Entreprises

La crise japonaise menace la technologie mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:3493 Le 24/03/2011 | Partager
Plusieurs produits de haute technologie sous risque de pénurie
Un effet de hausse des prix attendu jusqu’au troisième trimestre

«Le marché des technologies menacé de pénurie et de hausse des prix» (Ph. AFP)

L’iPad 2 qui doit faire sa sortie mondiale (25 pays) demain, vendredi 25 mars, pourrait être victime des difficultés des fournisseurs japonais. Déjà la firme à la pomme annonce que sa tablette internet sortira en retard au Japon. Il est probable aussi que l’iPad 2 soit disponible en petite quantité. C’est ce que rapporte le cabinet d’études IHS ISuppli qui dresse une situation plutôt alarmante. L’iPad 2 va faire face à «un manque de composants produits dans la région dévastée» constate le cabinet d’études, et il s’agit du «compas électronique d’AKM Semiconductor, très difficile à remplacer, la batterie et, sans doute, la technologie avancée du verre de l’écran produit par Asahi». Les puces mémoires, fournies par Toshiba, peuvent être remplacées par celles du sud-coréen Samsung et de l’américain Micron Technology. Et, poursuit IHS ISuppli, malgré le label «made in China» de la batterie, les composants de celle-ci sont fournis par Apple Japan qui s’approvisionne dans l’archipel et ne pourra plus le faire aisément maintenant. Les autres firmes mondiales ne sont pas en reste. Toshiba, qui livre à lui seul un tiers des mémoires flash dans le monde, déclare passer en revue les installations de ses usines. Son usine System LSI est fermée et le constructeur n’a pas donné de date pour la reprise. Trois usines de Canon et huit de Sony, d’où sortent toute une série d’équipements pour produits électroniques, sont également fermées jusqu’à nouvel ordre. Dans les produits, les mémoires flash Nand (40% du segment mondial), utilisées notamment dans les smartphones, les tablettes et les appareils photo numériques, sont déjà sous observation avec risque de pénurie. Idem pour les écrans à cristaux liquides (LCD) japonais. Les Dram et d’autres semi-conducteurs nippons représentent le 1/5 de la production mondiale et leurs prix grimpent sur le marché international. L’effet Japon va se traduire inévitablement par une pénurie de certains composants vitaux pour la technologie moderne, évolution qui mènera à une flambée de certains prix. Et même s’il apparaît que beaucoup de sites de production n’ont pas été affectés, l’impact sur les infrastructures de transport et d’énergie aura pour conséquence des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement. Le Japon produit 20% de la richesse technologique mondiale. Preuve en est le baromètre fou des principaux composants trois jours après le tremblement de terre. Les Nand ont bondi de 20% et continuent à augmenter par intermittence à raison de 2 à 3%. Les puces mémoires, composants d’ordinateurs, ont augmenté de 7% d’un coup les premiers jours, et gagnent 0,5, voire 1% de valeur graduellement. L’impact du tsunami et de la catastrophe nucléaire sur la technologie mondiale se fera sentir jusqu’à la fin du troisième trimestre.
K. S.

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