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La compétitivité prise en otage par les mentalités

Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

Le personnel doit suggérer, discuter et convaincre pour permettre à l'entreprise de gagner en compétitivité. Cependant, le système social inhibe les initiatives. A l'orée de l'entrée en vigueur de l'accord d'association, le besoin de changement presse.


Après la crise sociale de 1996, M. Patrick Cazals, administrateur délégué de General Tire Maroc, veut pousser encore plus loin sa volonté de changement. Cette fois-ci, il ne s'agit pas de la chasse directe à la non-productivité. L'entreprise s'est décidée à donner librement la parole aux hommes. Pour qui a misé sur la qualité pour gagner en compétitivité, il ne saurait en être autrement.
L'approche consiste à inviter un animateur externe pour débattre d'un sujet d'ordre général, mais qui a la faculté de pousser à une réflexion sur les dysfonctionnements et les moyens pour les sur-
monter.
Le sujet choisi pour la première conférence interne du 2 juin, «La compétitivité des entreprises marocaines passe par le changement des mentalités», peut paraître rébarbatif. Mais quand il est introduit par un homme au franc-parler et aux idées parfois iconoclastes, en l'occurrence M. Khalid Jamaï, rédacteur en chef de l'Opinion, le piquant n'y manque pas.
En soulignant avec un brin d'ironie qu'il a pris le «risque d'inviter» M. Jamaï, M. Cazals a bien résumé le sens du thème. Le risque était surtout de voir les débats glisser sur le terrain du politique. Il n'en a rien été. Les cadres et agents de maîtrise de la société, d'une part, l'animateur, de l'autre, ont échangé sans dérapages leurs vues sur la question. Au jeu des questions-réponses, M. Jamaï a «craché» pendant deux heures sa vérité sur les blocages du système mental de la population. Des différentes parties de son intervention, il ressort que le chantier de la responsabilisation au sein même de l'entreprise est encore vaste. Pour cause, l'employé est toujours emprisonné dans les structures mentales traditionnelles. De l'avis du rédacteur en chef de l'Opinion, «on demande aux gens de croire, mais non de savoir». Une approche qui, dans la logique, empêche tout esprit d'initiative. Cet état d'esprit est tout à fait contraire à l'introduction de l'approche qualité qui nécessite une participation effective et non un tutorat pour chaque décision. M. Jamaï a souligné que l'ensemble de la société est responsable de la manière de penser, qu'il faudra «révolutionner» .

L'idée pourrait être rapprochée de celle de M. François Périgot, membre du CES (Conseil Economique et Social) français, qui, interrogé sur la mise à niveau lors de la dernière rencontre CNJA-CES, soulignait que le problème est actuellement mal posé. Ecartant l'aspect financier, M. Périgot invitait indirectement les opérateurs à revoir leur manière de penser, de prendre en considération leurs propres moyens pour se libérer de l'assistanat.
M. Jamaï est revenu à une échelle plus bas, celle de l'enseignement. Il souligne, dépité: «Notre éducation ne forme pas des responsables, mais des assistés» . Pour illustration, il cite le problème des docteurs-chômeurs qui est «une aberration» ou «l'hérésie» d'une bourse pour tous. Le conférencier ne met pas en cause la bonne foi des personnes qui militent pour ces revendications,
mais déplore le système qui les a créées.
A son avis, il s'agit de donner la priorité à l'enseignement primaire.
Dans la foulée, M. Jamaï souligne que la nouvelle génération a besoin de démocratie. Celle-ci passe par la création d'un «Etat de droit économique», estime-t-il. Prenant l'exemple des pays anglo-saxons où les délits financiers sont durement réprimés, il souligne que la loi doit être stricte pour tous les opérateurs. En d'autres termes, c'est à partir d'une bonne application et du respect des textes qu'émergera une véritable démocratie politique. M. Jamaï soulève au passage la question de l'opportunité des «gentle-men's agreements» alors qu'il existe des lois. En dépit des pesanteurs, le conférencier considère qu'il «n y a pas de complexe à nourrir». La société dispose de moyens pour relever les défis. Erreur à éviter: ne pas s'enfermer dans les notions de spécificités toujours ressassées. Le changement (l'apport extérieur) doit être accepté et intégré.

Alié Dior NDOUR


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