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    Economie

    L’ANRT au Club de L’Economiste
    La vraie régulation va commencer!

    Par L'Economiste | Edition N°:3231 Le 12/03/2010 | Partager

    . Le marché des télécoms a grossi plus vite que prévu. Note d’orientation «reportée» pour ne pas perturber le secteur Une note d’orientation 2010-2013 «trop doctrinale». Voilà l’une des critiques formulées par certains professionnels des télécoms. L’Agence nationale de la réglementation des télécoms (ANRT) assume. Son directeur général, Azdine El Mountassir Billah parle «d’un choix délibéré». Pourquoi? Le secteur «a connu une croissance à deux chiffres entre 2000 et 2008». Le marché est passé par trois phases: «Une ouverture (2000-2004), une croissance (2004-2008) puis une consolidation dès 2009». Ce dernier cycle a été inauguré par le lancement d’une 3e offre GSM sur le marché via la marque Inwi de Wana Corporate. La régulation prend du coup «tout son sens» puisque maintenant «nous avons trois opérateurs globaux (fixe, mobil, internet)». Il n’a par ailleurs «jamais été de notre prétention de fixer des mesures détaillées», souligne le DG du régulateur télécoms. Pourquoi la note d’orientation intervient-elle avec un an de retard? Elle n’a été adoptée par le gouvernement que le 22 février dernier à Rabat. Le top management de l’ANRT use de la rhétorique en déclarant «avoir pris son temps». D’où une diffusion «différée de la note d’orientation à cause d’événements exogènes». Sa publication aurait «perturbé le marché». Allusion faite aux changements de tour de table intervenu à la mi-mars chez Wana et fin août 2009 chez Méditel. Parallèlement, il y avait aussi «l’élaboration du plan Maroc Numéric 2013 et qui a été adopté en octobre dernier». L’argument est plus convaincant. Ce plan, doté d’un budget de 5,2 milliards de DH, vise à faire du Maroc un hub technologique régional. La note d’orientation a été donc «prête dès janvier 2009» et présentée au Souverain en octobre. Ahmed Khouja, directeur central de la concurrence et du suivi des opérateurs, précise pour sa part que cette feuille de route sectorielle «a pris plus de six mois de travail. L’ANRT a eu recours aux services de Bain and Compagny. Ce cabinet d’études américain est présent dans 27 nations et dispose d’une expertise basée sur le benchmarking de 80 pays». Avant d’élaborer la note d’orientation 2010-2013, le régulateur s’est prêté, paraît-il, à un exercice d’auto-évaluation. Deux constats majeurs: presque tous les objectifs «ont été atteints». N’empêche que El Mountassir Billah évoque l’exception de la téléphonie fixe. Sur le plan concurrentiel, la «baisse des prix souhaitée ne s’est pas réalisée». De plus «l’infrastructure du mobile s’est développée au détriment de l’infrastructure du fixe. Or, ce dernier est capital pour la croissance du très haut débit». Cela ne «veut pas dire que la fibre optique sera favorisée», précise le DG de l’ANRT. Son bilan a également révélé que le marché «a anticipé et s’est développé plus vite que les prévisions initiales». Ce constat est corroboré par le volume du trafic (20 milliards de minutes en 2009) et le chiffre d’affaires des télécoms qui a atteint en 2007 près de 7% du PIB. Toutefois, le taux de pénétration du mobile et du fixe s’est développé de manière inégale: plus de 81% pour le premier et à peine 11,28% pour le second. Les craintes exprimées par le régulateur dans sa 1re note d’orientation ont été confirmées: «Il y a un risque que le développement du mobile se fasse aux dépens du fixe». Et avec un taux de pénétration du fixe «relativement bas, le Maroc peut cumuler un retard important par rapport à des pays comparables». Or, c’est un élément de compétitivité déterminant pour l’entreprise marocaine et de captation des investissements étrangers. La moyenne est de 4 lignes fixes par entreprise et près de 6 pour le mobile. La cannibalisation du fixe par le mobile est un constat presque universel. Le parc des abonnés mobile compte 25,3 millions contre 3,5 millions pour le parc fixe. Vu les marges, nous sommes presque tentés d’affirmer que c’est «normal»: les opérateurs investissent dans le segment rentable, le mobile en l’occurrence. Le taux de pénétration du fixe est toutefois plus important chez les clients résidents (84%) que chez les professionnels et les publiphones.Il y a aussi les prévisions de 2004 qui tablaient sur une «pénétration des services internet significative dépassant les 5% en 2010 et exclusivement dans le parc abonnés». A fin 2009, ce taux flirte avec les 4%. Il faut attendre le tableau de bord trimestriel (janvier-mars) de l’ANRT pour voir les prémices de cette évolution.


    Là où le secteur n’a pas suivi!

    Les objectifs de la note d’orientation 2004-2008 «ont été presque tous atteints». Mais «la mise en œuvre de certains leviers de régulation n’a pas impacté d’une manière visible le développement des marchés télécoms: dégroupage de la boucle locale, de la portabilité des numéros et du partage d’infrastructures», selon Ahmed Khouja, directeur de la concurrence. Visiblement, les opérateurs dits «challengers» (Méditel et Wana) n’ont pas vraiment joué le jeu: «Aucune ligne dégroupée, 15.000 numéros portés (changer d’opérateur sans changer de numéro), nombre limité de sites GSM partagés entre les opérateurs challengers». Selon l’ANRT, le faible recours à ces leviers s’explique, «en partie, par les difficultés opérationnelles rencontrées (mise en œuvre de certaines prestations, absence d’engagements de résultats …)». Et aussi par «la mise en place de barrières et d’obstacles (délais de mise en œuvre, complexité des offres, absence d’offre de partage d’infrastructures par Maroc Telecom…)». Ce qui «entrave et rend difficile le déploiement efficace de certains leviers». Faiçal FAQUIHI

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