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Culture

La Chine, une civilisation plus un Etat

Par L'Economiste | Edition N°:1431 Le 07/01/2003 | Partager

La Chine est la future très grande puissance mondiale: «Personne ne peut aller contre la démographie«, disait Alfred Sauvy et ce, surtout quand cette démographie vient de changer de système économique pour devenir plus efficace, en s'appuyant sur une résurgence civilisationnelle.Pourtant, la Chine vient de très loin. La dynastie Ch'ing en plein déclin au début du XXe siècle a été incapable de s'adapter avec succès à l'influence occidentale. La Chine a été vaincue, exploitée et humiliée par le Japon et les puissances occidentales. Après la chute de la dynastie en 1910, elle a connu la division, la guerre civile, et les dirigeants intellectuels et politiques chinois qui s'opposaient se sont ralliés à des concepts occidentaux concurrents: - Les trois principes de Sun Yat-Sen, le nationalisme, la démocratie et la vie du peuple; - Le libéralisme de Liang Ch'i-Ch'ao; - Le marxisme-léninisme de Mao Tsé-Toung. A la fin des années 40, les emprunts à l'Union soviétique ont pris le dessus sur ceux venus d'Occident (le nationalisme, le libéralisme, la démocratie, le christianisme), et la Chine est devenue une société socialiste.A la fin des années 70, l'échec économique du communisme et la réussite du capitalisme tant au Japon que dans d'autres sociétés asiatiques de plus en plus nombreuses ont incité le nouveau pouvoir chinois à s'écarter du modèle soviétique, lequel s'est d'ailleurs effondré 10 ans plus tard. Les Chinois ont été confrontés à la question de savoir s'ils devaient se tourner vers l'Occident ou bien régresser. Cependant, cette orientation occidentale n'a reçu le soutien ni des quelques centaines de personnes qui comptaient à Pékin ni des huit cents millions de paysans vivant à la campagne. A la place, le pouvoir a opté pour une nouvelle version du Ti-yong: capitalisme et participation à l'économie mondiale d'un côté, autoritarisme et réengagement dans la culture chinoise traditionnelle de l'autre. A la légitimité révolutionnaire issue du marxisme-léninisme, le régime a opposé la légitimité pragmatique fournie par le développement économique et la légitimité nationale fondée sur l'affirmation du caractère distinctif de la culture chinoise. Le régime d'après Tian'anmen a embrassé avec empressement le nationalisme chinois pour se donner une légitimité et a, en toute conscience, stimulé l'antiaméricanisme pour justifier son pouvoir et son comportement. Un nationalisme culturel chinois est ainsi en train d'émerger, qui influence Taïwan et a permis la récupération de Hong Kong sans difficulté. En Chine même, au début des années 90, le désir s'est développé dans le peuple de retourner à ce qui est authentiquement chinois, c'est-à-dire souvent à un système patriarcal, traditionnel et autoritaire. La démocratie, à la faveur de ce retour à l'histoire, est discréditée, tout comme le marxisme-léninisme, qui ne sont que des emprunts à l'étranger.Au début du XXe siècle, les intellectuels chinois voyaient dans le confucianisme la source de l'arriération de la Chine. A la fin du siècle, les dirigeants politiques chinois célèbrent le confucianisme comme fondement du progrès chinois. Dans les années 80, le gouvernement chinois a commencé à soutenir l'intérêt pour le confucianisme, à propos duquel des responsables du Parti communiste ont déclaré qu'il représentait le fonds de la culture chinoise. Ils y voyaient l'origine de la réussite de Singapour. Dans les années 90, les élites se sont appliquées à réhabiliter les «racines«: même la démocratisation de Taïwan par exemple a été réputée venir de Confucius (Ve siècle avant J.-C.). Qu'ils veuillent justifier l'autoritarisme ou la démocratie, les dirigeants chinois ne cherchent plus une légitimation dans les concepts importés d'Occident, mais dans leur culture chinoise commune.Le nationalisme défendu par le régime est un nationalisme han, ce qui contribue à effacer les différences linguistiques, régionales et économiques à l'oeuvre dans 90% de la population chinoise. En même temps, il souligne les différences avec les minorités ethniques non chinoises qui représentent moins de 10% de la population, mais occupent 60% du territoire. Il fournit également au régime une base pour rejeter le christianisme, les organisations chrétiennes et le prosélytisme chrétien, lesquels représentent une alternative pour remplir le vide laissé par l'écroulement du marxisme-léninisme.

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