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    Economie

    La femme rurale présente dans les statistiques mais oubliée dans les programmes

    Par L'Economiste | Edition N°:631 Le 04/11/1999 | Partager


    · Si elle est victime de l'analphabétisme, elle est plus active que la citadine
    · Elle est quasi absente des activités politico-associatives


    Quelle est aujourd'hui la situation de la femme rurale? Dans quelles conditions vit-elle, quel est son niveau d'instruction et quelles sont ses occupations professionnelles? Aujourd'hui, elle représente le quart de la population. Les données disponibles sur sa situation sont alarmantes. Si le monde rural en général vit dans sa globalité une multitude de problèmes complexes, la femme semble supporter la grande partie de ce lourd tribut. Ainsi, par exemple, le taux d'alphabétisation des femmes rurales adultes est de 12,3%, soit quatre fois moins que la moyenne nationale (48,9%). Cette frange de la population observe également le taux brut de scolarisation au premier cycle de l'enseignement fondamental le plus limité (48,9% contre une moyenne nationale de 84,6%). Reste que le chiffre le plus frappant est celui des femmes rurales qui n'ont jamais fréquenté l'école. Leur pourcentage se situe à 87% contre 43,7% en milieu urbain.
    Généralement, ce retard accumulé au niveau de la scolarisation trouve ses origines dans les comportements sociologiques et les contraintes économiques imposées par l'environnement de la campagne marocaine. En effet, l'éloignement de l'école, l'absence de routes et d'adduction au réseau d'alimentation en eau potable, notamment font que la fille est souvent retenue à la maison pour assurer la corvée quotidienne de l'eau, du bois, en plus des tâches ménagères. Cette situation justifie, entre autres, le taux relativement important de la participation de la femme rurale à la vie active. Ce pourcentage se situe à 60,6% contre 32,5% pour la citadine. L'importance de ce taux s'explique principalement par l'étroite articulation entre les activités purement économiques(1) et les travaux domestiques et ménagers. Cependant, la tendance est renversée lorsqu'il s'agit de la participation à la vie communautaire et associative. Complètement absente des formations socio-politiques, la femme rurale n'est encore que timidement présente au niveau des coopératives (0,1%) et des associations féministes (0,2%). Les chercheurs expliquent cette faible implication par l'absence d'information et l'ignorance de l'avantage de l'adhésion à ces formations. Autre cause, l'autorisation de la participation par le mari (16,3% des cas) ou le père (9,5%)(2).

    Aniss MAGHRI

    (1) En 11 ans, de 1987 à 1998, le taux d'activité de la femme a progressé de 7,4 points en milieu rural et de 9,2 points dans les villes. Cette progression s'est respectivement limitée à 3,8 et 3,3 points pour les hommes. En milieu rural, le principal secteur d'activité pour la femme est l'agriculture. Il emploie 79,6% de femmes.
    (2) Données puisées dans l'étude "la femme rurale au Maroc" et "la condition socio-économique de la femme au Maroc" de la Direction de la Statistique.



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