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Economie

La baisse des taux grève les petits épargnants

Par L'Economiste | Edition N°:1805 Le 06/07/2004 | Partager

. Les rendements obligataires plombés par le règne de la surliquidité. La tendance baissière devrait s’accentuer dans les mois à venir . Sauf en cas d’intervention de la Banque centraleLa surliquidité galopante ainsi que le trend baissier des taux de rendements obligataires font perdre la tête aux gestionnaires et traders de la place casablancaise. “Si cette situation est profitable à d’autres compartiments, comme celui de la dette privée, elle est nuisible aux rendements des portefeuilles obligataires”, expliquent les analystes de Marogest dans une étude. Si on se réfère au court terme, la situation est relativement profitable aux portefeuilles obligataires. Mais c’est sur le moyen terme que la tendance est préjudiciable en raison du réinvestissement des tombées et des remboursements des titres.Cette conjoncture baissière des taux a eu un impact très négatif sur la rémunération de l’épargne. Ainsi, le taux de rémunération moyen pondéré des dépôts (TMP) à 6 mois a accusé un nouveau repli de 5 points de base et celui des comptes et bons de caisse à 1 an de 41 points de base, pour s’établir respectivement à 3,29 et 3,63%. Par ailleurs, BAM vient de décider d’une nouvelle baisse du taux minimum de rémunération des dépôts en comptes sur carnets. Indexé depuis le 25 mai 1999 sur le taux moyen pondéré des bons du Trésor à 52 semaines au cours du semestre précédent, diminué d’un point, ce taux vient d’être fixé à 2,35% pour la période de juillet à décembre 2004. Ainsi, après une année 2003, où le marché obligataire s’est caractérisé par une tendance volatile, reflétée à travers trois phases d’évolution des taux d’intérêt, les six premiers mois de 2004 n’ont connu qu’une seule phase d’évolution, la baisse. “Cette tendance s’est imposée et a été favorisée par une situation de surliquidité structurelle de la place et par un recours limité du Trésor sur le marché primaire”, est-il souligné du côté de Marogest. L’appétit du Trésor pour le long terme est ainsi confirmé dans un contexte de surliquidité chronique. Et ce comportement risque de se prolonger si l’on prend en considération les indicateurs que présentent globalement les facteurs autonomes qui agissent sur la liquidité. Les transferts effectués par les Marocains résidents à l’étranger (MRE) se sont chiffrés au premier trimestre à 8,6 milliards de DH en progression de 5,7% par rapport au premier trimestre 2003. Par ailleurs, les dépôts reçus par les banques continuent de croître (+8,7%) avec un rythme supérieur par rapport à celui des emplois (+7,8%) et les recettes de voyages ont augmenté de 7,3% à 6,9 milliards de DH. Face à cet environnement de liquidité persistante et devant l’insuffisance des investissements public et privé, les interventions de BAM ont été régulières. Particulièrement pour les opérations de reprises de liquidités (au jour le jour ou appel d’offres une semaine) et aussi par les opérations de swap de change. L’encours de ces derniers a atteint 1,3 milliard de DH à fin juin 2004. Les niveaux de taux JJ sur le marché monétaire sont restés dans la plupart du temps en dessous de 2,25%. Exception faite de quelques périodes de retard dans la constitution des réserves obligatoires des banques où les taux JJ ont dépassé légèrement le cap de 2,25%. Ainsi, les taux monétaires durant ces six premiers mois ont affecté les taux obligataires court terme (CT) 13, 26 et 52 semaines qui ont baissé respectivement de 95, 100 et 105 points de base (pb). “A cela s’ajoute, la situation confortable du Trésor durant le premier trimestre due au bon comportement des finances publiques”, poursuivent les traders de Marogest. A l’origine de cette situation, la bonne performance des recettes fiscales qui enregistrent une évolution dépassant le budget (+12,4% pour la TVA et +13,7% pour l’IS alors que la loi de Finances 2004 prévoit +7% pour la TVA et une correction de 8,7% pour l’IS). Mais aussi la maîtrise de certaines dépenses, comme celle de la dette extérieure. Les tombées relativement importantes du premier semestre (45,56 milliards de DH) auxquelles le Trésor a dû faire face n’ont pas eu beaucoup d’effet sur l’évolution des taux. “Le Trésor s’est, en effet, contenté d’un montant équivalent à peu prés à celui des tombées en levant sur le marché primaire des bons du Trésor 46,01 milliards de DH”. Par ailleurs, le rythme des investissements public et privé n’est pas suffisant pour absorber les liquidités du marché malgré les 70 milliards d’investissement de l’Etat et des entreprises publiques annoncés dans la loi de Finances 2004. “Les difficultés d’absorption des financements disponibles sont certes dues à l’absence d’investissements, mais c’est également l’environnement de ces entreprises qui doit être amélioré sur les plans fiscal, juridique, économique, et bien entendu de mise à niveau face à l’ouverture progressive des frontières avec l’Union européenne”, soulignent les traders de BMCE Capital. “Force est de constater que dans ces différents domaines les progrès sont lents”, ajoutent-ils. Les arguments développés par les analystes tiennent la route. Ainsi, sur le marché, les émissions privées ne servent pas à financer des projets d’investissement, mais plutôt à changer la structure de la dette des émetteurs ou à financer le transfert de leur retraite. Par ailleurs, l’accès au financement n’est pas évident pour les PME/PMI constituant la majorité du tissu économique et le recours au fonds lancé dans le cadre de la mise à niveau demeure également faible.


BAM réagira-t-elle?

La tendance est appelée à s’accentuer sauf si la Banque centrale décide de réagir. En effet, toutes les anticipations de hausse des taux d’intérêt à partir du deuxième semestre 2004 fondées sur l’organisation de la Coupe du monde 2010 et la non-réalisation des recettes de privatisation tombent à l’eau. Les finances publiques de l’Etat se portent bien. L’évolution des recettes et des dépenses à fin mars 2004 a permis de dégager une épargne publique de 3,2 milliards de DH, les opérations de privatisation prévues dans les mois à venir ne feront qu’accentuer cette tendance. Le Trésor s’est même permis de lever des montants mensuels parfois inférieurs aux montants des BDT à rembourser.  Sur le deuxième semestre de l’année 2004, le Trésor devrait rembourser mensuellement une moyenne de 4 milliards de DH, montant qui sera largement couvert par un marché souffrant à la fois de la rareté du papier et de la surliquidité persistante. “Il convient de noter qu’actuellement les banques placent auprès de la Banque centrale sans se financer auprès de celle-ci”, indiquent les analystes de Marogest. Ajoutant que cette situation dure depuis plus d’une année et conduit à un dysfonctionnement du système bancaire. Les taux directeurs sont aujourd’hui surévalués par rapport à la situation monétaire du pays et le coût de l’argent en termes réel reste élevé et ne stimule pas l’investissement.F. T.

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