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    La Direction de la Statistique se penche sur les médinas

    Par L'Economiste | Edition N°:641 Le 18/11/1999 | Partager



    · Douze villes retenues pour l'étude
    · Plusieurs facteurs militent en faveur du déclin des populations des médinas, dont le faible taux de fécondité et le poids de la migration


    S'il y a un trait commun dans l'évolution démographique des anciennes médinas durant ces dernières années, c'est bien celui du dépeuplement. Initialement terre d'immigration, la médina-type se présente désormais comme un espace plutôt répulsif où réside une population peu féconde et démographiquement vieille. C'est du moins ce qui ressort d'une récente étude de la Direction de la Statistique. Les données utilisées dans cette opération proviennent d'un traitement spécial des deux derniers recensements de la population. L'étude s'est basée sur l'examen de plus de 20 médinas situées pour moitié environ dans les grandes agglomérations urbaines et pour l'autre dans de petites et moyennes villes. Compte tenu des contraintes techniques rencontrées, le choix des médinas s'est porté sur les plus peuplées d'entre elles, à savoir celles qui comptent au moins 10.000 âmes. Douze ont été ainsi retenues. Il s'agit de celles de Marrakech, Fès, Meknès, Casablanca, Salé, Tétouan, Rabat, Essaouira, Tanger, Tiznit, Chefchaouen et Ouezzane.
    L'examen de la tendance d'évolution des populations de ces médinas a révélé l'ampleur du phénomène de dépeuplement dont elles sont désormais le théâtre. Excepté Tiznit, dont la croissance positive s'est effectuée à un rythme inférieur au rythme national (2,1%) et Sidi Belyout à Casablanca dont la population est restée constante, toutes les autres médinas sont soit en dépeuplement plus ou moins avancé (huit médinas), soit en phase de recul. "Ce constat n'est pas sans suggérer une certaine liaison entre la taille initiale de la médina et le sens d'évolution de sa population", est-il indiqué. En effet, plus peuplée est la médina, plus grandes seraient les chances de voir sa population décliner.
    Le rythme de ce déclin ne semble toutefois pas dépendre de la taille de la médina. Ainsi par exemple avec une population 12 fois plus grande que Tanger, Marrakech-médina affiche le même taux de croissance.

    Seuil de renouvellement des générations


    Mais au-delà de ces observations, quels sont les facteurs explicatifs de ce dépeuplement?
    L'étude a révélé que la médina est depuis longtemps le théâtre d'un processus d'essoufflement démographique. La population originaire affiche une très faible fécondité. Le nombre d'enfants par femme atteint à peine le seuil de renouvellement des générations. En fait, seules deux médinas sur douze atteignent ce seuil (Ouezzane et Chefchaouen), alors que dans les autres, "les niveaux de fécondité enregistrés n'ont rien à envier à ceux des pays d'Europe occidentale les moins féconds".
    Les immigrés affichent en revanche une fécondité élevée. Très souvent, le nombre d'enfants par femme immigrée varie entre 3 et 4 enfants. Il dépasse parfois même cette limite supérieure. L'étude des facteurs de l'évolution démographique des médinas révèle toutefois que si leur solde naturel est le plus souvent très faible, il n'en resterait pas moins partout positif. Le phénomène de dépeuplement trouverait-il ainsi son explication dans l'importance relative des émigrations. Les flux d'immigrants et la croissance naturelle auraient été incapables de contrebalancer l'effet de départs plutôt massifs.
    Les recherches menées sur ce registre ont montré que les taux annuels moyens de migration nette des médinas sont dans leur quasi-totalité, négatifs et se situent en dessous de la barre de (-1,5%).
    Mais qu'est-ce qui explique ce départ massif des habitants de la médina?
    Selon l'étude, une chose paraît plus ou moins certaine, l'entassement et la densification qui caractérisent les médinas, sont de nature à se constituer comme raisons valables pour contraindre les ménages à chercher un logement hors des murailles. "Ces éléments ne sont toutefois pas suffisants pour amorcer une décroissance de la population", est-il indiqué. Il semble en fin de compte que le dépeuplement des médinas est régi par plusieurs facteurs qui concourent ensemble pour déclencher le processus de dépeuplement.

    Adil BOUKHIMA

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