×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie Internationale

    La Commission Européenne jette l'éponge

    Par L'Economiste | Edition N°:465 Le 17/03/1999 | Partager

    · Victoire de la démocratie ou preuve de dysfonctionnements?

    · L'Euro se porte mal après la démission

    · Londres exige le réengagement de ses deux commissaires


    LES Eurosceptiques comme une partie des journalistes et des politiques britanniques seront confortés dans leur thèse. La démission collective des vingt commissaires européens annoncée dans la nuit du lundi leur donne une raison supplémentaire. Dans cette crise, c'est surtout le Parlement européen qui sort gagnant. Ce dernier remporte finalement une victoire décisive sur son principal rival dans les institutions de l'Union.
    La décision de la démission fait suite à un rapport sans précédent sur la responsabilité des commissaires européens dans des affaires de fraude: les principales irrégularités reprochées concernent les programmes Leonard De Vinci pour la formation professionnelle, dirigée par Mme Edith Cresson, MED (aide aux pays méditerranéens), sous la responsabilité de Manuel Marin, l'aide aux pays de l'Est à la charge de M. Hans Van den Broek, l'Office d'aide humanitaire de l'Union Européenne dont la charge incombe à Manuel Marin et les nominations et contrats favorisant des proches.
    Pis, le rapport du Comité des Sages mandaté par le Parlement européen et constitué de cinq experts indépendants accuse les vingt commissaires de perte de contrôle sur leur administration. Autour de son président Jacques Santer, la commission a tenu hier une réunion extraordinaire. Au programme aussi une rencontre avec les présidents de groupe au Parlement européen.
    M. Santer annoncera les commentaires de son collège sur les conclusions du rapport du Comité des Sages. Par la même occasion, la Commission expliquera les motifs de sa décision.

    Modération des Allemands


    La démission de la Commission a eu un impact sur le cours de l'Euro dans les bourses internationales. Ainsi, la monnaie européenne a chuté sur le marché des changes de Tokyo. L'Euro est coté 1,0825 Dollar contre 1,0940 dans la soirée de lundi à New York. Si la démission est perçue négativement par les marchés financiers, le gouvernement allemand accepte "avec respect la démission de la commission". De son côté, Londres a fait savoir qu'elle fera le nécessaire pour réintégrer ses deux commissaires à Bruxelles.
    Le scénario de l'affaire de la démission remonte à juillet 1998 quand un député européen a annoncé la mise à l'écart d'un fonctionnaire européen soupçonné de détournement de fonds humanitaires. Une enquête interne, lancée alors par la Commission européenne a conclu que plusieurs millions d'Euros ont été détournés. Les révélations sur les dysfonctionnements sont apparues après dans la presse.
    Le déficit de transparence dans les justifications de la commission a conduit le Parlement européen à voter une motion de censure qui n'a pas réussi à avoir la majorité en janvier 1999. Mais le Parlement n'a pas baissé les bras. Il a pu imposer un audit à la Commission par des experts dans les questions financières et comptables.

    Mohamed DOUYEB (AFP)

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc