×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    La CFDT en séjour d'étude: Le nouveau regard syndical

    Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

    Une vingtaine de cadres de la CFDT, syndicat libéral, passent les évolutions du Maroc sous leur loupe syndicale. Regard plutôt méfiant au départ, qui devient sympathique, et qui donne au passage des clefs d'évolutions possibles.


    Si un mouvement de consommateurs boycotte des produits textiles parce qu'ils sont fabriqués dans un pays qui ne réprime pas le travail des enfants, est-ce un bien ou est-ce un mal? C'est ce genre de questions et quelques autres que se posent les cadres permanents du syndicat français CFDT (Confédération Française du Travail). "Cela ne sert à rien, car le boycott ne touche pas les ateliers clandestins où sont les enfants-travailleurs, car ce sont les entreprises modernes des pays pauvres qui sont sur le marché international, et celles-là n'emploient pas les enfants". Autre voix, autre avis :"Si, le boycott est utile, car la pression des acheteurs peut être efficace sur les gouvernements pour qu'ils se montrent plus soucieux des accords internationaux qu'ils signent". Et encore d'autres avis... Entre les si et les non, le groupe de la CFDT ne tranchera pas. Le responsable de la formation arrête la conversation: "Même à l'OIT (Organisation Internationale du Travail), les avis sont partagés".

    Ce groupe était à Marrakech, au village de vacances de l'ONE, pour une semaine de formation, du 3 au 5 juin 1997, avec dans ce programme une introduction au Maroc préparée par leur correspondant au Maroc, l'UMT: les 12 siècles d'histoire (la sociologue Hind Taarji), la vie contemporaine des institutions (la journaliste Bahia Amrani), le syndicalisme (le sociologue Fouad Bensédik), la libéralisation économique et sociale (l'auteur de ces lignes), le droit du travail (le Pr Larbi Benothmane). Avec des sensibilités et des approches différentes, ces cinq voix décrivent un Maroc qui bouge, et vite, en dépit de son image extérieure d'immobilisme. La première surprise des syndicalistes a été de compter trois conférencières pour deux conférenciers. Dans chacun des ateliers de travail, la place des Marocaines est un long sujet de discussion. La deuxième surprise a été de constater que différences et ressemblances maghrébines ne sont pas où les situent les rapides reportages de télévision. Vieille nation avec un vieux peuple bigarré, le Maroc a ses habitudes pour traiter pacifiquement ses conflits d'intérêts. Pas grand-chose de commun donc avec les violences algériennes ou l'obligation dans laquelle se trouve la Tunisie de supprimer les libertés. Mais vieille nation vaut dire aussi nation difficile à comprendre, avec ses logiques superposées, paradoxales.

    Comment faire chauffer la purée?


    Le paradoxe qui surprend le plus les cadres de la CFDT, c'est la capacité au pluralisme politique qui va avec l'incapacité de renouveler régulièrement les états-majors des partis. Vernis de modernisme sur structures féodales? Non, concluent les cadres de la CFDT. Structures modernes qui ont oublié des poches féodales? Pas vraiment, non plus. "C'est comme une purée qui chauffe, constate une syndicaliste de la région parisienne, il y a des zones complètement froides à côté de petits volcans de vapeur, il faut remuer tout le temps mais pas trop fort, pour que ça chauffe uniformément et que ça ne colle pas au fond du plat".
    La pauvreté et les rapports sociaux dans le travail font le gros des questions. Mais les cadres de la CFDT n'abordent pas le problème comme le font les universitaires qui travaillent sur le Maroc. Les syndicalistes cherchent la dynamique des situations plutôt que leur description. Pour eux, l'exemple-type est de comprendre comment les relations de travail et les comportements des dirigeants et ouvriers dans une entreprise favorisent ou gênent l'entrée de la société dans la concurrence internationale. Les cadres de la CFDT se sont ainsi montrés très attentifs au redressement de Lesieur ou au déroulement du conflit de la Somadir. Les syndicalistes français croient au principe que c'est localement que les représentants syndicaux évaluent le mieux la situation, mais en sachant qu'il faut exclure ce qu'ils appellent "la culture du refus" (attitude consistant à rejeter la négociation ou à exiger que l'intégralité des demandes soit remplie). Une façon de voir qui se répand aussi au Maroc, chez les syndicats et chez le patronat...

    Nadia SALAH

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc