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Affaires

La bataille des sièges sociaux fait rage

Par L'Economiste | Edition N°:2089 Le 18/08/2005 | Partager

. Chaque pays essaie d’attirer les centres de décision des multinationales. Le levier fiscal est juste un support dans cette compétition . Tout se joue sur l’image et la qualité de l’environnement Si le Maroc se bat pour attirer les investisseurs étrangers, les pays européens, eux, se livrent une compétition pour localiser les centres de décision des multinationales, ces quartiers généraux où se tracent les stratégies à long terme de grands groupes. Même la Commission européenne, pour d’autres raisons (concurrence entre pays), a simplifié les modalités de transfert des sièges sociaux entre pays membres. Tous les moyens sont bons, dont la carotte fiscale, mais celle-ci arrive loin derrière l’environnement général, les infrastructures et l’image du pays. Le marché est en pleine expansion, souligne un rapport commandité par le Premier ministre français(1). La fiscalité apparaît davantage comme un support et non une panacée à la promotion du pays, relèvent les auteurs du rapport. Elle ne vient qu’en complément d’un cadre général (qualité de l’infrastructure, système de formation, services publics, etc.).Pour le Maroc, l’objectif n’est pas tant d’attirer des centres de décision que d’encourager l’investissement et la création d’emplois. Notre concurrence s’appelle la Tunisie, la Turquie, la Malaisie, voire les «nouveaux» Européens, des contrées avec lesquelles nous sommes en compétition sur les délocalisations industrielles et l’off-shoring. Il reste à construire enfin une stratégie cohérente et crédible de promotion de l’investissement. Pour l’instant, on est loin, comparé à ce que réalisent nos concurrents.. Sacrée Belgique!Dans le contexte européen, la variable fiscale est un levier déterminant dans la mesure où un siège social de droit peut ne pas être forcément le centre de décision réel d’un groupe. Neuf pays européens sur vingt-cinq possèdent un régime adapté aux cadres impatriés et des cadres spécifiques adaptés aux QG des multinationales. La Hollande est connue pour son régime fiscal généreux pour les holdings, qui lui vaut la faveur des grands groupes. La fiscalité des hauts revenus des cadres supérieurs employés dans les quartiers généraux est également un des éléments de compétition. Malgré les mises en garde de Bruxelles et en l’absence d’une harmonisation (que personne ne veut en réalité), la concurrence par l’impôt a encore de beaux jours sur le Vieux Continent. L’exemple de réussite rapporté dans l’étude montre que l’impôt ne suffit pas à se vendre dans la communauté des investisseurs. Le cas de la Belgique est édifiant à cet effet. Malgré des taux d’imposition relativement élevés, ce pays a su faire de la présence des institutions européennes sur son territoire un formidable argument de vente auprès des grands groupes. Au plus fort du débat sur le décrochage de la France et sa perte d’attractivité, la principale question était de savoir comment attirer et retenir les centres de décision économiques? Pourtant, les chiffres de l’Agence française pour les investissements internationaux étaient moins alarmistes que la presse et le discours politique. En 2002, le nombre d’implantations de quartiers généraux des multinationales est passé à quarante contre une douzaine en 1995. Les grands groupes cherchent surtout la visibilité et la stabilité des réglementations. La première mesure préconisée dans le rapport remis au Premier ministre français est de mettre en place des mesures fiscales structurantes et spécifiques pour les quartiers généraux. La deuxième est d’ordre sectoriel. Elle concerne le renforcement de la place financière ainsi que la recherche et le développement. Autre proposition, le développement des centres d’affaires. Pour les Européens, l’enjeu majeur de la présence d’un centre de décision ne se rattache pas seulement à celui de l’emploi, mais touche aussi les décisions d’investissement. On peut citer l’exemple de la présence du quartier général Europe continentale de Motorola en France qui a joué en faveur de l’implantation très importante de Crolles en région Rhône-Alpes, notamment grâce à la mobilisation des dirigeants de Motorola Europe. De plus, certains des sites de production de l’entreprise dont la fermeture avait été envisagée avaient pu être maintenus, en étant adossés à des centres de recherche.


Les centres de décision

Les centres de décision sont définis comme étant les sièges sociaux, les quartiers généraux mais plus généralement, les sites où sont prises les décisions stratégiques de l’entreprise. Leur mobilité est due à trois facteurs : l’accroissement des fusions-acquisitions transfrontalières, l’optimisation des coûts d’implantation des grands groupes et la mobilité des hommes et des capitaux. Cette mobilité est donc une étape supplémentaire dans la «mondialisation».Les auteurs du rapport insistent aussi sur une démarche de communication structurée et la disponibilité d’une information fiable (là où le Maroc pèche encore). Faire connaître les réformes que l’on fait (devant la cible) est tout aussi important que leur réalisation, à condition que la promesse soit suivie de faits. La qualité d’une information peut influer fortement sur une décision d’investissement. A bon entendeur.Faiçal FAQUIHI(1) Sébastien Huygue: Attractivité du territoire pour les sièges sociaux des grands groupes internationaux. Voir www.documentationfrancaise.fr

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