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    Courrier des Lecteurs

    La Bourse de Casablanca fait peau neuve

    Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

    La Bourse de Casablanca retrouve une seconde jeunesse. Le plan de communication est bouclé et la plate-forme électronique opérationnelle depuis quelques semaines. Une pièce manquante: le Dépositaire Central.


    Cette semaine, la Bourse de Casablanca est sous les projecteurs.
    Inauguration officielle des locaux et de la plate-forme électronique par SAR le Prince Héritier lui-même, démarrage du plan de communication, diffusion de son identité visuelle et de sa signature institutionnelle.
    Le système de cotation électronique a démarré depuis quelques semaines, avec les quatre valeurs les plus liquides du marché, à savoir la Samir, la Sonasid, Fertima et la BMCE. Le plan de charge prévoit une période de 6 à 8 semaines, avant l'intégration définitive de l'ensemble des valeurs cotées et la disparition de la criée.
    L'agence Saga pilote la stratégie de communication, et c'est Design Strategy (Paris) qui a conçu le logo. Le Conseil d'Administration de la Bourse a alloué un budget de 4 millions de DH pour l'exercice 1997 pour mettre en oeuvre le plan de communication.
    La première phase, qui s'étalera sur les six prochains mois, vise à sensibiliser le grand public, via des supports multimédia, le but étant de créer une relation de proximité et développer une culture boursière.

    "L'engouement des épargnants s'étant opéré beaucoup plus tôt que prévu, nous mettrons davantage l'accent sur les émetteurs potentiels", précise M. Amyn Alami, président-délégué de la SBVC.
    Un road-show est d'ores et déjà programmé pour la mi- avril. Objectif: recruter 200 entreprises cotables en levant les freins et en instaurant un climat de confiance pour arriver au rythme d'une introduction par mois. Au programme, tournées nationales et à l'étranger, réunions trimestrielles à thème et création d'un club de la Bourse.
    Il est également prévu de mettre à contribution toute la communauté financière dans les opérations de relations publiques, en la convainquant de la pérennité et de la rentabilité de l'activité boursière.

    La Bourse n'est pas un casino


    "La croissance passe par la Bourse". C'est autour de cette signature institutionnelle que va s'articuler la campagne globale.
    Il s'agit à la fois de croissance économique, de croissance de l'épargne des porteurs et de croissance de l'entreprise émettrice. Le message évoque donc la vocation de la Bourse, sous toutes ses facettes. "La Bourse n'est pas un casino, elle a une mission d'intérêt public au service de la croissance économique et sociale", explique le président de la SBVC. "On ne vient pas en bourse pour trois mois, et ceux qui contractent un prêt bancaire pour investir en bourse s'exposent à court terme au risque de gagner mais aussi de perdre".
    Face à la flambée des cours, les intervenants en bourse sont plutôt sereins. "Cette hausse résulte du libre mouvement de l'offre et de la demande du marché et il n'y a aucune raison d'adopter une attitude interventionniste". Pour réduire la pression de la demande de titres, des actions structurelles, notamment des émissions spéciales de Bons du Trésor orientées vers les OPCVM, pourraient être suggérées.

    "Les transactions se déroulent dans le strict respect de la réglementation et chacune d'elles reflète la réalité", souligne M. Mohammed Benmoussa, président de l'APSB (Association Professionnelle des Sociétés de Bourse). Il est clair que la décision de placer en bourse doit répondre à une vision à long terme.
    Concernant l'évolution du marché, chaque analyste financier y va de sa propre interprétation. "Cette divergence découle des anticipations spécifiques à chacun et détermine le sens des positions sur le marché. C'est ce qui permet la concrétisation des transactions", souligne M. Benmoussa.
    Quant au risque de voir les fonds étrangers déserter la place en réalisant des plus-values, le président de l'APSB se dit confiant, car les arbitrages des institutionnels ne mettent pas en péril le marché. Celui-ci est largement porté par l'épargne institutionnelle locale et le grand public. L'achèvement de la réforme devrait contribuer à une plus grande efficience du marché. Le maillon manquant, le Dépositaire Central, est censé hisser la place vers les meilleurs standards interna-tionaux.


    Qu'est-ce qui dope les cours?


    UN vent d'euphorie souffle sur la Bourse de Casablanca depuis le début de l'année. Les principaux indices ont tous dépassé ou approché leur performance de l'année dernière, au point que quelques boursicoteurs ont craint un moment une sérieuse correction.
    A la clôture de la séance du 21 mars, CFG 25 et l'Indice Général affichaient respectivement une progression de 31,95 et 33,89%, contre 30,90 et 30,74% sur toute l'année 1996. Quant à l'USI, il s'était apprécié de 31,01% au lieu de 36,24 à fin décembre 96. Dans le même ordre, la capitalisation boursière a fortement gonflé pour atteindre un peu plus de 105 milliards de Dirhams à la mi-mars.
    En début d'année, les analystes étaient encore très prudents en raison notamment de la modestie des prévisions de croissance (4%), qui pourraient même être revues à la baisse si le climat estival persiste durant les prochains jours.

    Par conséquent, il était prévu une petite décélération après la bonne performance de 1996. Au mieux, des analystes avertis tablaient sur une progression annuelle de 20% en 1997.
    Du coup, nombre de boursicoteurs se sont interrogés sur les raisons de cette flambée précoce, d'autant que les anticipations sur les bénéfices 96 avaient normalement fini de soutenir les cours.
    Pour autant, il n y a pas péril en la demeure. Les responsables de la Bourse de Casablanca ont souligné qu'il n'existe aucun risque de crash. Il est expliqué que l'évolution des cours résulte de la confiance dans le marché.
    Sentiment qui s'est très vite traduit par des anticipations sur les moyen et long termes. Cette explication est partagée par le directeur d'un département de recherche d'une banque de la place qui mise sur une performance encore plus importante.
    Hormis l'effet sur la demande du transfert de l'épargne des dépôts à terme vers la bourse engendré par la décrue des taux (encore à vérifier), il avance que plusieurs valeurs, longtemps sous-cotées, tendent vers leur niveau réel. En l'absence d'une réévaluation des bilans, la plupart des sociétés cotées valent mieux que ce qui est divulgué par leurs comptes, est-il ajouté.
    Pour l'instant, la confiance est intacte et le marché reste toujours ferme.

    Alié Dior NDOUR




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