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    Journée de la femme : Violences: Des victimes résignées?

    Par L'Economiste | Edition N°:3481 Le 08/03/2011 | Partager
    Les violences, d’abord psychologiques et urbaines
    Les victimes majoritairement jeunes
    Les agresseurs aussi!

    LES femmes continuent d’être violentées au Maroc, ce n’est pas une surprise! Selon le HCP, plus de six femmes sur dix en sont victimes(1).
    D’abord la violence est psychologique (humiliation, dégradation, harcèlement,..), et touche prés de 4,6 millions de marocaines. Et plus particulièrement, les jeunes âgées entre 18 et 24 ans, les femmes divorcées et les femmes au chômage. Ensuite, les atteintes touchent les libertés individuelles (contrôle des sorties de la femme, du choix de ses fréquentations, de sa tenue vestimentaire…): prés de 31% des femmes sont concernées, à ce titre, par les violences subies, soit 3 millions. Viennent ensuite, les violences sexuelles. Qu’il s’agisse de «rapports sexuels forcés», de «harcèlement avec attouchements», «d’exposition à des actes indécents ou «d’incitation à la prostitution», cette forme de violence concerne surtout les lieux publics avec une prévalence de 4%. «Ces brimades psychologiques que ressentent les jeunes marocaines constituent une remise en cause fondamentale des rapports sociaux et culturels de la société traditionnelle en mutation» confie Ahmed Lahlimi Alami, Haut commissaire au plan.
    La violence est également économique et touche environ 180.000 femmes selon les estimations du HCP. Celle-ci se traduit par « la confiscation du droit d’accès aux ressources et d’en disposer». Elle est deux fois plus élevée dans le milieu rural (13% contre 6% en milieu urbain).
    Malgré ce chiffre, de façon globale, c’est dans les villes que les femmes sont le plus malmenées. En effet, la violence à l’égard des femmes est urbaine. Dans ce milieu, le risque d’agressions est supérieur respectivement de 35,4% pour la violence sexuelle, de 12,7% pour la violence physique conjugale et de 7,8% pour la violence psychologique.
    Autre constat alarmant, les jeunes sont les plus concernés par les violences: qu’il s’agisse de victimes ou d’agresseurs. Ainsi, les auteurs des violences contre la femme sont dans 6 cas sur 10 des jeunes âgés de moins de 35 ans. «C’est révélateur de l’état de crise identitaire que connaît la jeunesse marocaine au stade actuel de la transition économique et sociétale que connaît le Maroc » souligne Lahlimi. Et poursuit «les violences que s’infligent les jeunes, agresseurs et victimes, peuvent devenir beaucoup plus préoccupantes».
    Les enquêteurs du HCP semblent également avoir constaté une corrélation entre la situation économique et sociale et les cas de violence. Les femmes divorcées sont 3 fois plus exposées que les célibataires. Quant à la femme au chômage, elle a 140 fois plus de risque d’être maltraitée que la femme active.
    Autre phénomène: les cas de violence ne sont pas systématiquement dénoncés par les victimes (résignation, peur de représailles, culpabilité,…?). Les violences subies dans des lieux publics n’ont été rapportées aux autorités que dans 17% des cas alors que la violence conjugale l’est encore moins (3% des cas).

    (1) Selon une enquête réalisée sur la prévalence nationale de la violence à l’égard des femmes par le Haut commissariat au plan(HCP) sur 8300 femmes (âgées entre 18 et 65ans) et dont les résultats ont été publiés en janvier 2011.

    Assistance

    LE centre Nejma crée en 1997 par l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) est un centre de formation, d’information, d’orientation et d’assistance juridique, traitant de la question des violences, notamment celles domestiques et sexuelles. En 12 ans d’existence, près de 3.400 victimes ont été reçues et orientées dont plusieurs centaines assistées auprès de tribunaux. Et plus de 7.400 femmes ont été informées de leurs droits et orientées par le biais de différents moyens de communication. Ainsi, le centre contribue à faire reculer trois principaux facteurs qui contribuent à la violence, à savoir: «le silence et la culpabilisation des victimes, l’acceptation sociale des violences fondées sur le genre et enfin, l’impunité des agresseurs».

    Zineb SATORI

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