×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Karim Tazi, le textilien navigateur et jardinier

Par L'Economiste | Edition N°:3131 Le 19/10/2009 | Partager

. Le patron de Richbond est féru de Céline. Il ne «fait pas du social» mais s’intéresse aux gensKarim Tazi était Indien dans une autre vie. C’est ce qu’il dit. Et son physique ne le contredira pas. Le teint mordoré et quelques mèches poivre et sel le rapprochent de l’une de ses idoles, Deepak Chopra. Notre Karim Tazi national partage avec l’écrivain indien non seulement de nombreuses caractéristiques physiques, mais aussi un goût prononcé pour le non conventionnel. Cet homme d’affaires âgé de 50 ans est considéré parmi ses pairs comme un peu «cinglé». Ses prises de position et son franc-parler font couler des sueurs froides à ceux qui pensent que la protection de leurs intérêts passe par une relation obséquieuse avec le pouvoir. Karim Tazi n’en démord pas, il est citoyen avant tout, et son côté militant associatif et observateur politique fait partie intégrante de lui, au même titre que sa casquette de co-administrateur de Richbond. Celui qu’on présente à tort comme le dirigeant de ce groupe partage en fait les rênes de l’entreprise de papa avec son frère Nacer. Même si l’un est très présent sur la scène publique, et l’autre quasi inconnu au bataillon, Karim Tazi tient à rappeler l’importance de ce tandem dans la gestion de la compagnie. Karim est plus marketing quand Nacer est plus technique. «Mais comme dans les vieux couples, on finit par déteindre l’un sur l’autre», avoue Karim. Bien installé dans la pièce ovale du siège de Richbond, cocooné dans une ambiance boisée et bleutée, il revient sur les clichés éculés qui continuent à circuler sur lui. Il est de notoriété publique que Karim Tazi a été président de l’Amith (Association marocaine de l’industrie du textile et de l’habillement), très actif au sein de la CGEM et géniteur de la banque alimentaire et du réseau entreprise/association. Ce que l’on sait moins c’est que sur son bureau trône une récompense remise par L’Boulevard 2005 avec la mention «A Karim Tazi, merci d’exister ». Et c’est l’une de ses plus belles fiertés. Qu’il mette à la disposition de la jeune scène musicale tout un immeuble à Aïn Sbaâ, ou sa villa de Bir Anzaran, pour qu’elle puisse répéter «n’intéresse pas grand monde», selon lui. Et d’ajouter que «quand la banque alimentaire vient en aide aux victimes des inondations, cela génère du papier et des images. Mais quand il s’agit des jeunes musiciens, le sujet n’émeut pas car il est forcément moins larmoyant». A Karim Tazi il ne faut pas dire qu’il «fait du social», mais plutôt qu’il s’intéresse aux gens. Est-ce une manière de se déculpabiliser de vivre dans le faste? Une question qu’il balaye par un «absolument pas» olympien. Il assure n’avoir aucun complexe à jouir de sa fortune matérielle. «Ma famille n’a pas bâti son patrimoine sur la spéculation, notre argent a été durement gagné dans l’industrie, où les marges sont étroites et la concurrence féroce», justifie-t-il. Alors ce n’est pas à travers le prisme de la culpabilité que Karim explique son souci de l’autre, mais plutôt par une exigence spirituelle qui veut qu’on rende à la vie ou aux hommes un peu de ce qu’on a reçu. Un mysticisme qu’il puise dans la représentation que se font les Hindous de l’univers, mais surtout de la philosophie taoïste. Il se dit proche de cette sagesse orientale qui est plus le fruit d’une vérité humaine qu’une vérité révélée. Dans l’idéal taoïste, l’Homme doit se fondre dans l’univers. Karim Tazi, lui, a choisi de «se dissoudre» dans l’océan. Cet homme de la mer a traversé en avril 2000 l’Atlantique en bateau à voile. Passionné par le grand bleu, il vit ses escapades maritimes comme des occasions uniques d’oublier un ego humain hypertrophié. Il a le pied marin, mais aussi la main verte. Jardiner de sa poigne, planter une pivoine et un bambou, être capable de garder un regard émerveillé sur les choses de la nature suffisent à son bonheur. Mais il ne faut pas se méprendre sur le personnage. Malgré son côté «philosophe de la vie», navigateur à ses heures, il se méfie du règne de l’intellect et garde les pieds bien ancrés dans le sol national. Pour ceux qui le croient buriné par des idées républicaines, il répond qu’il est monarchiste «anti-makhzénien». Il vendrait son âme à une gauche qui mettrait au centre de son combat la femme, la laïcité, et le service public. Et ça il pourrait en parler pendant des heures, sous le regard amusé de «La jeune fille à la perle» de Johannes Vermeer, présente partout dans sa vie. Karim Tazi a le tutoiement facile, et la verve détendue. Il se livre sans retenue, laissant entrevoir ses propres paradoxes. L’homme riche qui aime les pauvres, l’opposant de l’intellect qui affectionne les Céline et Joyce contre les Nothomb, le gourmand dont le téléphone affiche «frugalité» en message d’accueil… est finalement un dirigeant comme on en fait peu. Aïcha AKALAY

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc