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Economie

La guerre contre le criquet ne fait que commencer!

Par L'Economiste | Edition N°:1740 Le 05/04/2004 | Partager

. Une nouvelle vague attendue en octobre prochain. Le poste de commandement central de lutte antiacridienne (PCCLA) a reçu la presse“Ce n'est pas que nous ne voulons pas communiquer, mais il y a une urgence et nous ne pouvons pas nous permettre de le faire en évènementiel. Vous n'imaginez pas tout le travail que nous avons pour faire face à cette catastrophe”, explique un responsable du PCCLA à L'Economiste. “Mais votre travail à vous est de bonne guerre”, reconnaît-il avec un sourire complice.Effectivement, les témoignages qui se sont succédé, lors du point de presse organisé vendredi dernier à la Gendarmerie royale, ont montré un certain niveau de harassement des ressources humaines impliquées dans cette lutte et une extrême mobilisation. “Nous dormons à trois heures du matin pour nous réveiller à cinq heures”, explique Saïd Lghaout, responsable au centre de lutte antiacridienne d'Aït Melloul, l'air éreinté. C'est que les équipes sur le terrain doivent surprendre les criquets quand ils se reposent sur les plantes et les arbres… c'est-à-dire vers 5-6 heures du matin. En plus de cette conférence de presse, le PCCLA organisera, a-t-il promis, une visite sur le terrain pour les journalistes afin de rendre compte par eux-mêmes de la situation.“Après une longue période de sécheresse, les pays africains du Sahel ont reçu d'importantes pluies d'hivernage durant l'été créant ainsi des conditions écologiques favorables à la reproduction et multiplication du criquet pèlerin en Mauritanie, au Mali et Niger”, souligne Aziz Arifi, responsable au poste de commandement. C'est donc le dessèchement de la végétation au mois de septembre 2003 qui a contribué à la migration des populations vers le Nord. Le 17 février 2004, le sud du pays a connu des vents forts transportant des criquets de l'intérieur du Royaume vers les côtes sud atlantiques. Le lendemain, des vents encore plus forts (atteignant 70 km/h) ont rabattu une partie de ces criquets le long du littoral atlantique, d'Essaouira à El Jadida, poursuit le responsable.Les moyens déployés à ce jour pour lutter contre le criquet ont permis de traiter quelque 600.000 hectares. Les autorités marocaines ont mobilisé 115 véhicules (dont 45 équipés en matériel de traitement), 9 avions espagnols, des avions marocains C 130, Turbo Trush, des hélicoptères LAMA.Entre les 1er et 20 mars près de 20.000 hectares quotidiens ont été traités, et entre les 21 et 31 près de 12.000. “Après les provinces sahariennes, les infestations ont concerné essentiellement Oued Drâa où des pontes importantes ont eu lieu. Actuellement, les essaims se localisent principalement au sud-est du pays (Bouarfa, Errachidia et Ouarzazate)”, explique Arifi. Des éclosions ont également débuté dans Oued Drâa et Tiznit-Sidi Ifni.Les pesticides utilisés pour le traitement sont le Malathion, produit à effet de choc: Le criquet tombe 1 à 2 heures après, le Dursban et le Décis dans une moindre mesure. Ces deux derniers produits font leur effet 24 heures après le traitement. Les responsables du PCCLA insistent sur la faible toxicité de ces produits pour l'homme et l'environnement. L'OMS classe les pesticides en trois catégories selon leur toxicité. Le Malathion est le plus toxique des produits utilisés, il est classé dans la catégorie 1. Le Dursban et le Décis sont classés dans la deuxième catégorie. “Les pesticides de la classe 2 présentent l'avantage de se dégrader très rapidement. Par exemple, si l'on traite des champs de tomate avec le Décis, au bout de 24 heures, on peut les consommer sans problème”, affirme un responsable du poste de commandement. L'un d'eux s'étonne même de l'extrême intérêt porté sur les pesticides: “Il n'y a aucune comparaison possible avec la quantité de pesticides utilisés dans l'agriculture”, relève Saïd Lghaout. Au 31 mars, les stocks de pesticides disponibles permettent au Maroc de traiter encore 400.000 hectares. La bataille ne fait que commencer, et à en croire ces responsables, en octobre, il y a de forts risques qu'une autre vague de criquets pèlerins infestent le territoire national.


Symptômes

Céphalées, malaises, nausées, vomissements, douleurs abdominales, rétrécissement de la rétine (myosis), tels sont les symptômes d'une intoxication suite à la consommation d'un criquet traité au pesticide. Les responsables de la lutte antiacridienne tout comme les scientifiques insistent: il ne faut surtout pas les manger, que ces criquets aient été traités ou pas. Il ne faut pas les donner au bétail non plus. Jusqu'à présent, quatorze cas d'intoxication ont été détectés par les soins du PCCLA. Lors du traitement des terres, des mesures sont prises pour sensibiliser les populations, assure le PCCLA. Le bétail ne doit pas entrer dans le pâturage traité qu'après 10 jours, les apiculteurs doivent éloigner au maximum leurs ruches. “C'est grâce à toutes ses mesures que nous affirmons qu'à ce jour le Maroc n'a enregistré aucun dégât”. C'est surtout grâce à cette compétence nationale qui est plusieurs fois venue en aide au voisin mauritanien.


120 millions de DH engagés

Nous avons envoyé un premier mémorandum en février dernier pour un appel à l'aide internationale. Suite à l'appel lancé par la FAO, nous avons tenu plusieurs réunions avec les bailleurs de fonds pour trouver les moyens nécessaires. Jusqu'à présent, le Maroc, assure le responsable de la cellule de crise, a financé tous les moyens. Excepté l'Espagne, via l'agence de coopération, qui a donné l'équivalent de 22.250.000 DH pour financer la location d'avions. Le Maroc dispose pour l'instant de près de 170 millions de DH (en intégrant l'aide espagnole), dont 120 ont déjà été engagés. A ce jour, 9 avions loués auprès de sociétés espagnoles sont pris en charge par le gouvernement ibérique. Quant au reste des financements, la FAO a promis un don de près de 3,5 millions de DH (378.000 dollars), l'Italie 1,35 million de DH (150.000 dollars) et les Etats-Unis à travers son agence pour l'aide internationale (USAID) près de 1,6 million de DH. Soit un total avoisinant les 6,4 millions de DH, une coquette somme, reste à savoir si elle sera suffisante. Pour mémoire, la dernière grande invasion de criquets pèlerins en 1987-1988 avait coûté un peu plus d'un milliard de DH (dont 150 millions de DH d'aide internationale). “C'était aussi l'invasion qui avait pu être maîtrisée le plus rapidement. En général, ces invasions peuvent durer de 5 à 12 ans”, ajoute un responsable du PCCLA.Pour l'instant, assure le responsable de la cellule de crise du ministère de l'Intérieur, le Maroc n'a pas de problème particulier sur le plan financier. “Il y a 18 millions de DH dans le compte de la lutte antiacridienne, 30 millions de DH ont été débloqués par la Primature”, ajoute-t-il.Mouna KADIRI

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