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    Economie

    Jorge A Larrieu, expert à la Banque Mondiale : "Jorf Lasfar est l'un des plus grands projets du genre"

    Par L'Economiste | Edition N°:197 Le 28/09/1995 | Partager

    Suite aux diverses critiques qui ont été formulées sur le projet de Jorf Lasfar, M. Jorge A. Larrieu, "principal power engineer", s'exprime sur le processus d'octroi de ce marché. Par ailleurs, les négociations avec ABB-CMS sont toujours en cours.


    L'Economiste: Quel rôle joue la Banque Mondiale au niveau du projet de la concession électrique de Jorf Lasfar?
    Jorge A. Larrieu: La Banque Mondiale a une politique de soutien de l'investissement en infrastructure réalisé par le capital privé. L'objectif est de soulager le Budget afin d'en consacrer une bonne part aux secteurs sociaux. Dans ce cadre, la Banque Mondiale accorde tout le support nécessaire à la politique marocaine.

    - Et au niveau précisément du projet de Jorf Lasfar?
    - La Banque Mondiale a apporté son concours au niveau de la confection de l'appel d'offres. La Banque a ainsi financé les services du cabinet britannique N.M. Rotschild and Son qui, en collaboration avec une équipe de juristes marocains, a assisté l'ONE dans la phase de lancement de l'appel d'offres pour la concession de la centrale de Jorf Lasfar.
    L'appel d'offres pour Jorf s'est donc, comme vous le savez, soldé par une réussite puisque 30 consortiums ont soumis des offres dont 12 ont été présélectionnés et invités a présenter des offres commerciales et financières. L'appel d'offres a recherché la compétitivité puisque tous les opérateurs économiques avaient l'opportunité d'y participer.
    Parmi les 12, une deuxième présélection en a retenu quatre. Puis, après une phase de négociations, qui a été suivie de près par la Banque Mondiale, le consortium regroupant ABB et CMS a été retenu.

    - Nous avons cru savoir que la Banque Mondiale a exprimé des critiques quant au déroulement du processus d'octroi du marché de la concession de Jorf?
    - Non jamais. Peut-être que la Banque a manifesté des réserves à propos de négociations que l'ONE avaient entamées avec un opérateur étranger pour le projet d'une centrale à cycle combiné à Mohammédia. En fait, le constructeur en question disposait de matériel qui n'a jamais été utilisé. Ces négociations de gré à gré ont été suspendues. Mais pour ce qui est du processus de Jorf Lasfar, la Banque Mondiale le soutient totalement et elle ne l'a jamais critiqué.

    - Connaissez-vous le prix auquel sera cédée l'électricité à l'ONE?
    - Les négociations avec le consortium ABB-CMS doivent durer 12 à 24 mois au minimum. Nous connaissons des projets dont la durée de négociation s'est étalée sur quatre années.
    Un processus de négociations entre deux parties est généralement hautement confidentiel.
    Dans le cas du projet de Jorf Lasfar, il y a une équipe réduite représentant l'ONE et une autre aussi réduite représentant le consortium privé. Il y a également une commission gouvernementale qui suit de près les négociations. L'unique moment où les prix seront divulgués sera le moment de la signature du contrat.

    - N'y a-t-il pas eu de retards dans les négociations?
    - Si le contrat est signé en janvier ou juin 1996, ce sera un record enregistré au niveau de la durée des négociations. D'un côté, nous avons une équipe ONE expérimentée, de l'autre des opérateurs privés qui jouissent d'une bonne réputation auprès de la communauté internationale. De mon point de vue, je crois que les prix seront rationnels à la signature du contrat.

    - Que pensez-vous du projet Jorf Lasfar?
    - Nous pensons que le projet est hautement bénéfique pour le pays. La Banque collabore également avec le gouvernement pour l'adaptation du cadre réglementaire et juridique au nouveau contexte de la production indépendante d'électricité. Il s'agit également d'appuyer la réforme par l'amélioration de la situation financière de l'Office et de lui octroyer un nouveau prêt pour la construction de postes de transformation au niveau des nouvelles centrales qui seront mises en place, à savoir au niveau de Jorf 3 et 4 et des extensions de Mohammédia et de Kénitra.

    - Il y a bien eu un retard au niveau du lancement des appels d'offres pour le projet de concession de ces deux centrales.
    - Les documents de l'appel d'offres pour Mohammédia et Kénitra sont déjà prêts. Ils ont été établis en fonction de l'expérience de Jorf Lasfar. Je pense qu'il serait extrêmement risqué de lancer l'appel d'offres de Mohammédia ou celui de Kénitra sans avoir bouclé le contrat de Jorf. Je pense que c'est la position adoptée par l'équipe ONE.

    - Pourquoi?
    - Pensez-vous que la réponse pour Mohammédia ou Kénitra sera conséquente si le contrat de Jorf n'aboutit pas. S'il y a des problèmes sur Jorf Lasfar, cela aura une influence négative sur les appels d'offres de Kénitra ou de Mohammédia surtout que Jorf Lasfar est l'un des plus grands projets du genre.

    Propos recueillis par Laïla TRIKI

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