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    La Crise d’un autre genre, qui s’annonce avec l’Iran
    Par Richard N. Haass, l’un des penseurs les plus influents sur la politique orientale de Washington

    Par L'Economiste | Edition N°:2931 Le 30/12/2008 | Partager

    Richard N. Haass a été et reste l’un des hommes les plus influents de la politique orientale des Etats-Unis, et ce sous plusieurs mandats présidentiels. Il fut le principal conseiller de Colin Powell (le chef d’état-major qui a fait la première guerre du Golfe, contre l’invasion irakienne du Koweït en 1991, et qui fut par la suite le Secrétaire d’Etat lors d’un premier mandat de Bush). Haass est président du Conseil de la Politique extérieure des Etats-Unis depuis 2003, un think tank indépendant, mais très influent. Il est consulté régulièrement par le gouvernement et ses diverses administrations, ainsi que par les grandes multinationales. Entre temps, il a été coordinateur des alliés en Afghanistan. Il a écrit plusieurs livres sur sa spécialité, la politique étrangère américaine dans la région de l’Asie centrale et du Moyen-Orient. Mais il a aussi produit une réflexion sur le management dans les systèmes bureaucratiquesEn cas de crise, première alternative, Israël ou l’Iran seraient tentés d’avoir recours à l’arme nucléaire, de peur que l’un des deux n’y ait recours. Le risque est là aussi que d’autres pays, comme l’Egypte ou l’Arabie saoudite, ne fabriquent à leur tour des armes nucléaires ou n’en acquièrent. Pour réduire ces risques, les Etats-Unis pourraient décider de doter une sélection de pays de missiles antimissiles et de garanties de sécurité, mais il n’est absolument pas certain que ces efforts réussiraient.De plus, l’amplification de la prolifération nucléaire n’est pas le seul danger si l’Iran poursuit ses programmes nucléaires. Les agissements de l’Iran, directement et indirectement à travers des groupes comme le Hezbollah et le Hamas, ont et continueront d’avoir un impact immense et en grande partie négatif sur l’avenir de l’Irak, de l’Afghanistan, du Liban et de la Palestine. L’Iran est déjà une des nations les plus puissantes du Moyen-Orient. Un Iran nucléaire, convaincu que sa puissance de frappe lui assure une protection considérable, serait susceptible de se conduire de manière plus agressive dans la région.Une seconde alternative serait que les Etats-Unis, Israël, ou les deux attaquent les installations nucléaires iraniennes qui leur sont connues. Une attaque préventive de ce type détruirait une partie ou la plus grande partie des installations et des matériaux nucléaires. Mais une certaine capacité nucléaire subsisterait et les programmes nucléaires pourraient être reconstitués en quelques années de telle sorte qu’il serait beaucoup plus difficile de lancer une nouvelle attaque.Les conséquences, sérieuses, se feraient ressentir aussi bien avant. Il est très peu probable que l’Iran se contenterait d’essuyer des frappes américaines ou israéliennes. Il faudrait plutôt craindre qu’il use de représailles en direction des forces américaines en Afghanistan ou en Irak, qu’il déchaîne des attaques terroristes dans cette région et dans le monde et interrompe le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz. La dernière chose dont l’économie mondiale a besoin est un baril à 200 dollars, mais ce serait ce à quoi on aboutirait. Ce qui est certain, c’est que ces deux alternatives - vivre avec un Iran nucléaire ou l’attaquer - comportent des risques et des coûts élevés. Il serait préférable d’arriver à persuader l’Iran de geler ou de suspendre sa course à l’armement atomique ou, mieux encore, d’abandonner toute autonomie dans le processus d’enrichissement de l’uranium. N’accorder à l’Iran qu’un droit symbolique à l’enrichissement est envisageable, mais tout programme d’enrichissement devrait rester extrêmement modeste de façon à ne pas contenir de menace stratégique. Ce programme devrait aussi être soumis à des inspections fortement poussées, afin que le monde s’assure que l’Iran ne se livre pas secrètement à l’enrichissement d’uranium et à la fabrication d’armes nucléaires.Que faudrait-il pour mettre un terme aux tentatives iraniennes d’enrichissement de l’uranium?Pour commencer, il serait nécessaire de mettre en place un appareil diplomatique qui permette à l’Iran d’avoir accès à l’énergie nucléaire, tout en lui refusant le contrôle physique des matériaux nucléaires. Certaines des sanctions qui pèsent sur l’économie ébranlée de l’Iran pourraient être allégées. On pourrait pourvoir l’Iran de garanties de sécurité et normaliser ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis et les autres pays.Que l’Iran accepte une telle proposition, on n’en a aucune certitude. Mais maintenant que le prix du pétrole est tombé en dessous des 50 dollars le baril, un niveau qui plus que jamais fragilise l’économie iranienne, ce n’est pas impossible. Au cas où l’Iran refuserait d’accepter un compromis juste et raisonnable, il serait utile aussi d’établir clairement que l’Iran se verrait infliger des sanctions supplémentaires, dont des limitations à ses importations de pétrole raffiné. Il serait important de convaincre la Russie et la Chine de soutenir un ensemble de conditions, d’incitations et de pénalités. De plus, on augmenterait les probabilités que l’Iran accepte une offre comme celle-là, si les détails étaient rendus publics. En juin 2009, le peuple iranien pourrait préférer élire des leaders en mesure de garantir un niveau de vie beaucoup plus élevé que ceux qui conduisent le pays droit dans le mur.Mais dans l’éventualité où l’Iran rejette tout compromis diplomatique, même proposé directement par les Etats-Unis, Obama et le monde auraient à choisir entre un Iran doté d’armes nucléaires (ou de la capacité d’en produire rapidement) et le recours à la force pour éviter cette solution. C’est la pire des alternatives, aucune n’étant plaisante. Il est donc d’autant plus important que la diplomatie soit relancée et qu’on lui donne une dernière chance.


    Téhéran, la première crise d’Obama?
    Quand Barack Obama prendra ses fonctions dans quinze jours, il sera accueilli par des défis nombreux et difficiles, à commencer par une crise économique aiguë. Mais il n’aura pas le loisir d’y consacrer toute son attention. Une pléiade de défis l’attendent du côté de la politique étrangère. Il se peut, parmi ces défis, que l’Iran et son programme nucléaire augurent de la première crise de politique étrangère pour le gouvernement Obama.La raison en est simple. L’Iran est très avancé dans l’enrichissement de l’uranium, de manière assez intensive pour pouvoir se doter de l’arme atomique. L’Agence internationale de l’énergie atomique vient d’annoncer que l’Iran pourrait toucher au but en 2009.Un Iran en possession de l’arme atomique, ou de la capacité de produire une ou plusieurs bombes à formule rapide, représente un vrai danger. Toutefois, l’une des voies qui s’offriraient à la nouvelle administration américaine serait l’adoption de l’alternative nord-coréenne consistant à s’accommoder de la menace. Ce choix risque d’aggraver les choses dans un Moyen-Orient déjà instable et exposé aux conflits.Traduit de l’anglais par Michelle Flamand

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