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    Courrier des Lecteurs

    La BCE baisse son taux-directeur à 2,5

    Par L'Economiste | Edition N°:482 Le 09/04/1999 | Partager

    · La diminution des taux décidée par la BCE crée l'euphorie sur les marchés financiers
    · Selon des opérateurs, la relance des économies européennes est favorisée après le relâchement des conditions de crédit
    · Des banquiers allemands mettent en garde contre les éventuels risques d'inflation


    La Banque Centrale Européenne (BCE) a décidé jeudi dernier d'abaisser d'un demi-point à 2,50% son principal taux directeur, le taux de refinancement ou REFI. Les deux taux qui encadrent ce dernier sont également réduits. Le taux-plancher au jour le jour (ou «taux de la facilité de dépôt») descend à 1,50% contre 2% et le taux-plafond au jour le jour, ou «taux de la facilité de prêt marginal» à 3,50% contre 4,50% précédemment. C'est à ces taux que les banques commerciales vont emprunter auprès de la BCE. L'objectif est de se procurer la plus grosse part des liquidités dont elles ont besoin à court terme.
    Le relâchement des conditions de crédit intervient à un moment où les économies européennes souffrent d'un ralentissement. Affectés par un essoufflement des exportations lié aux crises en Asie, Russie et Amérique latine, les membres de l'UE ont du mal à résorber un chômage élevé. La baisse décidée par la BCE devrait donc favoriser une croissance soutenue. Selon Emmanuel Ferry de la BNP, la réduction de taux est susceptible d'encourager les ménages à moins épargner et donc acheter davantage de biens. Les industriels, eux, se décideraient à investir, le tout créant un terrain favorable à la croissance. Plus l'économie se dynamiserait, plus l'Euro prendrait des forces face au Dollar.


    Risque d'inflation?


    Le président de la BCE, le Néerlandais Wim Duisenberg, a précisé jeudi soir que la BCE a fait ce qu'il fallait faire et c'est aux gouvernements des pays membres de la zone Euro de poursuivre leurs politiques de réformes structurelles, en particulier sur le marché du travail. Cela est d'autant plus nécessaire qu'il ne faut plus, selon lui, compter sur une nouvelle baisse des taux. De même, le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, a estimé vendredi que la décision de la BCE achevait «un cycle de baisse des taux en Europe».La décision de la BCE a été généralement bien accueillie par les places financières. Ainsi, après un léger accès de faiblesse, l'Euro s'est raffermi vendredi matin sur les marchés de changes européens à environ 1,08 Dollar contre 1,0836 la veille.
    Les bourses européennes, notamment Francfort et Paris, ont salué par une nette progression la baisse des taux de la BCE. Les marchés obligataires européens, eux, étaient euphoriques vendredi matin: les rendements à dix ans se détendant de 0,08 point à 0,09, à 3,80% en Allemagne.
    Cependant, cette baisse des taux n'a pas fait que des heureux. La Fédération des chambres de commerce et de l'industrie allemande affirme «son incompréhension» face à la date et l'ampleur de la baisse choisies par la BCE. «On ne peut en attendre plus d'impulsion pour la conjoncture et l'emploi», a-t-elle estimé.
    Dans le même ordre d'idées, «le problème de croissance n'a pas été résolu par la baisse de taux. La différence de croissance entre les Etats-Unis et l'Europe est appelée à perdurer, même si la BCE a fait ce qu'il fallait au bon moment», juge Eric Chaney, analyste chez Morgan Stanley Dean Witter.
    D'autres encore ont accueilli la nouvelle avec scepticisme. C'est le cas notamment de la Fédération des banques populaires allemandes qui a appelé la BCE à «la vigilance» face à d'éventuels risques d'inflation. Une inflation, souligne-t-elle, susceptible d'apparaître entre autres à cause de la remontée des prix de l'énergie, de hausses de salaires exagérées et d'un relâchement de la politique budgétaire.

    Khalid TRITKI (AFP)








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