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    Economie

    La guerre des huiles s’enflamme

    Par L'Economiste | Edition N°:2292 Le 07/06/2006 | Partager

    . Savola accuse Marjane «d’éjecter» ses produits des rayons . La filiale du groupe saoudien saisi le conseil de la concurrence. Le PDG de Lesieur estime que le référencement d’un produit n’est pas automatiqueLE torchon continue de brûler entre Lesieur Cristal et Savola Maroc. Une nouvelle bataille vient d’être amorcée par la filiale du géant saoudien. Celle-ci n’a pas hésité à jeter de «l’huile sur le feu» en accusant Marjane d’avoir retiré de ses rayons le produit «El Arabi». Référencé et mis sur les rayons des magasins Marjane le 14 avril dernier, «ce produit a été retiré des rayons trois jours après son exposition», explique Zakaria Aakil, directeur général de Savola Maroc. Et ce, poursuit-il, malgré les niveaux de vente très encourageants qu’il a enregistré. Que s’est-il passé alors pour que Marjane retire «El Arabi» après l’avoir référencé et exposé dans les rayons? Selon Aakil, la direction de la grande surface explique ce retrait par certains problèmes internes au groupe. «Il semblerait que le référencement d’El Arabi ne correspond pas à la politique du groupe qui vise à optimiser les synergies entre les filiales du holding», poursuit-il. En clair, Marjane opterait pour une stratégie favorisant les produits des filiales du holding. Et Lesieur est une marque du groupe ONA qui détient également 51% de la chaîne de grandes surfaces Marjane. Ahmed Rahou, PDG de Lesieur, quoi que «officiellement» non concerné par ce litige qui oppose Marjane à Savola Maroc, indique pour sa part «qu’il est tout à fait normal pour une grande surface de refuser le référencement d’un produit». Pour illustrer ses propos, Rahou cite l’exemple des grandes surfaces françaises comme Carrefour ou Auchan «où il est très difficile d’exposer des produits. Certaines marques n’y sont d’ailleurs jamais référencées». Par ailleurs, poursuit-il, ce refus d’exposition dans les rayons ne doit pas être perçu comme une attaque contre Savola. «Des produits de cette marque, tel que Afia, sont toujours exposées à Marjane et ont connu du succès notamment grâce à cette chaîne de distribution», souligne le PDG de Lesieur. Interrogé sur la question, un ex-cadre de Marjane qui souhaite garder l’anonymat estime que «s’il est vrai que le référencement n’est pas automatique, comment expliquer alors que “El Arabi” ait été référencé avant d’être retiré des rayons trois jours après?» Une interrogation également posée par des chefs de rayons (des magasins Marjane) qui ne comprennent pas la décision de retrait d’El Arabi. «Nous avons référencé ce produit selon la procédure normale. Trois jours après, la direction nous a ordonné de surseoir à l’approvisionnement de ce produit jusqu’à nouvel ordre. Ensuite, et sans donner d’explication, ce produit a été retiré des rayons», indique le chef de rayon épicerie dans l’un des magasins de la chaîne à Casablanca. Pour faire face à ce «rejet» des produits de Savola, Aakil a saisi le conseil de la concurrence. «Ce cas n’est pas le seul. Depuis que nous avons investi le marché marocain, nous affrontons des agissements allant à l’encontre de toute déontologie, anti-économiques et contraires aux principes de la libre concurrence et de la compétition saine», souligne amèrement Aakil. Désormais, la «patate chaude» est entre les mains du conseil de la concurrence qui devra trancher cette épineuse question: Est-ce que le refus de référencer un produit dans une grande surface peut être assimilé à un refus de vente? Ou encore, est-ce que ce refus constitue un abus de position dominante et par conséquent une pratique anticoncurrentielle? La réponse fera date et jurisprudence, mais elle ne sera certainement pas le mot de la fin de cette guerre. Outre les procès qui pendent devant le tribunal de commerce de Casablanca, Lesieur vient d’adresser une lettre à Rachid Talbi Alami, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales pour dénoncer le dumping pratiqué par Savola. «Nous réclamons une enquête administrative concernant les prix de vente de Savola Maroc», souligne Rahou. Selon lui, la filiale du groupe saoudien vend ses huiles en dessous du prix de revient. «D’ailleurs nous ne sommes pas les seuls à le sentir. D’autres producteurs, tels que Siouf, ont également saisi le gouvernement», ajoute-t-il. Une pratique, poursuit Rahou, qui est destinée à tuer les petits producteurs pour s’emparer ensuite du marché et dicter ses propres prix.


    Chassé-croisé

    LES péripéties judiciaires de Savola Maroc et Lesieur ont fait couler beaucoup d’encre. Deux jugements ont été récemment rendus par le tribunal de commerce de Casablanca concernant ces deux sociétés. Le premier en date du 17 avril 2006 autorise Savola Maroc à poursuivre la diffusion d’un spot publicitaire (HALA) que Lesieur avait jugé dénigrant. Le second jugement a quant à lui été rendu en mars dernier. Il condamne Savola à cesser de présenter le produit «Afia» avec une photo d’épis de maïs. Selon le tribunal de commerce, la bouteille d’un litre de «Afia» donne l’illusion, grâce à la photo d’épis de maïs, qu’il s’agit d’une huile à base de maïs, «alors que les analyses montrent qu’il s’agit plutôt d’un produit majoritairement basé sur du soja». Savola qui s’est ainsi rendu coupable d’une concurrence déloyale a également été condamné à payer 20.000 DH de dommages et intérêts à Lesieur. Entre-temps, Savola a mis en place une nouvelle étiquette pour Afia. Naoufal BELGHAZI

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