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    La bataille de l'emballage touche le Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:10 Le 02/01/1992 | Partager

    Les ondes de choc de la loi Toepfer sont fortes en Europe dans le monde de l'emballage, et elles ont été aussi fortes au Maroc à la suite des premières conférences techniques sur le sujet. Les fabricants marocains d'emballages autres que le carton ont réagi aussi vivement que leurs confrères européens à des présentations trop orientées à propos de cette loi. Ces réactions ont amené des modifications des contenus des conférences techniques(1). La bataille ne fait que commencer. Elle est transfrontières.


    LES arguments développés en Europe et au Maroc en faveur d'autres formes d'emballage que le carton son multiples. Ce sont des arguments que les exportateurs marocains peuvent faire valoir au même titre que les commerçants et industriels européens auprès de leurs clients allemands.
    Aussi louable que soit la volonté allemande de protéger l'environnement, certains points de la loi Toepfer paraissent préjudiciables à la libre circulation des marchandises, et à certains matériaux.
    L'annonce des mesures à venir, encore imprécises, renforce le climat d'insécurité réglementaire. Peut-on raisonnablement attendre des industriels européens ou marocains qu'ils restructurent toutes leurs chaînes de conditionnement dans ce contexte? En Europe, les industriels de l'emballage se sont mobilisés pour éviter que la C.E.E ne s'inspire de la loi Toepfer.
    Ainsi, le puissant lobby britannique INCPEN (Industry Council for Packaging and the Environnement) qui rassemble une soixantaine de professionnels de l'emballage a déposé, au début de l'été 1991, une plainte à Bruxelles pour protectionnisme et entrave à la libre circulation contre la loi allemande.
    Celle-ci inquiète les industriels européens de l'emballage qui voient là une menace capable de compromettre la croissance continue de leur marché. De son côté, le patronat européen, l'UNICE, a transmis à Bruxelles ses propres propositions. Sans nier la nécessité du recyclage, ni même l'objectif à long terme de 60% de récupération, les patrons revendiquent une approche différente par types de matériaux.
    L'éditorial d'une revue française spécialisée, "Emballage Digest" du mois d'Août 1991, déclare "qu'en tournant le dos au mirage du tout recyclage pour s'orienter vers la notion de valorisation, en choisissant la concertation plutôt que la contrainte, la France entend, en matière d'environnement, faire preuve de pragmatisme. On est à 100 lieux de l'ultra-radicalisme des dispositions Toepfer. Entre la philosophie libérale du gouvernement français et celle dirigiste de l'Allemagne; entre le protectionnisme déguisé et la libre concurrence, l'Europe devra désormais choisir".

    Rejets de l'amalgame écologie/recyclage


    Concernant l'emballage bois, les professionnels européens et marocains se sont élevés contre l'amalgame fait par certains entre "écologie et recyclage". Ils ont souligné que si le recyclage présente des alternatives intéressantes sur le plan de l'économie des matériaux, il peut également engendrer des pollutions aussi nocives que la production à partir de matériaux vierges.
    Tel n'est pas le cas de l'emballage léger en bois tant au niveau de sa fabrication que de son recyclage, ont-ils déclaré. Beaucoup de fausses rumeurs ont circulé autour de cette loi Toepfer, notamment celle de l'interdiction pure et simple de l'emballage bois en Allemagne à partir du 1er Décembre 1991 (date d'entrée en vigueur de la loi). Un vent de panique s'abattit sur la profession et l'urgence était donc de clarifier la situation. Ainsi, la loi Toepfer n'interdit pas les emballages bois mais "préfère" le carton. Cette tendance peut s'expliquer par l'existence du processus avancé de recyclage du carton et du papier en Allemagne. Le circuit de recyclage du bois, quant à lui, n'est encore qu'à un stade primaire.

    Le bois reste un bon emballage


    Pour plaider leur cause, les professionnels de l'emballage bois ont effectué des études mettant en parallèle les données techniques, économiques et écologiques des différents matériaux d'emballages bois, carton et plastique. Dans le "livre blanc", publié par le Comité Européen de l'emballage léger et le syndicat national des industries de l'emballage léger en bois, le bois vient en tête du bilan technique et économique devant le carton et le plastique.
    Sur cinq critères, il est le premier: aptitude au gerbage au-delà de 1,8m, résistance à la chaleur, résistance à l'humidité, circulation de l'air et de l'eau en chambre froide, aptitude à l'échange hygrométrique avec le produit transporté.
    Sur deux critères, il est second: résistance des côtés à la flexion (derrière le plastique) et destructibilité (derrière le carton). Par contre, ses points faibles sont l'imprimabilité insuffisante, l'encombrement à vide.
    Le Maroc, quant à lui, a adhéré en mars 1991 au CEEL (Comité Européen de l'Emballage Léger) dès l'annonce du projet de la loi Toepfer.

    Interrogés, certains fabricants d'emballages bois, ayant été victimes des fausses rumeurs, déclarent ne pas vouloir de "bataille de chiffonniers" que quelques fabriquants d'autres types d'emballages organisent pour discréditer leurs propres concurrents. De leur avis, la situation doit être claire et surtout objective.
    A cet effet, lors du séminaire qui s'est tenu à Casablanca concernant la loi Toepfer le 19 Décembre, certains participants ont signalé que le séminaire d'Agadir sur la même loi (séminaire tenu le 17 Décembre) était purement et simplement organisé pour l'emballage carton au détriment de l'emballage bois et ce avec des diapositives et des échantillons à l'appui. Ils ont obtenu que les techniciens modifient leur présentation et indiquent clairement qu'aucune interdiction ne frappe les emballages autres que le carton.
    La présentation initiale était "tendancieuse". Elle démontrait bien, selon les fabricants marocains, la tendance "pro-carton" dont est imprégnée l'Allemagne et surtout le manque d'objectivité.
    "Il s'agit d'intérêts plus forts que l'intérêt du consommateur ou de l'écologiste. Cette loi a un aspect protectionniste évident", ont déclaré un grand nombre d'intervenants lors du séminaire. Selon eux, le problème majeur est donc d'arriver à modifier les mentalités des importateurs allemands. Cela risque de demander beaucoup de temps.
    "Mais jusqu'à quand"?, s'interrogent les professionnels.

    Meriem OUDGHIRI.

    (1 ) Cf l'Economiste du 26 Décembre. Nos informations et analyses avaient pris soin de tenir compte des observations des divers professionnels de l'emballage, formulées à l'encontre de la première présentation, univoque, des dispositions Toepfer.

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