendrer inévitablement des cercles négatifs.. Source de jouvence2010 doit être conçu comme notre horizon -à deux ou trois ans près- plutôt que comme une échéance nette. Cette décennie représente un moment crucial dans notre histoire: un dixième de siècle qui mettra le pays sur les bons rails. La clé de la stratégie pour le pays, c’est sa jeunesse. Ses 80% de moins de 30 ans doivent lui servir de source de jouvence. Nous nous devons de lui offrir les perspectives de bien-être, de solidarité et de démocratie auxquelles la jeunesse aspire légitimement.S’il “n’est de richesse que d’hommes”, comme dit l’adage qui se vérifie chaque jour un peu plus dans une société mondialisée et tertiarisée, encore faut-il que nous fondions le développement du Maroc sur les aspirations au progrès de ses femmes et de ses hommes. Cette montée de la jeunesse nous impose d’accélérer le mouvement de la croissance en osant imaginer toutes les ruptures qui permettront de profiter pleinement de nos atouts avec le même volontarisme que nous avons mis au service du tourisme. Imaginons le pays dont nous aurons besoin à moyen terme, et trouvons les moyens de passer d’une réalité à une autre. A l’arrivée, il est probable que tel ou tel aspect de ce que nous avions rêvé soit contredit par les faits. Mais, globalement, le Maroc aura changé de visage, et ce visage sera celui que nous aurons dessiné pour lui. Car, le modèle que nous expérimentons dans le tourisme peut être dupliqué. Fondé sur une gouvernance moderne, il conjugue efforts publics et privés sous l’autorité de S.M. le Roi, en mobilisant toutes les volontés et tous les moyens sur des stratégies précises, discutées, élaborées et mûries en commun. Telle est la voie que doit choisir un pays, duquel devraient être bannis les atermoiements autant que les minuscules querelles d’épiciers pour réunir dans un même élan tous ceux qui veulent marcher ensemble dans la direction du progrès. C’est une nouvelle Marche Verte qu’il nous faut. Non seulement pour défendre le territoire de nos ancêtres, mais aussi pour porter nos enfants dans la compétition mondiale. Tous les atouts sont entre nos mains: notre jeunesse, les ressources de notre terroir et une exceptionnelle position géostratégique, à la charnière du Nord et du Sud, de l’Orient et de l’Occident.Performance et compétitivité du pays se nourriront de la réalisation de deux objectifs, noués l’un à l’autre comme la tresse de nos filles, la croissance et la solidarité. Sans croissance, pas de progrès économique et social. Sans solidarité pas de partage équitable des richesses et aucune stabilité.. Quatre axes d’effortComme nous l’avons fait avec le Plan Azur dans le plan de développement du tourisme, nous devons ouvrir une série de contrats-programmes. Quatre grands domaines, porteurs d’emplois et de progrès social, mériteraient d’être ainsi inspirés par une vision à dix ans sur lesquels nous concentrerions nos efforts. ■ Le premier viserait la ville et l’habitat. Comme Sa Majesté l’a indiqué au printemps 2003 à Casablanca, la résorption des bidonvilles et de l’habitat précaire ou insalubre, qui concerne aujourd’hui 30% des citadins, constitue la réponse de fond à la marginalisation et à l’exclusion de larges couches de la population. Il est juste que le gouvernement en ait fait une de ses priorités, tant il est vrai que le logement représente le premier moyen d’accéder à la dignité humaine et le creuset de l’esprit citoyen. Un vaste plan national doit être arrêté pour répondre aux défaillances accumulées, mais aussi pour assurer, dans nos villes, tous les éléments du lien social en termes d’infrastructures urbaines, sportives, culturelles, sanitaires et de vie.Pour conduire ces projets, nous devrons, autant que faire se peut, multiplier les programmes concertés avec les habitants avant leur lancement et encourager les démarches d’auto-construction, qui développeront les savoir-faire susceptibles d’être réinvestis en même temps que l’appropriation d’un esprit citadin par les anciennes victimes de l’exode rural.■ Le deuxième domaine à doter d’un contrat-programme concernerait l’enseignement. Les efforts, forts appréciables, entrepris pour faire reculer le taux d’analphabétisme demeurent insuffisants. Une campagne nationale d’envergure, mobilisant au côté des enseignants les cadres et les intellectuels ainsi que les médias nationaux prolongerait la marche nationale multiconfessionnelle du 25 mai 2003. Les programmes scolaires mériteraient également d’être systématiquement révisés pour extirper tout ce qui contredit le message de tolérance et d’ouverture que porte le pays derrière Sa Majesté et que la récente loi sur le statut de la femme a clairement illustré. La diffusion des langues étrangères contribuerait également au progrès de cet esprit moderne et démocratique.■ Troisième champ à ouvrir à une politique de contrat-pro-gramme, le dé-veloppement durable et endogène de l’espace rural favoriserait une diffusion mieux répartie du progrès. Plutôt que de choisir l’exil dans des villes surpeuplées, il permettrait aux habitants de lancer des projets locaux, à l’échelle de leur bassin de vie. Le tourisme vert montre ici une voie qui pourrait être élargie.L’appel aux Marocains résidents à l’étranger encouragerait le maintien des liens avec leurs régions d’origine, en offrant à ceux qui sont restés au pays les moyens d’un mieux-être qu’ils prendraient eux-mêmes en mains.■ Le quatrième axe, porteur d’emploi et d’un développement territorial équilibré, concernerait les grandes infrastructures. Certes, le Maroc ne manque pas de projets porteurs de développement et d’emploi, avec le plan Azur, le port Tanger-Med, l’aménagement de la vallée de Bouregreg, le programme des autoroutes, les programmes urbains à commencer par celui du Grand Casablanca, ou encore les travaux de désenclavement de certaines zones rurales ou montagnardes. Mais, l’effet levier maximal serait atteint avec la réalisation d’un plan qui permettrait à chacun des acteurs, grand ou petit, d’anticiper ses investissements ou ses choix professionnels, à son profit comme à celui de la collectivité.Ainsi, une politique de grands chantiers, concentrée autour de quelques axes bien choisis, ferait-elle produire leur maximum à chaque dirham comme à chaque heure de travail investis. Mais, plus encore, elle aurait pour effet de dynamiser l’ensemble des énergies du pays. «C’est une nouvelle Marche Verte qu’il nous faut. Non seulement pour défendre le territoire de nos ancêtres, mais aussi pour porter nos enfants dans la compétition mondiale«


Pour un Conseil du développement et de la solidarité

Pour donner à ces volontés conjuguées la visibilité la plus grande, tant à l’intérieur de nos frontières qu’auprès des bailleurs de fonds internationaux publics et privés (investisseurs, Banque mondiale, Union européenne…), il serait utile que la gouvernance marocaine se dote d’un organe chargé de fédérer et dynamiser les énergies du partenariat public-privé, sous l’impulsion royale.Le Conseil du développement et de la solidarité réunirait des personnalités représentatives des forces vives du pays, des entreprises, des intellectuels, des cadres, des organisations professionnelles et des organisations non gouvernementales oeuvrant au développement social et économique du pays. Ses membres seraient désignés, sur proposition de ces différentes instances. Des Marocains résidents à l’étranger et, éventuellement, un certain nombre d’étrangers amis du Maroc pourraient utilement y participer.La première mission de ce Conseil consisterait à suivre la situation économique et sociale du pays, en commanditant les études nécessaires, et les plans d’action planifiés, et en auditionnant toute personne à même de l’éclairer, afin de suggérer au gouvernement quelques axes programmés, comme certaines mesures disponibles légales, financières ou opérationnelles, utiles au pays.Ce Conseil serait également l’interlocuteur des bailleurs de fonds publics internationaux. Il recueillerait des financements auprès d’eux, leur rendrait compte et utiliserait ces crédits pour multiplier (dans une limite de 20 à 30% de leur coût total) des opérations correspondant aux contrats-programmes évoqués plus haut. Un pareil dispositif de gourvenance présenterait l’avantage de crédibiliser profondément la gestion marocaine auprès des organismes internationaux, lui permettant d’atteindre le meilleur rating possible au bénéfice de la dynamique économique et sociale du pays.Aujourd’hui, dans les turbulences de la situation internationale et malgré toutes les difficultés, il est clair que le Maroc refuse de subir et qu’il entend bien prendre son destin en main. L’expérience des derniers mois l’a démontré, s’il en était besoin : ce pays aspire à être une société vivante, active, apaisée. Il veut pouvoir regarder l’avenir au fond des yeux et ouvrir aux générations qui montent une voie royale vers le progrès.

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc