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La CIOR affine sa stratégie

Par | Edition N°:249 Le 10/10/1996 | Partager


Réduction du délai de paiement, changement de logo, implantation à Nador, augmentation des capacités... la CIOR affûte ses armes pour un retour aux bénéfices.

«LES résultats de la CIOR s'améliorent. Hier, la société perdait de l'argent, aujourd'hui, elle en gagne». Cette annonce a été faite par M. Benoît Henri Koch, membre du comité exécutif de Holderbank, groupe suisse qui détient 51% des actions des Ciments de l'Oriental. L'occasion se prêtait à ce genre de déclaration face à un parterre composé d'opérateurs du secteur et d'officiels venus fêter la nomination de M. Youssef Ennadifi aux fonctions de PDG.
M. Koch a également fait part du rôle que doit jouer son entreprise dans le recyclage des déchets et la protection de l'environnement. Pour lui, ce créneau porteur est à investir dans les années à venir. Le concept environnemental de la CIOR, indique M. El Hassani, responsable à la CIOR est basé sur le principe du développement durable, qui satisfait les besoins de l'entreprise sans compromettre la vie des générations futures. D'ailleurs, explique t-il, l'entreprise a développé une politique volontariste de vente en vrac en installant des silos sur les chantiers. Ce procédé coûte moins cher et préserve la forêt servant à la fabrication des sacs.

A ses yeux, l'appréciation des résultats a été obtenue par une réduction des coûts, l'optimisation de la logistique et l'amélioration de la distribution et du chiffre d'affaires. Les perspectives à venir permettent d'escompter des bénéfices, assure M. El Hassani.

Plate-forme ouverte sur la Méditerranée


Cela va déboucher sur la distribution, l'année prochaine, de dividendes au titre des résultats de 1996. Il affirme qu'à fin septembre les ventes de la CIOR ont enregistré une hausse de 2%, soit 0,8 point de plus que le marché. Par ailleurs, il est indiqué que la capacité de production de la CIOR est passée à 2,2 millions de tonnes contre 2 millions l'année dernière, répartie entre les usines d'Oujda et de Fès.
Par ailleurs, la Cior a changé son logo en ne conservant que sept branches, symboles des valeurs clefs de l'entreprise (la rigueur, la transparence, l'écoute...). La Cior s'est dernièrement implantée dans la zone industrielle de Sélouane, près de Nador, avec un centre de distribution et de broyage d'une capacité de 400.OOO tonnes par an sur une superficie de 5 ha. Une centrale à béton est prévue. Il s'agira de la première du genre dans la région. Cet investissement s'élève à 73 millions de DH.
Avec ces installations, la Cior vise les marchés de ciment des provinces de Nador et d'Al Hoceima, deux régions qui consomment environ 380.000 tonnes de ciment par an.

Réduction du délai de paiement


Outre l'importance de ces marchés, le choix de l'implantation de la Cior à Sélouane a été également dicté par la proximité du port de Nador pour l'exportation et l'importation des produits qui gravitent autour du ciment. Le plan d'aménagement de cette ville, en cours d'approbation, et qui prévoit une extension d'environ 220 ha, n'est pas étranger à cette implantation.
Outre cette position de plate-forme ouverte sur la Méditerranée, la Cior a décidé de réduire le délai de paiement des factures par ses clients. Par un courrier signé par M. El Hassani et adressé à plusieurs entreprises, la société les informe que les «factures doivent être réglées dans un délai de 15 jours», au lieu de 60 jours auparavant. La mise en application de cette nouvelle disposition est prévue pour novembre prochain afin de leur permettre de prendre les dispositions nécessaires.
Cette décision sur les conditions de paiement est diversement appréciée. Plusieurs entrepreneurs, particulièrement ceux qui réalisent des marchés pour le compte de l'Administration, affichent une inquiétude. «Leur trésorerie risque en effet de connaître quelques perturbations, sachant que les pouvoirs publics règlent les factures dans un délai allant de 60 à 90 jours, quand ce n'est pas plus», soutient M. Abdallatif Lyoubi, directeur général d'Exel-Bat. Cette inquiétude est nourrie par le fait que cette décision vient au moment d'une reprise des ventes de ciment et au début d'une relance de la construction, tirée par la première tranche du programme des 200.000 logements initiés majoritairement par les établissements publics.

Pour M. El Hassani, il ne s'agit pas d'une réduction de délai résultant d'une méfiance à l'égard des entreprises, mais d'une recomposition de l'offre commerciale. «Nous sommes disposés à discuter avec nos clients pour faire un package où le prix traduit le mode de paiement». Ainsi, l'entreprise n'est plus disposée à être le pourvoyeur de crédits à ses clients. Le coût financier doit être réparti équitablement entre le client et le fournisseur sans toucher à l'équilibre contractuel, est-il indiqué. «Le manque de liquidité bancaire est venu renchérir le coût du crédit et faisait porter aux fournisseurs un poids croissant et coûteux dans le financement des transactions commerciales avec leurs clients», indique le courrier de la Cior.

M. C.

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