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Courrier des Lecteurs

La fonction trésorerie se cherche une place dans l'entreprise

Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

De nouveaux métiers sont nés dans le sillage de la restructuration du secteur financier. Dans les entreprises, des départements comme la trésorerie devraient également conforter leur place. Akce Finance a enquêté sur cette fonction. Les résultats.


Dans un contexte de crois-sance ardue, les entreprises n'ont d'yeux que pour la compression des charges. Très souvent, les frais de personnel constituent l'un des premiers postes victimes des coupes sombres. Pourtant, il existe quantité de domaines recelant d'importants potentiels d'économies ou de gains. Il en est ainsi de la gestion rigoureuse de la trésorerie. Les nouveaux instruments nés avec la réforme du secteur financier, conjugués à la libéralisation du marché, ne doivent donc pas les laisser indifférentes. Il convient cependant de s'organiser en conséquence. Autrement dit, mettre en place la structure organisationnelle et le potentiel humain adéquats. Comme c'est souvent le cas dans les grandes entreprises des économies les plus avancées, la fonction trésorerie pourrait s'affranchir de la Direction Financière pour s'élever à un même niveau hiérarchique. Au Maroc, elle a encore du chemin à faire. C'est du moins ce que révèle une enquête réalisée par Akce Finance, une société spécialisée dans l'optimisation du financement de l'entreprise.
Selon cette étude, «le trésorier relève du directeur financier dans près de 80% des entreprises». Cette situation est cependant considérée comme intermédiaire par les enquêteurs. Et pour cause, l'époque où le trésorier relevait du chef comptable est révolue, est-il précisé. Pour les enquêteurs, les enjeux actuels ne sont pas encore de taille à conduire à la création d'une direction du financement et de la trésorerie relevant du DG ou du PDG. La prise de conscience est toutefois bien enclenchée et devrait pousser à une valorisation plus forte de cette fonction et de son positionnement dans l'organigramme de l'entreprise.

Le rang trésorerie détermine par conséquent les missions qui lui sont assignées. Dans 86% des entreprises, ses prérogatives portent sur la détermination d'une position quotidienne de trésorerie et le contrôle des conditions bancaires.
L'enquête révèle que dans «74% des entreprises, le trésorier arrête quotidiennement une situation de trésorerie en valeur et 79% déclarent établir des prévisions de trésorerie trimestrielles». En fait, «le nombre d'entreprises qui arrêtent une situation de trésorerie en valeur semble important et en contradiction avec ceux qui déclarent gérer la trésorerie en date comptable», commente-t-on.

Risques financiers


En pratique, les responsabilités du trésorier doivent inclure la gestion du cycle d'exploitation (gestion des stocks, gestion des comptes clients et fournisseurs...) de même que la négociation et la mise en place des financements à long terme, explique M. Mohamed El Hajjouji, PDG de Akce Finance.
A ce jour, les habilitations du trésorier sont très limitées. Dans 71% des entreprises, il se réfère au directeur financier pour conclure des opérations de financement et de placements. Il est espéré des modifications à brève échéance, compte tenu de «l'évolution du marché financier et des conditions de mise en place rapide des opérations». A l'évidence, les entreprises sont bien conscientes de ces donnes. La fonction de trésorerie est en effet considérée par 86% des enquêtés comme un centre de profit.

Cette prise de conscience peut se lire à travers le profil du trésorier, quand bien même ses compétences sont sous-utilisées eu égard au potentiel. L'enquête révèle que 71% des entreprises ont confié les responsabilités de trésorier à un universitaire (au moins bac+4). Pour M. El Hajjouji, «la pratique du métier de trésorier requiert une capacité d'analyse et de synthèse très forte». Le trésorier doit en outre être très concentré et sûr de lui. Il constitue le trait-d'union entre l'entreprise et l'environnement financier.
Pour Akce Finance, l'apport de la fonction trésorerie peut encore devenir plus important avec l'élargissement de la mission à l'ensemble des aspects du financement de l'activité de l'entreprise. L'évolution du marché financier rend incontournable cette évolution. Il est précisé que la multiplication des risques financiers «devrait donner lieu à une prise de conscience nouvelle et engendrer l'élaboration et la définition de stratégies de gestion au plus haut niveau de l'entreprise». Cela consiste en une implication plus forte des instances dirigeantes dans le domaine financier.
Les experts d'Akce Finance restent très optimistes quant au devenir du métier. Ils estiment qu'il devrait «connaître un dévelop-pement important dans les prochaines années et contribuer notablement à la rentabilité globale de l'entreprise».


Produits et placements


Des comptes éparpillés, des coûts de gestion élevés, des conditions peu intéressantes... Il reste encore beaucoup à faire pour rationaliser les relations avec les banques. Explication: une proportion de 62% des entreprises travaillent avec un réseau de plus de cinq banques. De l'avis de Akce Finance, un mouvement de recentrage et de réduction des banques semble inévitable à terme.
A ce jour, les banques sont essentiellement considérées comme des prestataires de services (64% des enquêtées). Les relations ne sont toutefois pas aussi tendues contrairement au ton des déclarations à propos des taux d'intérêt. La majorité des entreprises (71%) se déclarent assez satisfaites des prestations.
En matière de crédit de trésorerie, le découvert occupe la première position (80% des enquêtées). L'escompte et le crédit spot sont utilisés par 50%.
Pour les placements, les nouveaux produits entrent progressivement dans les moeurs. Au total, 29% des entreprises utilisent les Sicav qui, avec les bons du Trésor, «se déve loppement rapidement et ne présentent plus aucune difficulté de manipulation». Ils ne délogent pas pour autant les DAT (dépôts à terme) qui restent prépondérants avec 45% de taux d'utilisation.


Les caractéristiques de l'échantillon

L'enquête a été effectuée du 1er jan-vier au 31 mars 1998. Elle porte sur un échan-tillon de 100 entreprises. La moitié a répondu aux questions. Trois principaux critères ont été retenus pour le choix de l'échantillon: le secteur d'activité, le chiffre d'affaires et l'effectif.
L'ensemble de l'économie est représentée avec cependant une prépondérance du secteur industriel (60%), des entreprises réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 500 millions de DH (64%) et employant moins de 500 salariés (64%).
Pour le premier critère retenu, l'échantillon est assez large. Il inclut, outre l'industrie, les transports, le secteur pétrolier, la distribution, l'agro-industrie, les services, les holdings, l'immobilier et le secteur financier. Il est à souligner que les banques ne figurent pas dans ce dernier lot qui comprend essentiellement des sociétés de financement.

En ce qui concerne le deuxième, il est indiqué que 19% des entreprises consultées réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard de DH. Ceux réalisant un chiffre d'affaires compris entre 500 millions et 1 milliard de DH comptent pour 17%. Le reste, 64%, affiche des recettes évoluant entre 100 millions et 500 millions de DH. Il s'agit en somme de grandes et moyennes entreprises. Ceci est bien confirmé par la taille de l'effectif. Les entreprises employant plus de 1.000 personnes représentent 24% de l'échantillon. Celles qui gèrent entre 500 et 1.000 salariés comptent pour 12%. Le groupe des 150 à 500 salariés totalisent 64%. L'enquête a été exclusivement menée par l'équipe de Akce Finance. En dehors des résultats publiés et communiqués à l'ensemble des sondés, les autres données individuelles (par entreprise) sont marquées du sceau de la confidentialité.


Technologie, change et stratégie


Pour bien gérer une trésorerie à temps réel, il est nécessaire de disposer d'un outil informatique adapté. Les banques ont anticipé sur ces besoins en mettant en place depuis quelques années un système de télé-transmission. Il ressort de l'enquête que 69% des entreprises possèdent un logiciel de gestion de trésorerie. Cependant, seulement 15% possèdent un système d'informations financières. «La liaison avec les banques sert principalement à récupérer quoti-diennement les relevés de comptes». De fait, les gains de productivité devraient être plus significatifs. Il en est de même pour la gestion des opérations en devises. Dans les faits, 60% des entreprises sont exposées au risque de change, mais seulement 52% de ces entreprises possèdent une stratégie de gestion du risque de change.

Toutefois, dans 96% des entreprises, cette stratégie est décidée par le directeur financier et le trésorier. Elle n'est validée par le Conseil d'Administration que dans 8% des cas. Ce qui peut être dangereux. Sans garde-fous, des dérapages peuvent survenir.
Curieusement, l'enquête montre que les entreprises sont peu attirées par la couverture. Si 56% des consultées déclarent que le risque de change est important, voire très important sur leur résultat, 80% n'utilisent aucun produit de couverture.
Autre donnée à retenir: la centralisation de la gestion de la trésorerie dans un groupe. Plus de deux tiers des entreprises sont filiales d'un groupe qui centralise leur gestion de trésorerie. Par conséquent, «les négociations et les mises en place de financement et de placements sont du ressort du groupe».
L'enquête indique par ailleurs que les difficultés de trésorerie très souvent évoquées ne sont pas aussi criardes. En effet, 38% des entreprises consultées sont structurellement emprunteuses. Ce chiffre peut être lié au poids du secteur industriel dans l'échantillon. Les entreprises dudit secteur ont généralement un cycle de production assez long qui détermine le niveau de leurs besoins en fonds de roulement et, partant, du niveau de leur trésorerie.
Quant aux entreprises structurellement excédentaires, elles représentent 26% de l'échantillon. Les 31% restants se trouvent, selon les périodes, en situation d'emprunt ou d'excédent.

Alié Dior NDOUR

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