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Economie

Journée «Investissement» au Pavillon de Séville : Les affaires, mais autrement

Par L'Economiste | Edition N°:49 Le 15/10/1992 | Partager


- Comment avez-vous trouvé la Journée économique du Maroc? - ... euh... - Etes-vous déçu? - Non, ... c'était bien! La quasi-invariance des réponses des participants marocains marque plus un décalage des attentes qu'une déception. Côté espagnol, les réponses étaient plus nettes:»Oui c'est bien, il fallait le faire».

Initialement, il avait été prévu de consacrer plusieurs jours à l'économie marocaine en utilisant le forum du pavillon de Séville. Puis, l'idée de départ a été ramenée à une journée et un seul thème, pour des questions de budget selon les uns, pour des questions de ciblage de l'opération, selon les autres.
Les banques marocaines, sollicitées au départ, ont déclaré forfait. Etaient représentées, le 8 Octobre, seulement la Banque Populaire, qui a aussi la casquette CNJA, et la Citibank-Maghreb.
Parmi les invités, figurait une bonne part d'enseignants, proches ou membres du GERM, fondé par le Pr El Malki. Le Groupe d'Etudes et de Recherches sur la Méditerranée a présenté à cette occasion un ouvrage en trois volumes sur l'économie marocaine(1).

Côté espagnol, quelques patrons de grands groupes comme ENASA, El Corte Inglès, Tavex, Banco Exterior, Dragados... ainsi que de hauts fonctionnaires avaient répondu à l'invitation, y compris, MM. Prat, de la Commission Européenne, et Botelier, de la Banque Mondiale. Tous deux ont tenu des propos élogieux à l'égard de la politique économique marocaine.
En tout, une centaine de non Marocains, dont une moitié d'Espagnols s'étaient dérangés.
Formellement, des tables rondes, sur scène, avec cinq à huit intervenants devaient lancer les débats, mais le temps s'est révélé court pour qu'il y ait réellement un dialogue entre la salle et la scène.
Si, du côté espagnol, l'existence de cette Journée économique, avec pour thème «Les nouvelles raisons d'investir au Maroc» n'amène aucune interrogation, en revanche les participants marocains sont revenus avec des questions, des remarques, des doutes et des certitudes.
La plus curieuse de ces certitudes est: «Ça alors, on nous aime plus qu'on ne l'imaginait!». Vient ensuite la découverte que les relations de partenariat «adulte» qu'ils avaient pu nouer chacun à son niveau, se produisent à des échelles plus vastes. Il est indéniable que cette observation rassure. Néanmoins aucun de nos interlocuteurs n'a fait spontanément le lien entre ses propres actions et l'image du Maroc, image qui le porte ou le handicape. L'attitude reste plutôt passive, axée sur des remarques telles que «il faut faire d'autres actions, assurer le suivi, à condition que cela ne coûte pas trop cher à l'Etat ou aux entreprises publiques».
Les interrogations sur le coût ont été présentes, davantage sur les lèvres des patrons du privé que chez les hommes du secteur public ou de l'enseignement.
Révélant les décalages des attentes, les participants marocains se sont étonnés de ce que les tables rondes n'aient pas fait apparaître toutes les reproches qu'ils adressent de façon ouverte au fonctionnement de l'économie marocaine: «le discours a changé, certes, mais c'est encore trop guindé, trop beau par rapport à la réalité quotidienne». «Heureusement que M. Jobert a glissé quelques critiques sur le décalage entre le désir des hauts responsables de libéraliser et de moderniser et la réalisation par les petits employés; de telles remarques crédibilisent le discours».
Autres remarques appréciées du public marocain: le souhait exprimé par M. Zaldo, de Tavex (1er fabricant de toile de jeans et qui a lancé au Maroc une usine à Settat où se réalise un tiers de la production du groupe), de voir se résoudre les difficultés de fonctionnement de la Justice.
Inversement, le témoignage de Bouygues a été rangé sous l'étiquette «peu significatif»: «Qui refuserait quelque chose à Bouygues, au Maroc comme ailleurs; ce qu'il fallait, c'est le témoignage d'un patron de PME, inconnu, en prise directe avec le fonctionnement des administrations et avec les relations d'affaires».
Les invités marocains se sont donc sentis partagés entre le désir de profiter de l'occasion pour reparler de leurs problèmes (et en attendre des solutions) et leur souhait de ne pas ternir l'opinion que peuvent se faire des observateurs étrangers.
Sur la fin de l'après-midi, les débats avaient tendance à prendre du relief, avec des témoignages directs de la salle sur des affaires montées au Maroc. Mais déjà la séance s'achevait et les invités avaient hâte de visiter quelques pavillons avant le défilé, très réussi, de mode traditionnelle et moderne organisé ce soir-là au Pavillon du Maroc.

Nadia SALAH.

(1) Le Maroc économique, ouverture et opportunité; GERM.

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