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Culture

La femme n'est infidèle que si elle y est poussée par l'homme…

Par L'Economiste | Edition N°:1054 Le 06/07/2001 | Partager

. Attentions et tendresse y sont pour beaucoup dans la fidélité de la femmeEn ce début de troisième millénaire, l'adultère chez la femme est-il toujours considéré comme sujet tabou par notre société? Si l'homme est polygame de nature, la femme ne revendique qu'un seul homme et un seul amour.Mais, il arrive qu'il en soit autrement. Enquête sous le sceau de la confidentialité. Femmes infidèles: quel beau sujet pour les hommes! A les entendre, il n'y a que ça. Ne touchez pas à leurs mères, épouses, filles, soeurs: elles sont des parangons de vertu. Foncez sur le reste: elles ont le diable au corps. Mais que reste-t-il si on exclut les membres féminins de chaque famille? En fait, la femme infidèle, c'est toujours celle des autres, jamais la nôtre. Machisme? Aveuglement? Allez savoir ce qui se niche dans la cervelle d'un homme. Casa regorge d'histoires de femmes infidèles dans la jet set. Vraies ou fausses, elles servent à alimenter les dîners en ville. Elles ont fonction d'amuse-gueule. Qu'on ne se méprenne pas: ces femmes qui ont sauté le pas ne sont pas plaintes. On ne dit pas d'elles: «Pauvres d'elles, elles ont chuté”; non, on parle d'elles sur un ton cocasse, on les remercierait presque pour le tour qu'elles ont joué à leur mari. Vu de l'extérieur, on pourrait dire que rien n'est simple dans les rapports hommes/femmes. L'un a tous les droits, l'autre n'a que des devoirs. Moitié de l'homme ailleurs, restes de l'homme ici.Restes, comme on dirait des restes d'un repas. Vue de l'extérieur, la femme n'est donc rien. Vu de l'intérieur, le propos sera plus nuancé. Disons que chaque couple a son histoire et ses rapports de force. Ici, c'est l'homme qui domine, il a le droit avec lui; là, c'est la femme qui s'impose, elle a sa force de caractère. . L'adultère, un sujet tabouMais l'adultère est-il une affaire de rapports de force dans le couple? «Oui, nous dit Saïda, quand la femme est maltraitée par son mari, quand elle n'a pas droit à un brin de tendresse, quand la Moudawana l'empêche de partir, elle cherche son salut ailleurs». Ailleurs, où? «Là où elle le trouve!» Saïda porte le hijab. Elle dit joliment que les hommes le portent eux aussi mais «dans leur petite cervelle». Si nous avons pris le témoignage d'une femme qui conçoit autrement la modernité que les Occidentales - pour employer un euphémisme - c'est pour montrer qu'au-delà des divergences sur le mode de vie, les femmes sont beaucoup moins promptes à condamner l'adultère que les hommes.Pour elles, on ne saute pas le pas quand on n'est pas poussées à bout. Mais d'abord peut-on identifier ces femmes dans une société où le sujet est quelque peu tabou. Ecoutons Aboubakr Harakat, psychothérapeute sexologue: «Ça dépend des régions. Globalement, c'est un sujet tabou. J'ai une amie, de la région du Souss, qui m'a parlé des femmes de son patelin. Il semble qu'elles parleraient des relations adultérines sans ambages. J'ai trouvé ça très intéressant et j'ai bien envie d'enquêter sur place. Dans la société, c'est un sujet tabou et une pratique condamnable». Condamnable. Le terme est lâché. Et pourquoi donc? «Parce que la religion la condamne, mais il y a aussi l'hypocrisie sociale. Je pense qu'il y a une certaine tendance de la société à ne pas trop parler de ce sujet pour préserver les relations maritales. Quand une relation extraconjugale est mise sous éclairage, c'est automatiquement le divorce et la dislocation de la famille». Mise sous éclairage. Retenons cette phrase dont l'antinomie est l'ombre, la nuit que chante avec sensualité tous les poèmes et toutes les chansons arabes. De Sayyad Mekkaoui à Kazem Saher. La nuit complice des amoureux et des amours souvent illicites quand ils ne sont pas impossibles. La nuit complice de tous les secrets, mais aussi protectrice. Dans nos sociétés, il y a le dit et le non-dit. Tout ce qui risque de porter atteinte à l'équilibre de la société fait partie du non-dit. Cette culture de la discrétion fait partie de nos moeurs. Aussi loin qu'on remonte dans l'histoire.Harakat cite à l'appui le Prophète: «Un jour une femme est venue lui demander d'appliquer sur elle la loi qu'on réserve à ceux qui ont commis l'adultère. Lors de ses deux premiers passages, le Prophète lui rétorque qu'il préfère qu'elle ne lui parle pas de ce sujet. Ce n'est qu'à la troisième reprise qu'il a fait appliquer la sentence, c'est-à-dire le fouet». Pour notre interlocuteur, le message du Prophète est donc clair: celui qui commet un pêché doit s'entourer de secret. Ne pas le révéler, c'est déjà une manière de protéger la société, de protéger l'autre aussi». Ce culte du secret, de la discrétion sous toutes ses formes, le Prophète le préconise même dans les affaires. De la discrétion partout et en tout, voilà les secrets d'une bonne vie, comme auraient dit les Epicuriens revus et corrigés par Casanova, tombeur de centaines de femmes mariées. . Aucun chat ne fuit la maison où il y a la fêteSi l'homme est polygame de nature, séparant avec jubilation le sentiment de la chair, la femme est polyandre. Toutes les études sur le comportement humain l'ont démontré: la femme n'est infidèle que si un certain nombre de choses l'y pousse. Harakat résume tout ça par un proverbe marocain: «Aucun chat ne fuit la maison où il y a la fête. Si une femme vit une relation épanouie avec son mari, si elle est satisfaite sur le plan sexuel et relationnel, il y a très peu de chances pour qu'elle aille voir ailleurs». Et pourquoi donc? N'est-elle pas une créature du diable, comme la dépeignent les intégristes de tous bords, cette femme, enfant malade et 12 fois impures, comme l'a écrit Musset? Non, c'est un être tout en sentiments, cette douce moitié qu'on découpe parfois en mille morceaux. «La femme en général est plus portée sur le sentimental: tendresse, délicatesse, petites attentions… Des rapports éthiques. Une femme qui bénéficie de beaucoup de tendresse et satisfaite sexuellement de temps en temps, peut se contenter de ça, un homme non. Même satisfait, il ira chercher ailleurs. Ce qui pousse une femme à avoir une relation extraconjugale, c'est d'abord l'homme. Soit elle a été mariée contre son gré, soit de son plein gré pour fuir la sévérité parentale ou sortir sa famille d'une mauvaise passe. Soit plus rien ne la lie à son mari qui refuse de lui donner sa liberté», précise Aboubakr Harakat. Pour notre interlocuteur, et pour toutes les femmes qui ont bien voulu témoigner sous couvert du secret, la Marocaine ne cède pas aux démons de la passion parce qu'elle a le diable au corps ou tout simplement parce qu'elle a le béguin pour un autre. Ailleurs, c'est monnaie courante que de voir des femmes à mi-vie changer de partenaire parce qu'elles n'aiment plus l'autre. Ici, non. De par sa culture et son éducation, la Marocaine qui se marie reste fidèle sentimentalement et physiquement. Sauf…Harakat reconnaît que beaucoup de femmes infidèles viennent en consultation: elles vivent très mal cet état. «Il y en a d'autres qui viennent me voir comme dernier tremplin avant de franchir le pas. Souvent, leur mari refuse le divorce. Elles sont irréprochables sur tous les plans: physique et moral». François Mitterrand, grand connaisseur du beau sexe, a dit que quand la femme est bien, elle est meilleure que l'homme, et quand elle n'est pas bien, elle est pire. Ajoutons que si elle est pire, c'est souvent parce que l'homme lui a fait ingurgiter de la vache enragée. Femmes, on vous aime…


Quand le vilain mari chasse le prince charmant

La quarantaine épanouie, à vue de nez, c'est une femme de caractère, femme de conviction aussi. Rien d'une Bovary qui a sauté le pas par désoeuvrement. Rien d'une dévergondée non plus. Toujours mariée, deux enfants, elle reconnaît avec des trémolos dans la voix qu'elle a un petit ami depuis 7 ans qu'elle l'adore. Et pourquoi donc un petit ami? Elle respire un bon coup et nous raconte son histoire en deux mots. Elle a fait un mariage d'amour après avoir étudié et travaillé 10 ans en France. L'homme, qui vivait avec elle en France, était un joyeux drille, plein de charme et de chaleur. Celui qu'elle retrouve à ses côtés au Maroc est devenu d'un rigorisme religieux qui n'admet aucun compromis. Comme le chante Nougaro, le vilain mari a chassé le prince charmant. Ne partageant plus rien avec son mari, Fatiha rencontre un homme qui répond au même schéma que l'homme qu'elle a épousé. Elle le prend comme amant ou plutôt comme mari de substitution. Est-elle heureuse? Elle élude: plutôt partagée. Sans doute un problème de conscience. Elle soupire: oui. Elle est ainsi la femme toujours partagée, toujours coupable… H.G.

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