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La CDG cherche une nouvelle gouvernance

Par L'Economiste | Edition N°:1676 Le 05/01/2004 | Partager

. La Caisse entamera une réflexion sur ses rapports avec les différents centres de pouvoirs.. Elle développe fortement la promotion immobilière, un de ses métiers de base. L'Economiste: A qui rend compte aujourd'hui la CDG? - Mustapha Bakkoury: Notre statut est peu connu, c'est vrai. Tout d'abord, nous produisons un rapport annuel, qui est remis au Souverain. Les formes sont moins solennelles que la présentation du rapport de Bank Al-Maghrib. En outre, nous avons une commission de surveillance, qui n'est pas un Conseil de surveillance au sens de la loi sur la SA. La commission est présidée par le gouverneur de Bank Al-Maghrib. Elle entérine le budget de fonctionnement et les conditions de rémunération des avoirs. Pour les investissements en bons du Trésor et autres produits de taux, nous sommes jugés sur la base des résultats. Pour les actions non cotées, l'aval préalable du ministre des Finances est nécessaire. L'ensemble de ces opérations est contrôlé par le caissier général lequel est rattaché à la Trésorerie générale. Par ailleurs, nous rendons compte à l'inspection générale des Finances et à la Cour des comptes.. Cette construction est-elle toujours valable?- Elle fonctionne en tout cas. Mais nous ne verrions pas d'inconvénient, au contraire, à quelques changements. Par exemple, il ne serait pas mauvais que notre rapport annuel soit davantage connu du public, peut-être devrait-il être soumis au Parlement, pourquoi pas, puisque d'une part, nous gérons les futures retraites, et d'autre part, nous accompagnons la politique d'investissements de l'Etat. Sur le fond, c'est vrai, nous envisageons de mener à terme une réflexion sur le système de gouvernance de la CDG et sur l'interaction avec les centres de pouvoir. L'objectif est de permettre à l'institution d'être en phase avec les mutations de l'environnement.. Vous avez beaucoup d'argent, c'est toujours tentant justement pour les divers cercles de pouvoir de vous entraîner à l'utiliser en fonction de leurs intérêts…- Si vous voulez dire que l'argent des retraites va aux terrains de golf, je vous arrête tout de suite parce que c'est faux. La barrière entre la gestion des retraites et nos fonds propres est parfaitement étanche. De plus, comme je vous l'ai dit, nous sommes évalués en fonction de nos performances, cela limite les risques de dérapage. Mais il est vrai que par le passé il y a eu un ou deux cas de relations difficiles avec des membres du gouvernement parce que la Caisse ne souhaitait pas aller là où on aurait aimé la faire aller. C'était à l'occasion de la création du Fonds d'équipement communal, je pense. Ceci dit, la remise à plat de notre système de gouvernance éviterait tout risque de cette nature.. Vous avez démantelé sans état d'âme la BNDE…- Oui, parce qu'elle nous mettait en danger. Nous l'avons fait en accord avec les directives du gouvernement. Nous étions impliqués à deux niveaux chez elle, dans le capital, pour un tiers du tour de table, et dans une grosse ligne de crédit de 1,5 milliard de DH. L'établissement partait à la dérive et le projet proposé ne permettait pas de sortir de la crise. Nous n'avons eu d'autre choix que d'arrêter l'hémorragie en cherchant les solutions qui seraient plus dynamisantes, comme celle de proposer le réseau à la CNCA qui n'a pas d'implantation d'agences en milieu urbain. En fait, ce n'est pas très connu, mais nous avons à la CDG un vrai savoir-faire en matière de mise à niveau, de restructuration ou de consolidation, ou encore d'accompagnement du développement.. Puisque vous en parlez, la CDG donne l'impression d'avoir des investissements un peu partout mais sans cohérence.- Donnait l'impression, mettez votre phrase au passé, car précisément, nous avons aujourd'hui une vision très claire de notre rôle. Nous accompagnons, nous donnons corps, quand le privé ne le peut pas, à la politique économique du pays. Nous intervenons sur les investissements lourds et longs, parce que nous avons à gérer une épargne longue. Nous accompagnons donc la mise à niveau intérieur du Maroc, et très bientôt nous aurons sans doute à accompagner le développement du pays à l'extérieur. Par exemple, nous sommes dans le tourisme, où notre présence ne doit pas être dans la gestion des hôtels, mais dans la constitution des infrastructures, la construction des hôtels plus que leur gestion, la participation au plan Azur. Nous sommes très présents dans le port Tanger Med ou dans les zones industrielles, parce que ce sont des investissements structurants de l'économie nationale.. Vous êtes beaucoup dans l'immobilier aussi?- Enormément! Encore une fois, nous sommes là pour accompagner la politique de proximité de l'Etat. Nous faisons de tout dans l'immobilier. Le premier terrain qui vient d'être ouvert est situé à Aïn Aouda. D'une superficie de 60 ha, il sera dédié à la construction de logements. Par ailleurs, nous sommes en train d'acquérir plusieurs lots d'une superficie globale de près de 250 ha à Marrakech. Ces terrains sont tous à vocation touristique. A Casablanca, les terrains identifiés relèvent pour partie des zones de logements et des zones d'activité. Plus de la moitié de la superficie totale est située dans la région de Casablanca, notamment à Ahl Loughlam, Bouskoura et Dar Bouazza.En tout cas, sur les grandes parcelles, nous prévoyons des aménagements intégrés de type Hay Riad de Rabat. Ce programme a été une belle réussite à tous points de vue. . Vous faites aussi du recasement de bidonville?- Effectivement et nous y avons un bon savoir-faire, en particulier pour éviter les problèmes d'ayants droit. Par exemple, nous sommes très discrets au démarrage de manière à recenser correctement les familles. Ceci pour ne pas avoir affaire par la suite aux faux ayants droit qui viennent ensuite perturber la marche du chantier.. Et comment négociez-vous avec le gouvernement sur ces projets où la pression sociale et politique peut devenir très forte? - De manière générale, la CDG s'inscrit dans le cadre d'une vision qui lui est propre. Pour l'exercice de notre activité immobilière, nous avons des règles et des contraintes dont nous devons tenir compte. Si notre vision épouse celle des pouvoirs publics, nous négocions certaines dispositions pour pouvoir travailler en synergie. Dans le cas contraire, soit la CDG ne s'engage pas, soit elle s'engage sous conditions afin de rester conforme à ses critères. En clair, si l'opération est équilibrée, la CDG s'implique car elle fait valoir son savoir-faire, son expertise technique et sa vocation à investir dans le long terme. A travers sa filiale spécialisée, la CGI, elle est en mesure de suivre et de piloter l'opération tout en respectant les délais. Il lui est alors possible de contribuer au développement économique sans perdre de l'argent.Pour le cas du quartier El Kora, par exemple, l'équilibre financier de l'opération n'était pas établi au départ. Or, l'opération présente un intérêt évident pour la collectivité car elle concerne une zone importante dont la valorisation aura un impact sur Rabat. L'appui du Fonds Hassan II a permis de compléter le financement de l'opération et de respecter nos critères de rentabilité.. Pensez-vous que seule la CDG est à même de piloter ce genre d'opération?- Non, si demain les opérateurs privés manifestent un intérêt pour ce type de projet et prennent le relais, la CDG pourra prospecter d'autres créneaux. D'ailleurs, nous nous inscrivons dans ce processus, notamment dans le secteur hôtelier. Nous nous sommes impliqués au moment où il n'y avait pas de repreneurs. Aujourd'hui, la CDG peut encore intervenir mais aux côtés de professionnels et sans perdre de vue ses critères de rentabilité. Propos recueillis par Mouna KABLY et Nadia LAMLILI

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