×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Culture

    La bonne gouvernance part de la transparence
    Par R. Seddik Seghir, expert-comptable

    Par L'Economiste | Edition N°:2657 Le 22/11/2007 | Partager

    Le cinquième Congrès de l’Ordre des experts-comptables qui s’ouvre ce matin à Marrakech, est consacré à la transparence financière. L’intérêt porté à cette problématique ne cesse de croître ces dernières années. En effet, investisseurs et tiers se basent sur l’information financière émise par l’entreprise pour prendre des décisions cruciales. Partant de là, toute altération ou dissimulation de faits économiques significatifs pourrait avoir des effets désastreux pouvant aller jusqu’à mettre en danger la pérennité de l’entité émettrice. C’est en effet ce qui a été constaté au début des années 2000, lors de l’éclatement de la bulle spéculative après plusieurs années d’euphorie connues par l’économie américaine au cours des années 1990 sous l’effet de la nouvelle économie, de la globalisation et du développement de nouveaux instruments financiers.Ce contexte caractérisé par une forte exigence des investisseurs en termes de rentabilité et par d’importantes hausses des cours des valeurs technologiques, ainsi que par la réalisation de plus-values boursières colossales, a exercé une pression sur le management des entreprises. Certains dirigeants, soucieux de satisfaire ces exigences, avaient usé et parfois même abusé de certaines pratiques comptables dites «agressive accounting». Ainsi, on peut affirmer que la cessation d’activité de certaines entreprises est due essentiellement au non-respect de la transparence financière et de la communication de l’information. L’exigence de la transparence est devenue cruciale dans un environnement caractérisé par la forte pression exercée par les clients sur leur fournisseurs pour obtenir plus d’informations sur la structure de leurs coûts de production afin d’exiger des réductions de prix tout en imposant une forte qualité et de l’innovation; la pression exercée par les investisseurs dont l’objectif principal est l’optimisation de la gestion de leur portefeuille aussi bien en termes de rentabilité qu’en termes de risque; la pression de plus en plus pesante des médias, de l’opinion publique et des pouvoirs publics dont les exigences conduisent aujourd’hui l’entreprise à penser au-delà de l’objectif de rentabilité.Deux perceptions sont développées face à cette pression des «parties prenantes»: certains considèrent que le renforcement des sécurités financières est nécessaire du fait qu’il permet de renforcer les structures de gouvernance, la transparence de son fonctionnement et l’amélioration de l’efficacité économique, chose qui profite à toutes les parties prenantes.D’autres estiment, par contre, que ce renforcement des sécurités empêche les dirigeants de déployer leur stratégie à long terme et favorise les comportements opportunistes se traduisant ainsi par un gaspillage des ressources de l’entreprise. Dans ce contexte, et face à ces préoccupations, le rôle assigné aux auditeurs et commissaires aux comptes s’avère primordial en ce sens que leur opinion sur les comptes et sur les états financiers conditionne la pertinence des décisions prises et rassure les investisseurs quant à la fiabilité des informations émises et publiées par celle-ci.Cependant, le développement que connaissent les marchés de capitaux et les conflits d’intérêt qui peut caractériser la relation de l’entreprise avec les tiers, nécessitent de la part des commissaires aux comptes et auditeurs une approche différente de la question de la transparence financière, qui permettrait d’assurer l’équilibre difficile entre les intérêts divergents de chacune des parties.L’entreprise n’a aujourd’hui donc d’autre choix que d’accepter et de supporter les coûts occasionnés par la transparence et l’obligation de communiquer les informations aux investisseurs et au grand public. Ces coûts permettent de renforcer la crédibilité aux yeux des investisseurs et de renforcer l’image de marque véhiculée auprès des épargnants. En conséquence, les entreprises en défaut de transparence financière, se voient appliquer une prime de risque plus élevée sur les marchés des capitaux. Elles éprouvent plus de difficultés à lever le financement pour leurs investissements. Ce qui constitue un handicap majeur pour leur développement et le renforcement de leur compétitivité.Le service minimal en matière de transparence consiste à produire, tester, diffuser et utiliser les informations relatives à la performance financière en fournissant les éléments nécessaires à l’interprétation économique des comptes. Les commentaires sur les états financiers sont d’autant plus nécessaires que l’information communiquée n’est pas décryptable pour tous les utilisateurs.Ces informations doivent refléter également la performance économique ou stratégique traduisant l’avenir de l’entreprise, sa qualité de management et sa politique de gouvernance qui permettent d’atteindre ses objectifs. Le processus est amorcé dès lors que sont présentées des informations exactes, continues et contrôlables. Ces données peuvent donc faire l’objet de vérification, d’analyse et de comparaison dans le temps et dans l’espace en vue de permettre l’appréciation des résultats. Le processus s’achève par un contrôle destiné à rassurer que, dans le cadre de la communication de ces informations, l’entreprise respecte les normes, lois et règlements applicables.. Les conditions à remplirLa communication financière, vecteur de la transparence financière, devient l’un des soucis majeurs des dirigeants. Il s’agit à la fois d’une obligation et d’un enjeu vital pour la croissance de l’entreprise. Longtemps limitée aux professionnels de la finance, la communication d’informations financières s’adresse aujourd’hui à un public élargi et porte non seulement sur les comptes, mais également sur la situation économique et la stratégie.La transparence suppose un flux d’informations exactes, accessibles à tous, et pouvant faire l’objet de comparaisons et de contrôle. Pour être transparente l’information doit obéir à plusieurs conditions: - Pertinence, c’est-à-dire que l’information doit permettre aux utilisateurs de comprendre les stratégies de l’entreprise (buts et objectifs, organisation, gouvernance de l’entreprise…), et de suivre ses performances économiques et financières ;- Clarté, c’est-à-dire que l’information doit être comprise sans risques de mauvaise interprétation; - Neutralité, autrement dit, elle ne doit pas détourner l’attention des investisseurs sur des problèmes plus importants; - Flexibilité: cela suppose que l’information doit s’adapter à l’évolution des besoins du marché financier.L’information doit être vérifiable et donc s’appuyer sur des pièces probantes et comparables, de manière à permettre l’analyse des évolutions par rapport aux exercices antérieurs; contrôlée afin de sanctionner les fautes et dérogations au règlement; conforme aux référentiels auxquels se réfèrent les analystes pour comparer les performances de l’entreprise; diffusée en temps opportun: tout retard dans la divulgation des informations pourrait remettre en cause sa transparence; enfin communiquée simultanément aux utilisateurs: tout retard de communication à une catégorie d’intéressés pourrait les défavoriser vis-à-vis d’une autre catégorie.


    Ce n’est pas gagné

    Plusieurs facteurs peuvent constituer une entrave à la transparence:- La corruption, le traitement de faveur: des pratiques visant soit à dissimuler une information pertinente pour les destinataires, soit à publier des informations erronées sur l’entreprise. Ces pratiques sont d’autant plus récurrentes que la transparence n’est pas accompagnée par de mesures de contrôle et de sanctions.- La méconnaissance des principes et indicateurs de la transparence de la part de l’utilisateur de l’information: la transparence est elle-même l’aboutissement de tout un travail visant l’instauration d’une bonne gouvernance au sein de l’entreprise.Les lecteurs ne disposant pas d’outils et d’indicateurs à même de mesurer le niveau de la bonne gouvernance (indicateurs d’activité, de résultats…) ne peuvent porter une opinion sur la transparence de l’entreprise.- Absence de cadre réglementaire protégeant l’utilisateur de l’information, ou encore la défaillance des mécanismes mis en place afin d’appliquer les règlements.- Les coûts: l’information n’est parfois pas disponible, du fait que l’entreprise ne dispose pas des moyens humains et organisationnels de la produire.- La difficulté de répondre aux attentes et aux besoins de plus en plus pointus des destinataires pour des raisons de confidentialité. Il faut donc sans cesse arbitrer entre l’utilité et la pertinence que représente l’information financière pour le marché, et le danger que représente l’exploitation que peut en faire la concurrence.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc