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Affaires

La centrale de Tahaddart opérationnelle en mars 2005

Par L'Economiste | Edition N°:1745 Le 12/04/2004 | Partager

. Une grue géante pour doper le chantier . La centrale couvrira 17% des besoins en électricité du pays José Luis Alfaro parle de la centrale thermique de Tahaddart avec beaucoup de fierté. Directeur général de Energie électrique de Tahaddart (EET), il est en charge de mener le projet. La cinquantaine, les cheveux blancs, cet ancien footballeur professionnel espagnol a troqué ses bottes pour un diplôme d'ingénieur à l'âge de 26 ans. Après avoir contribué à des projets de centrale nucléaire en Espagne et en France, il se retrouve au Maroc. Dans son bureau au chantier de la centrale, tout respire ordre et précision. A Tahaddart, il est à la tête d'un immense chantier de plus de 1.200 personnes avec vingt sous-traitants au moins. Un chantier où l'activité ne cesse pas et où la sécurité est au centre de la démarche. Dès l'entrée, un panneau rappelle les deux principales consignes: le port du casque et des bottes de protection. Sans ces deux éléments, pas question d'y accéder. Même les visiteurs devront chausser ces bottes spéciales s'ils veulent visiter le chantier, et bien sûr porter un casque. Dans le bureau d'Alfaro, la musique classique égaye l'ambiance et fait oublier les bruits des machines que l'on entend dehors, au chantier. Ce dernier paraît comme une énorme usine avec de nombreux corps de métiers. Ici, des ouvriers sont en train de souder une citerne d'eau. Leur travail sera contrôlé par radiographie. Plus loin, des techniciens préparent le socle qui recevra la turbine et l'alternateur. D'autres terminent les fondations de la station de répartition. Du côté de oued Tahaddart, un autre groupe creuse le canal qui acheminera l'eau. Au centre, trône une grande grue de 75 mètres de haut, qui domine tout le chantier. «C'est la plus haute grue du Maroc, mais aussi la plus puissante avec près de 650 tonnes de capacité», commente au passage Alfaro. A côté de cette grue géante, d'autres plus petites font piètre figure, et les ouvriers sont de petits points à peine visibles. La grue aura la tâche de remonter les pièces de la cheminée de la centrale, haute de cinquante mètres, ainsi que certaines composantes de la chaudière. Et ce n'est pas encore fini, le chantier attend l'alternateur et la turbine. Arrivées d'Allemagne il y a quelques semaines, ces deux grandes «pièces», qui pèsent 300 tonnes chacune, transitent par le port de Tanger. Pour les besoins de les acheminer jusqu'à Tahaddart, il faudra utiliser un convoi exceptionnel composé d'un tracteur et d'une remorque à douze essieux (huit roues par essieu). Tout calcul fait, il faudra un engin de 96 roues pour transporter la turbine. C'est pour répartir le poids sur le moyen de transport. Un premier essai à vide a été mené dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Et si tout se passe bien, le convoi devrait se faire le week-end. Il faudra près de 6 heures pour parcourir les trente kilomètres qui séparent la ville de Tanger du chantier. Dans ce genre de cas, le convoi avance au rythme des pas de l'homme. Les obstacles ne manquent pas. Rien que les câbles électriques, il faut à chaque fois les surélever. Ceci nécessite une équipe spéciale. Les initiateurs du projet mettent le paquet et ont eu recours à une technologie nouvelle. «La centrale de Tahaddart est d'un genre nouveau», explique Alfaro. C'est une technologie jusqu'alors inédite au Maroc. Elle fonctionne selon un cycle combiné, alimenté par le gaz naturel. Il s'agit d'une technique qui permet de faire des économies tout en augmentant le rendement. Au lieu de jeter dans la nature les gaz chauds, la centrale à cycle combiné de Tahaddart les réutilise pour faire tourner d'autres turbines afin de produire plus d'énergie. Cette manière de procéder permet d'augmenter le rendement de 38 à 58%. Sans oublier aussi que le gaz utilisé est moins polluant que d'autres énergétiques. Outre les économies lors du fonctionnement, le coût de construction a été aussi maîtrisé. La centrale de Tahaddart n'aura ainsi «coûté» que 240 millions d'euros, soit moins du tiers qu'une centrale sans cycle combiné. La centrale aura une puissance de 384 MégaWatts et pourra fournir 17% des besoins en énergie électrique du Maroc.L'environnement n'a pas été mis de côté. Autour du chantier, une épaisse ceinture d'arbres cache discrètement la centrale. L'ONE, qui participe activement à ce projet, a fait planter plus de 6.000 arbres. «Après la fin des travaux, l'espace occupé pour les besoins du chantier sera dégagé et replanté. La finalisation de la construction sera confiée à un paysagiste spécialisé dans le milieu industriel», note encore Alfaro. La dimension environnementale compte beaucoup dans ce projet, selon le directeur général de EET. Ce qui a motivé, entre autres, le choix du combustible. En effet, le gaz naturel est l'une des sources d'énergie les plus propres. Sa combustion ne dégage pas de fumée et il n'y a quasiment pas de rejets. Dans la pratique, les centrales marchant au gaz naturel rejettent six fois moins d'oxydes d'azote et un tiers en moins de CO2. Des chiffres qui ne laissent pas indifférents les défenseurs de l'environnement. La centrale sera tellement «propre» que déjà ses promoteurs envisagent d'obtenir une certification ISO 14001. “La certification ne constituera qu'une formalité car la notion de respect de l'environnement a été intégrée dès le départ à la conception de la centrale”, souligne Alfaro. Tahaddart a été conçue de manière à répondre aux normes environnementales les plus sévères, celles de la Banque Mondiale en matière d'émissions gazeuses, rejets d'eaux usées et de nuisance sonore. Siemens AG, la société chargée de la construction de la centrale étant elle aussi certifiée ISO 14001. Les travaux (démarrés en mars 2003) vont bon train. Malgré les arrêts causés par les récentes pluies, «le retard a été rattrapé», rassure Alfaro. A ce rythme, le dead-line sera respecté et la centrale de Tahaddart se mettra en marche le 31 mars 2005.


Les atouts de Tahaddart face à Jorf

Parmi les centrales électriques dites de base, celle de Tahaddart peut être qualifiée de taille moyenne. En tête, on trouve la centrale de Jorf Lasfar, avec une capacité dépassant les 1.300 mégawatts, soit trois fois celle de Tahaddart. Jorf Lasfar arrive à satisfaire 60% des besoins en électricité du Maroc. Mais l'unité de Jorf Lasfar fonctionne au charbon, une source d'énergie polluante par rapport au gaz. D'ailleurs, le point fort de Tahaddart réside dans le fait que la centrale fonctionne au gaz. A travers une bretelle de 13 km, la centrale est alimentée à partir du gazoduc Maghreb-Europe, d'une longueur de près de 2.140 kilomètres. Il permet d'acheminer le gaz naturel des gisements algériens de Hassi R'mel en Espagne et au Portugal à travers le détroit de Gibraltar. Ali ABJIOU

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