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Culture

Journée mondiale de la femme
Un 8 mars pas comme les autres

Par L'Economiste | Edition N°:1720 Le 08/03/2004 | Partager

. Plusieurs manifestations annulées en raison du séisme d'El Hoceïma. Du 10 octobre 2003 au 8 mars 2004, des pas de géant franchis dans le code de la familleCe 8 mars ne sera certainement pas identique à celui des années précédentes. Le drame tragique d'El Hoceïma et ses centaines de morts occultent tous les autres événements. Ou presque. Plusieurs associations féminines ont décidé d'annuler les manifestations prévues pour célébrer ce 8 mars en guise de solidarité. Parce qu'il leur apparaît presque indécent de fêter quoi que ce soit à l'heure où El Hoceïma compte encore ses morts et ses blessés, ses orphelins et sans-abri. Cette année, la journée internationale de la femme est différente, mais pour une autre raison. Le nouveau code de la famille y est certainement pour beaucoup.Flash-back. Le 10 octobre 2003, le discours le plus attendu de la vie institutionnelle et législative marocaine consacre sa quasi-intégralité à l'annonce de la réforme de la Moudawana. Des centaines de femmes, militantes de partis politiques et d'associations de la société civile, ont le souffle coupé: le Souverain devait trancher sur les modifications législatives à apporter au code du statut personnel qui régit les relations familiales au sein de la société. Plusieurs années durant, les militantes, avec l'ensemble des femmes, réclamaient un traitement d'égalité avec l'homme. Bafouées dans leurs droits, humiliées par des conjoints sans scrupules ou livrées à elles-mêmes en cas de divorce, les femmes marocaines ne supportaient plus, n'admettaient plus d'être reléguées à un rang inférieur. Elles ne voulaient plus subir une justice à deux vitesses, voire l'absence de justice. Celle-ci s'est longtemps heurtée aux préceptes religieux. C'est du moins ce que tentaient de faire croire des forces obscurantistes qui reniaient tout aspect moderniste et progressiste à l'islam. Notre religion est-elle tant imperméable aux mutations de la société du XXIe siècle? C'est une des épineuses questions auxquelles devaient répondre les ouléma et spécialistes réunis au sein de la Commission royale en charge de la Moudawana constituée par le Souverain. C'est en définitive au Roi qu'est revenu l'arbitrage en la matière. Le Commandeur des croyants (Amir Al Mouminine) s'est basé sur les préceptes de l'islam pour trancher en faveur de l'établissement d'une égalité entre l'homme et la femme. Le nouveau texte est une véritable révolution. Consécration du principe d'égalité entre l'homme et la femme, soumission de la polygamie à l'autorisation du juge et à des conditions légales la rendant presque impossible, souci d'équité et de justice et renforcement de la protection des droits de l'enfant en sont les principales innovations. Les féministes n'en espéraient pas tant. Au lendemain du discours royal et plusieurs mois après, la satisfaction est à son comble. «Les fondements du nouveau texte, basé sur une totale égalité entre les conjoints, dépassent nos espérances», clamait-on dans toutes les couches de la société. Des plus démunies aux plus huppées, les femmes marocaines se réjouissaient des avancées conférées par les nouvelles lois en vigueur. Elles ne pourront plus être répudiées. Elles ne seront plus sans aucune ressource en cas de divorce puisque le conjoint est sommé de régler la pension déterminée par le juge, n'auront plus à quitter le domicile conjugal sans qu'un logement de niveau similaire ne leur soit garanti ainsi qu'à leurs enfants. Elles n'auront plus besoin de l'autorisation du père ou tuteur légal pour se marier: la tutelle a été abolie dans le nouveau texte et c'est là une des réformes fondamentales. L'objectif est de rendre à la femme toute sa dignité, la considérer comme un être à part entière. Les deux conjoints devront également partager, en cas de séparation, la richesse pendant le mariage. D'autre part, les enfants voient également leurs droits protégés. La stabilité de la famille se trouve au cœur de la nouvelle mouture de la Moudawana. Il faut dorénavant parler de code de la famille et non plus de Moudawana. En établissant les règles au sein de la famille, le nouveau texte régit toute la société. Le principe d'équité et de justice qui constitue son fondement se reflète à tous les niveaux, aussi bien dans le monde du travail qu'au sein des foyers. En ce 8 mars, les femmes marocaines en particulier sont satisfaites et sereines. L'avenir sera probablement meilleur. Leurs filles seront victimes d'une injustice flagrante. Elles auront le droit de demander le divorce en cas de préjudice subi. Elles élèveront leurs enfants dans la dignité et le respect. Reste à présent à attendre le changement des mentalités. Ce sera la plus dure et assurément la plus longue étape. Mais peu importe! L'essentiel a été fait: poser les jalons d'une société égalitaire, protectrice des droits de la femme et des enfants. Le combat des femmes, des décennies durant, n'aura pas été vain. Amale DAOUD

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